‹ Les sensations internesChapitre 27 sur 145 · BESOINS D'INACTION ET BB REPOS · texte numérisé non relu

BESOINS D'INACTION ET BB REPOS

organes voisins, la gêne commençante de la respiration, et peutêtre aussi l'augmentation de tension vasculaire déterminée par l'absorption des produits de la digestion et l'action de ces produits sur les centres nerveux. La, comme pour la faim, nous trouvons, comme éléments de la sensation complexe de la satiété, des sensations localisées dans les organes digestifs et spécialement dans l'estomac, des sensations de voisinage dues à faction" de l'estomac et des intestins sur les organes voisins et des sensations généralisées ayant leur point de départ dans tout l'organisme. Enfin, cette satiété fait place au dégoût quand la quantité d'aliments ingérés devient trop considérable.

Ces phénomènes de satiété et de dégoût peuvent se montrer pour d'autres besoins, en particulier pour le besoin sexuel : bien souvent en effet, comme l'a si bien dit le poète:

L'esprit lève en pleurant le linceul du plaisir.

Pour d'antres besoins au contraire ce sentiment de satiété n'existe pas.

On peut rapprocher du dégoût l'aversion, la répugnance qu'on éprouve pour certaines ca tégories de sensations ; tout le monde sait les antipathies singulières, insurmontables, qu'inspirent à certaines personnes telle odeur, tel contact ou la vue d'un objet ou d'un animal déterminés, antipathies qui peuvent aller jusque produire des accidents graves et qui sont jusqu'ici à peu près inexplicables.

Besoins d'inaction ou de repos.

Je rangerai dans cette catégorie les besoins qui dérivent de ^exercice prolongé ou exagéré de certaines fonctions.

En tête se trouve celui qui traduitla fatigue de tout l'organisme ou du moins de ses fonctions de relation, le besoin de sommeil. Ce besoin de sommeil s'annonce par un certain nombre de sensations, démangeaisons et lourdeur des paupières supérieures, picotements légers de la conjonctive, engourdissement de la sensibilité générale et des sens spéciaux, sensations des muscles siis-hyoidicns qui précèdent le bâillement, pesanteur des membres et de la tête, obnubilation légère de l'intelligence et peu à peu le sommeil arrive sans qu'on puisse préciser le moment exact où il commence. Les causes qui déterminent ce besoin de sommeil sont aussi peu connues que celles du sommeil lui-même; mais il faut encore remarquer que les sensations

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qui raccompagnent débutent par les paupières el sont probablement de nature musculaire. La physiologie de ce besoin se confond avec la pbysiologie môme du sommeil pour laquelle je ne puis que renvoyer aux traités de physiologie.

Ce besoin de sommeil peut être aboli dans certaines affections et principalement dans l'anémie, dans l'aliénation mentale. Par contre, il peut se trouver exagéré, et à ce point de vue je mentionnerai surtout la curieuse maladie du sommeil, observée dans la race noire et caractérisée par un besoin impérieux de dormir et l'impossibilité de s'y soustraire.

Le besoin de repos s'observe après les grandes fatigues, les exercices violents, les douleurs intenses, les peines morales. Ce besoin de repos qui prend, suivant les cas, tantôt la forme cérébrale, tantôt la forme musculaire, suivant la cause qui l'a déterminé, consiste en une sorte d'état négatif de torpeur et d'inaction dont il semble qu'on ne voudrait jamais sortir; on voudrait ne pas bouger, ne pas penser, ê tre loin de tout bruit, de toute excitation extérieure, réduire en un mot toutes les manifestations vitales aux simples manifestations de la vie végétative.

Ce besoin de repos peut se montrer aussi pour les divers sens spéciaux. Au sortir d'un éclairage intense, d'une apothéose de féerie par exemple, on éprouve le besoin de fermer les yeux et de se tenir quelque temps dans l'obscurité; quand on vient d'entendre le bruit d'une chute d'eau comme la cbute du Rbin ou les ensembles assourdissants de certains morceaux sympboniques, l'oreille désire ardemment le doux murmure d'un ruisseau ou le chant d'une gracieuse mélodie.

L'interprétation de ces divers phénomènes n'est pas très facile à faire. D'une façon générale la fatigue diminue l'excitabilité des éléments nerveux, mais on ne voit pas très bien comment cette diminution d'excitabilité peut se traduire dans la conscience par un besoin de repos.

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