‹ Les sensations internesChapitre 30 sur 145 · SENSATIONS FONCTIONNELLES DES MUSCLES · texte numérisé non relu

SENSATIONS FONCTIONNELLES DES MUSCLES

même principe qu'un appareil déjà employé par Knight pour les plantes en 1816 (1).

Il se compose d'un cadre vertical en bois, R, qui peut tourner autour d'un axe vertical A. Dans ce cadre se trouve un second cadre plus petit r qui peut tourner autour d'un axe vertical a qu'on peut à volonté placer à une distance variable de l'axe A. Ce second cadre porte une cbaise qui peut s'incliner autour d'un axe horizontal. Tout l'appareil est enfermé dans une grande cage en papier de façon à masquer au sujet en expérience la vue des objets extérieurs.

Si on imprime au corps, au moyen de cet appareil, un mouvement de rotation rapide, il arrive un moment où l'on ne sent plus cette rotation ; ce moment a lieu quand la rotation devient uniforme. Nous ne sentons le mouvement de rotation que lorsque la rotation s'accélère ou est retardée ; il en est de même dans les mouvements passifs de progression. Macb en conclut que nous sentons, non la vitesse du mouvement communiqué, mais uniquement les accélérations angulaires (rotation) ou rectilignes (progression) de cette vitesse.

A cette sensation fait place, quand on ralentit et surtout quand on arrête brusquement la rotation, une sensation de rotation dans une direction opposée et si l'arrêt est très brusque, il y a du mal de tête, des nausées, et il semble que la tête tourne avec difficulté dans une sorte de bouillie épaisse. Cette sensation de contre-rotation disparaît quand on remet l'appareil en mouvement dans le même sens que primitivement. En outre, un fait à noter, c'est que la sensation de rotation persiste un certain temps après la disparition de l'excitant (accélération angulaire) ; il y a donc pour ces sensations, comme pour celles de la vue et de l'ouïe, une sensation consécutive.

Pour ces sensations de rotation, la position de la tête, comme Font démontré les expériences de Macb, joue un rôle essentiel dans l'appréciation du sens de la rotation. Ainsi, pendant que l'appareil est en train, si on incline la tête, la rotation de tout le corps nous paraît se faire suivant l'axe de la tête. Ce qui prouve bien que c'est l'inclinaison de la tête qui joue le rôle prépondérant, c'est qu'en imprimant des mouvements oscillatoires an tronc, la tête restant immobile, ces illusions du mouvement n'ont pas lieu et le vertige ne se produit pas.

Si on combine les mouvements de rotation et les mouvements

l E. Madi, Grundlinien der Lehre von der Bewegungsempfindungen, 1873.

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de progression, on a des sensations qui sont la résultante de ces deux sortes de mouvements passifs.

Les sensations consécutives à une rotation passive déterminent des mouvements de sens opposé au sens de la rotation présumée. Ainsi, si nous nous sentons entraînés dans la rotation u droite, nous tendons à faire un mouvement de rotation à gauche pour rétablir l'équilibre. C'est ce qu'on remarque dans les expériences sur les animaux ou du moins c'est ainsi qu'on peut interpréter les mouvements que font les animaux soumis à différentes sortes de rotation passive quand on vient à cesser la rotation. Si en effet l'animal se dirige dans un sens, on peut en conclure qu'il se croit entraîné en sens contraire.

Des sensations analogues se produisent dans les mouvements verticaux et ont été étudiées par Mach à l'aide d'une grande balance dans l'un des plateaux de laquelle se place l'observateur et à laquelle on peut imprimer des oscillations verticales. Là encore, comme pour la rotation et la progression, on sent dans ces mouvements verticaux, non la vitesse, mais l'accélération de vitesse et on est môme très sensible à ces variations de vitesse, dans ces expériences de descente et d'ascension verticales. Les oscillations verticales de l'appareil de Mach étaient assez limitées, mais il serait facile de construire des appareils clans lesquels ces variations seraient beaucoup plus marquées. Ces oscillations se réalisent sur les bateaux, en mer, par un gros temps, par exemple.

Les sensations dues à ces mouvements verticaux passifs existent non seulement clans la tête, mais clans tout le corps. C'est qu'en effet clans ces mouvements verticaux le corps et ses diverses parties deviennent successivement plus lourds et plus légers et il doit en résulter des variations mécaniques dans la répartition des liquides de l'organisme.

Sont-ce là en réalité des sensations musculaires? Il s'agit là probablement de sensations très complexes et dont l'analyse est presque impossible à faire. J'emprunterai à Mach les considérations suivantes sur ce point. Si nous sommes sur un plancher immobile , ce plancher supporte tout notre poids et chaque partie du corps supporte tout le poids des parties qui sont audessus. Si le plancher et notre corps avec lui subissent un mouvement accéléré en bas, la pression diminue sur le plancher et chaque partie du corps est plus légère pour les parties situées au-dessous. Sile plancher et notre corps tombent librement sous l'influence de la pesauteur, toute pression et toute contre-pres-

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