‹ Les sentences dans la poésie grecqueChapitre 4 sur 12 · VII · texte numérisé non relu

VII

propres et qui formaient une partie soigneusement conservée de la doctrine. Ainsi on lit : « Une lampe à l'abri du vent ne bouge pas : c'est là l'image consacrée de l'ascète. » (i) C'est donc en guise d'illustration et avec une précision cherchée qu'à côté de phrases de la dernière abstraction ces images viennent se découper comme sur le vide et donner à la formule une tournure concrète.

Cependant le drame n'est point oublié, A travers tout le poème un mot revient sans cesse et toujours avec la même emphase : « Combats, Arjuna ». Le devoir dont la nature et la définition forment le sujet du poète et dont le guerrier, saisi de pitié pour les hommes et cherchant la justice, se demande si seulement il existe : ce devoir, le voilà. « Sois sans souhait, sans égoïsme ! Combats et que ta fièvre s'en aille. » (q) « Si à l'heure dernière on pense à moi..., on passe à moi, cela n'est point douteux... Donc, en tous les temps suis-moi de la pensée, et combats ! » (3). Et toujours à ce mot l'image des armées étincelantes au soleil se déroule de nouveau ; cette pensée philosophique marche au son des fanfares ; on a beau se perdre dans les extrêmes identités de la matière et du Soi, néanmoins la vie, l'heure actuelle, les multitudes sur le point de tomber et le devoir à faire promptement, toute cette réalité poignante est bien à sa place, c'est-à-dire une petite chose nécessaire dans l'éteraelle série. « Le bienheureux dit : Je suis le temps qui use le monde ; très ancien ; mis en branle pour absorber ici les mondes. A part toi, ils ne seront plus, tous ces combattants qui se rangent face à face. Donc lève-toi et gagne la gloire... Je les ai frappés ; frappe-les ! combats ! Tu vaincras dans la mêlée !... Arjuna dit : L'infini est ta forme. Vent, mort et feu, océan et lune, père et aïeul des créatures,

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