‹ Les sensations internesChapitre 14 sur 145 · BESOINS LO · texte numérisé non relu

BESOINS LO

identifie souvent les deux termes; (exemple: envie de dormir et besoin de dormir) en ce que dans l'envie il y a bien impulsion plus ou moins puissante, mais la répétition manque, ce n'est jamais une habitude. C'est ce qu'on voit par exemple dans les envies des femmes grosses. Le désir se distingue aussi du besoin par le même caractère et en outre par l'absence d'impulsion irrésistible et d'actes coordonnés dans un but déterminé. Cependant ces distinctions ne sont pas absolues et il serait facile de trouver des degrés de transition entre le désir et l'envie d'une part et d'autre part entre l'envie et le besoin.

Les sensations qui constituent les besoins et les actes qui les suivent peuvent être très simples ou très complexes. Quelle différence n'y a-t-il pas par exemple à ce point de vue entre la toux, je suppose et la nidification de l'oiseau?

Au point de vue émotif, les besoins pourraient être classés en deux catégories : ceux qui ont pour but la réalisation d'un plaisir ou d'une sensation agréable, ceux qui ont pour but la suppression d'une douleur ou d'une sensation pénible. Mais si l'on réfléchit que tout besoin quand il atteint un certain degré d'intensité devient désagréable et môme douloureux et que tout acte qui réalise le besoin est suivi d'une sensation de bien-être, on verra de suite que cette classification pècbe par la base, puisque les deux catégories contiennent toutes deux les deux éléments, recherche du plaisir, disparition de la douleur, seulement à des doses variables.

Il est difficile dans l'état actuel de nos connaissances d'étudier d'un façon générale le mécanisme, le mode de production et la nature des besoins. Cette question reviendra du reste en étudiant les besoins en particulier. Ce qu'on peut cependant affirmer, c'est qu'ils peuvent être rattachés à une modification particulière des centres nerveux et des cellules de ces centres, et, pour ma part, comme on le verra plus loin, je serais disposé à admettre que la modification qui produit le besoin peut se montrer aussi bien dans les centres moteurs que dans les centres sensitifs ou psychiques.

Dans l'étude qui va suivre des différents besoins je ne m'astreindrai pas à suivre l'ordre de la classification précédente dans toute sa rigueur et je préfère les étudier dans les principales fonctions, tout en conservant la division en besoins d'activité et besoins de repos.

Besoins d'activité.

1° Besoin d'activité musculaire.

Il y a un véritable besoin d'activité musculaire. Ce besoin se fait sentir quand on est resté longtemps dans l'inaction et il est a son maximum de développement dans le jeune âge. C'est de ce besoin que Bain fait dériver son activité musculaire spontanée sur laquelle j'aurai occasion de revenir à propos des sensations musculaires. Ce besoin d'activité peut se montrer du reste dans toutes les régions du système musculaire, mais surtout dans les muscles volontaires. Quand ce besoin n'est pas satisfait, il survient un état d'inquiétude générale, d'excitation nerveuse, d'agacement qui ne peut être calmé que par l'exercice. Il est facile du reste, pour s'en rendre compte, de faire l'expérience par soi-même en restant absolument immobile le plus longtemps possible. Chez les enfants, chez les personnes nerveuses, ce besoin d'activité motrice peut, s'il est combattu, amener des troubles sérieux et des désordres de l'innervation. Rien de plus contraire à la physiologie et à l'hygiène que ces longues classes, que ces études interminables clans lesquelles on exige des enfants les deux choses qu'il leur est le plus difficile de supporter : le silence et l'immobilité. On a fait déjà beaucoup de réformes sur ce point et tous les jours amènent heureusement un nouveau progrès et une nouvelle amélioration dans le régime d'études; mais il y a encore beaucoup à faire dans cette direction. Les formes par lesquelles se traduit ce besoin d'activité motrice sont multiples ; chez certaines personnes, ce sera un besoin irrésistible de parler et l'on a de ces intarissables bavards qui n'arrêtent pas une minute, parlant pour parler, sans s'inquiéter s'il y a une idée sous leurs paroles ; chez d'autres, c'est par des mouvements perpétuels des mains et des doigts que ce besoin se traduit ; ils touchent à tout, prennent un objet, le remettent, le reprennent, le palpent, le retournent; c'est une gesticulation continuelle; d'autres fois ce seront les jambes perpétuellement en mouvement au grand dommage des voisins; chez d'autres, c'est du côté de la face que se produisent les manifestations motrices, et vous avez alors toutes les minauderies féminines, toutes les grimaces et les contorsions de ces gens qui ne peuvent dire un mot, faire un geste sans l'accompagner d'une mimique faciale aussi désagréable qu'inutile.

Un degré de plus dans ce besoin d'activité motrice et nous

Page 1