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CHAPITRE XXI

LA DOULEUR (silitë). — ÉVOLUTION DE LA DOULEUK. — UTILITÉ DE LA DOULEUR. — CLASSIFICATION RATIONNELLE DE LA DOULEUB

Si maintenant nous considérons la douleur dans l'évolution de l'individu, nous verrons alors qu'à ce point de vue la douleur n'est pas seulement, comme le soutiennent quelques physiologistes, un accompagnement de la sensation, mais qu'elle est bien une sensation initiale et le germe môme de la sensation. C'est de la douleur, en effet, que la sensation se dégage peu à peu, se précisant et se spécialisant au fur et à mesure que l'enfant s'éloigne du moment de sa naissance.

Pendant toute la vie intra-utérine, plongé dans le liquide amniotique, le fœtus n'a, pour ainsi dire, aucune sensation, et dort d'un sommeil presque ininterrompu comparable à celui des animaux hibernants ou à l'état de chrysalide des insectes. Il n'y a, pour s'en convaincre, qu'à prendre successivement les différentes catégories de sensations. 11 ne peut exister de doute pour la vue, l'ouïe, l'odorat, les sensations de température. Les alternatives de lumière et d'obscurité ne peuvent évidemment arriver dans les profondeurs de l'organisme maternel de façon à déterminer des sensations visuelles ; tout au plus le fœtus pourrait-il avoir, sous l'influence des variations de la pression oculaire, des sensations visuelles subjectives comparables aux phosphènes ; mais ces sensations ne peuvent être que tout à fait rudimentaires.

L'ouïe ne peut non plus être mise en jeu; l'oreille moyenne du fœtus est remplie jusqu'à l'époque de la naissance par une masse gélatiniforme de tissu connectif embryonnaire qui met l'organe auditif du fœtus clans des conditions très défavorables au point de vue de la transmission des sons; d'autre part, la transmission des sons parles os du crâne, d'après les expériences de Preyer, ne se fait pas chez le nouveau-né ou ne se fait que d'une façon très incomplète. On peut donc affirmer que le fœtus n'entend

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