XVIII
(2) XllI, 1 BUiv.
(3) XlIl, 7 suti?.
est connaissance et que cette connaissance consiste à identifier, à travers tout ce qui est, deux sortes d'être, le poète est pris d'ivresse à les détailler, il énumère toujours et jamais tout n'est dit. « Je suis le temps inépuisable ; je suis le créateur, face partout ; je suis la mort qui saisit tout, et l'origine des choses futures ; la gloire, la beauté et la voix aux fenmies ; la mémoire, la sagesse, la constance, la patience » (i)« Ainsi parle Krisna, et les mots ne .suffisent plus pour qu'il dise tout ce qu'il est, -r- « ou plutôt quel besoin as-tu de connaître tout ce détail, ô Arjuna? J'ai fondé cet univers tout entier d'une portion de moi, et je demeure » (2).
Mais ces vers si magnifiques et où l'imagination, à force de s'étendre, ne s'exprime plus que par des mots comme couler, demeurer, mourir, être, paraissent plus extraordinaires encore, lorsque au milieu d'eux surgit, nette et brusque, une de ces comparaisons, dont la poésie indienne déborde. Par exemple, en un endroit on lit : « Qui ne respire plus et qui ne respire point encore, les sages ne les pleurent point... De même que pour le Corporel il y a dans ce corps âge tendre, jeunesse, vieillesse, de même lorsqu'il aura un autre corps... Ainsi que l'homme dépose les vieux vêtements pour en prendre d'autres et de nouveaux, de même le Corporel dépose les vieux corps pour entrer en d'autres et en de nouveaux. » (3) Et ailleurs : « Comme le feu allumé réduit en cendres les fagots de bois, ô Arjuna, de même le feu de la connaissance réduit en cendres tous les actes. » (4) « Au delà de moi il n'y a rien, ô Victorieux. Sur moi ce tout est enfilé, telles sur un fil des masses de perles. » (5) Ces comparaisons ne sont point des ornements de style, des figures ; longtemps cherchées, chaque école philosophique en avait qui lui étaient