HARMONIE DES TIMBRES — ACCORDS
do
do'
sol' do"
mi"
■ mi
mi'
si"
mi"
Le troisième ton harmonique de mi est le premier qui tombe exactement sur un ton harmonique, le quatrième, de do. Le second si' produit une très-forte dissonance avec do". La première harmonique mi' ne forme pas une dissonance trèsmarquée avec do' et soi'.
La grande sixte do, la, présente les mêmes caractères que la grande tierce, comme on peut s'en assurer en construisant un tableau semblable aux précédents. Elle possède à peu près le même degré de consonnance que la grande tierce.
La petite tierce commence à former le passage entre la consonnance et la dissonance, parce que le nombre des battements se fait déjà remarquer entre les tons fondamentaux, par exemple entre do et mi hémol. Nous pouvons cependant la considérer encore comme une consonnance imparfaite, parce que le degré de rudesse qu'elle produit, n'est point encore désagréable à l'oreille.
La petite sixte peut être considérée, à l'égal de la petite tierce, comme consonnance imparfaite.
Du reste il n'est pas possible de tracer une ligne de démarcation exacte entre les dissonances et les consonnances. Les limites que l'on pourrait poser sont plutôt une affaire de goût musical et ce goût est sujet à varier. Ainsi les Grecs et les Romains ont considéré la tierce comme formant une dissonance et l'ont soigneusement évitée dans le chant, probablement parce que, comme l'indique Helmholtz, leur oreille était plus sensible aux battements que la nôtre, et parce que pour les voix basses d'hommes la tierce se rapproche plus du maximum de la rudesse que pour les tons moyens de nos instruments musicaux. Ce n'est que pendant le moyen-âge, lorsque la musique instrumentale harmonique s'est développée, qu'on a toléré la tierce comme consonnance imparfaite. La septimè, par exemple do
et si, forme , comme nous l'avons déjà dit, une dissonance décidée, parce que le premier ton harmonique de do ne diffère que d'un demi-ton de si. Le premier ton harmonique a en effet toujours une grande influence sur le timbre total.
Helmholtz a construit une figure qui représente graphiquement le degré de rudesse des intervalles, en admettant pour maximum de cette rudesse le nombre de 33 battements par seconde. La ligne horizontale c' c" représente l'échelle musicale comprise entre do' do" -, il faut supposer en outre que chaque ton de cette échelle se fait entendre en même temps que le ton fondamental do'. La rudesse que ces tons et leurs harmoni-
Fig. 90.
ques font naître , est représentée par des éminences dont la hauteur indique le degré de dissonance , tandis que les consonnanccs sont représentées par des dépressions. Les chiffres de la figure indiquant entre quels tons harmoniques la dissonance se produit, le ton fontamental est désigné par 1 et les tons harmoniques par des chiffres de plus en plus élevés. L'octave do" tombe sur la dépression la plus profonde et désigne par conséquent la consonnance la plus parfaite : sa rudesse est nulle. La rudesse est aussi presque nulle, lorsque la quinte sol' résonne en même temps que do'. La dépression n'est plus si profonde pour la quarte fa' : elle s'élève encore pour la tierce mi et surtout pour la petite tierce mi bémol. Lesmaxima des dissonances sont voisines de do' et de do".