CHAPITRE IV
SOIF. — BESOIN DE MASTICATION. — BESOIN DE DÉGLUTITION. — NAUSÉE. — BESOIN DE DÉFÉCATION. — BESOIN DE LA MICTION. — ■ BESOINS EN RAPPORT AVEC LES FONCTIONS RESPIRATOIRES.
De môme que la faim, la soif se compose d'une série de sensations qui d'abord localisées dans l'arrière-gorge, se généralisent peu à peu à mesure que la soif augmente d'intensité;
A son degré le plus léger, qui est d'emblée pénible, car il n'y a pas pour la soif de stade comparable à celui de l'appétit pour la faim, c'est une sensation d'ardeur et d'aridité de la gorge, sensation qui s'étend peu à peu à la bouche, aux lèvres, à la langue, au voile du palais ; la bouche et les lèvres sont sèches ; la langue, dont les mouvements sont rendus difficiles par le manque de sécrétions buccales, reste immobile et se colle au palais ; la salive est rare, visqueuse ; l' arrière-gorge est le siège d'un sentiment de plus en plus pénible de constriction qui peut aller jusqu'à la strangulation. Peu à peu, la soif devenant déplus en plus intense, les sensations ne restent plus localisées à la partie supérieure du tube digestif ; elles s'accompagnent d'une sorte d'éréthisme et d'excitabilité générales ; c'est un véritable état fébrile qui apparaît et se traduit par la fréquence des respirations et l'accélération du pouls; l'haleine est chaude et fétide, la peau sèche et brûlante, les tortures deviennent atroces ; c'est une anxiété déchirante, une angoisse sans nom plus terrible encore que celle de la faim. Le délire s'empare bientôt du patient et se termine rapidement par la mort. La mort par privation de boissons est un des plus affreux supplices qu'on puisse imaginer.
Quand la soif est locale et à son premier degré, on peut encore la satisfaire par la simple humectation du pharynx par un liquide, par l'application de corps froids, par des acides végétaux ; mais ces palliatifs perdent bien vile leur efficacité. Ainsi Marcelin pouvail bien se rafraîchir et soulager un instant sa