LA RÉTINE. — LA TACHE JAUNE
étant des organes de sensation lumineuse. Outre ces cônes nous trouvons dans la tache des cellules ganglionnaires et les autres parties constituantes de la rétine mais en couches minces, et enfm de petits granules pigmentaires qui produisent la coloration jaunâtre de la tache.
Quoique, comme on en a la preuve, les fibres nerveuses optiques soient tout à fait insensibles à la lumière et quoique l'impression des ondes lumineuses ait lieu dans les bâtonnets et dans les cônes, il est cependant probable qu'il existe une liaison entre les fibres nerveuses et ces organes. Les micrographes ont, pour ce motif, recherché depuis longtemps cette liaison et les recherches modernes s'accordent entre elles sur son existence. Celte liaison n'est, il est vrai, établie que par des fibres extraordinairement fines traversant toutes les couches rétiniennes et très-difficilement visibles, mais grâce à des ol^servations infatigables, ou a fini par les distinguer avec certitude.
La figure 26 nous montre de quelle manière la libre nerveuse 2 se relie à la cellule ganglionnaire 3 , puis avec la cellule 5 de la couche granuleuse interne, ensuite avec la cellule 7 de la couche granuleuse externe et finalement avec le bâtonnet ou le cône 9. C'est par ce chemin que l'excitation lumineuse qui s'est produite dans le cône, se propage au nerf optique qui, lui, la transporte au cerveau où elle amène la perception de la sensation lumineuse.
Le tronc du nerf optique peut être irrité directement, comme tout autre nerf, sans l'intermédiaire de la rétine et chaque fois cette irritation produit une sensation lumineuse. Lorsque l'on coupe le nerf optique dans une opération, l'opéré n'éprouve point de douleur, mais un éclair lumineux très-intense, auquel succède une obscurité éternelle. On peut aussi irriter le nerf optique au moyen de l'électricité, en faisant passer des courants par la cavité orbitalre et le crâne, et dans ce cas aussi on a la sensation d'éclairs traversant le champ visuel.
Les recherches sur la physiologie des nerfs ont eu pour conséquence de nous faire considérer les nerfs comme des organes de transmission pour un seul et même phénomène,
Vexcitation nerveuse, qui s'y propage d'après une loi identique. Les nerfs tactiles, le nerf optique, le nerf acoustique, le
nerf de la gustation et le nerf olfactif s'accordent dans leur essence. Le nerf optique transmet aussi peu des ondes lumineuses au cerveau que le nerf acoustique y transporte des ondes sonores. Mais les deux espèces de nerfs sont munis à leur extrémité d'appareils différents que l'on nomme organes des sens et par lesquels ils sont mis en état d'excitation. L'appareil terminal du nerf optique est constitué par l'œil, pu d'une manière plus restreinte, par la rétine, qui possède la propriété d'être excitée par les ondes lumineuses et de transporter cette irritation au nerf. L'appareil terminal du nerf acoustique se trouve dans l'intérieur de l'oreille et ses vibrations communiquent une irritation à ce nerf. Cette irritation transmise aux nerfs est absolument identique et ne porte plus en elle trace de son ou de lumière. — Mais coitiment, dira-t-on, notre cerveau perçoit-il si différemment ces deux excitations? On répond à cette question que les deux nerfs ont un centre de terminaison particulier dans le cerveau. Le centre nerveux du nerf optique i>ossède d'autres propriétés que le ccn tre du nerf acoustique. Le premier ne développe en soi que des ; perceptions lumineuses, le second ne produit que des sensatiQ ns acoustiques. Les deux
Fig. 26.