‹ Les sensations internesChapitre 15 sur 145 · BESOINS · texte numérisé non relu

BESOINS

louchons à FétaL pathologique ; c'est toute l'innombrable série des tics de tonte sorte dont je n'entreprendrai pas ici rémunération et dont on trouvera les différentes variétés, quelquefois si singulières, dans les recueils spéciaux. Ces tics, véritables types aberrants du besoin d'activité motrice, se montrent et se développent surLout chez les enfants et c'est dès leur apparition qu'on peut les combattre avec succès, par les moyens hygiéniques appropriés et surtout par une gymnastique rationnelle qui régularise le fonctionnement de l'appareil moteur. Un degré de plus encore et c'est l'état pathologique, c'est la chorée sous toutes ses formes et les autres manifestations convulsiyes du môme genre. Dans la plupart de ces cas du reste, il y a nonseulement exagération, mais perversion du besoin d'activité motrice.

Il est probable, quoique la chose soit plus difficile à démontrer à cause de l'absence de manifestations palpables, extérieures, que les muscles de la vie végétative peuvent être aussi le point de départ de sensations analogues, mais beaucoup plus vagues, quand ces muscles sont restés longtemps à l'état de repos et je serais porté à admettre que dans les premiers degrés de la sensation de la faim, en particulier, ces sensations de besoin d'activité musculaire jouent un rôle essentiel. Il se pourrait que beaucoup des manifestations musculaires des muscles lisses dans l'hystérie ne fussent que des exagérations morbides de ce besoin. La question, en tout cas, mérite d'être étudiée à ce point de vue. On pourra lire à ce sujet un intéressant chapitre des Leçons de clinique chirurgicale de sir James Paget (1) sur le bégaiement avec d'autres organes que ceux de la parole.

Il peut arriver que ce besoin d'activité motrice soit diminué ou môme aboli. On trouve, môme chez les enfants, quoique cela soit assez rare, des natures apathiques, qui, en dehors de toute disposition morbide, n'éprouvent pas ce besoin de mouvement et restent volontiers dans un état de paresse et d'inertie physique dont ils ne peuvent être tirés que par d'énergiques excitations. L'abolition de ce besoin d'activité ne s'observe guère que dans les cas pathologiques, dans certaines formes d'aliénation mentale, clans l'hystérie, dans l'anémie ; vous voyez alors les malades rester immobiles , sans bouger, des journées entières, moins par faiblesse et lassitude que parce qu'elles ne ressentent pas le besoin de se mouvoir; le mutisme hystérique

0) Traduites en français par le Df L. H. Petit. (Félix Alcan, éditeur.)

Beaunis. 2

me paraîtétre, dans bien des cas, un phénomène du môme ordre et une véritable anesthésie.

A quoi peut tenir ce besoin d'activité motrice? Comment se fait-il que l'inaction prolongée détermine les sensations qui constituent ce besoin? Ces sensations ont-elles leur origine dans des centres sensitifs spéciaux ou dans les centres moteurs euxmêmes? Autant de questions qu'il est bien difficile de résoudre et que j'essaierai d'aborder.

Mais je dois d'abord dire quelques mots de la théorie de l'activité musculaire spontanée de Bain. Cette activité musculaire spontanée n'est qu'un simple besoin d'exercice musculaire. Pour Bain elle consisterait en des mouvements qui n'auraient pas leur point de départ dans une sensation et il invoque à l'appui les mouvements exubérants des enfants, des jeunes animaux. Mais il y a là, semble-t-il, une fausse interprétation d'un phénomène physiologique. Nous venons de voir en effet qu'il existe un véritable besoin d'exercice musculaire, comme il y a un besoin de respirer ou de prendre des aliments. Lïnaction prolongée d'un muscle ou d'un groupe musculaire amène un état particulier bien connu des enfants qu'on tient immobiles en classe, des blessés qui ont le membre pris 'dans un appareil inamovible et qui peut devenir à la longue un véritable supplice. Mais confondre ce besoin avec l'exercice lui-môme, c'est une erreur d'interprétation et il n'y a pas plus d'activité musculaire spontanée qu'il n'y a de besoin de respirer spontané ou de faim spontanée. Tous nos mouvements ont pour point de départ des sensations, les unes précises et bien déterminées, les autres vagues et à peine conscientes, les autres enfin réduites par l'habitude ou l'hérédité à des impressions absolument inconscientes, mais qui ont leur point de départ éloigné dans les mômes sensations. Les mouvements volontaires eux-mêmes ont aussi leur origine médiate clans les sensations actuelles ou remémorées.

Quant à la priorité de l'action sur la sensation au réveil invoquée par Bain, elle ne me paraît pas si bien établie qu'il le dit et d'ailleurs le fait est toujours susceptible d'une autre interprétation qui cadre mieux avec les données physiologiques.

Il est difficile de dire à quelles conditions organiques muscu- I aires et nerveuses répond ce besoin d'exercice musculaire. Les phénomènes chimiques qui se passent dans le muscle en état de repos ne paraissent pas pouvoir élucider la question et je serais

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