‹ Les sentiments, la musique et le gesteChapitre 15 sur 69 · DANSE JAVANAISE · texte numérisé non relu

DANSE JAVANAISE

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Nous sommes donc autorisés à admet Ire que c est bien par un processus analogue qu'elle a pu exécuter des danses arabes (pp. 165-167.) avec les contorsions du bassin et les gestes de I écharpe ou des mouchoirs , des danses espagnoles (p.

16 I et planche hors texte) avec accompagnement par elle de

casteignettes ' ou de tambourin . la bourrée auvergnate avec les frappements du talon, la danse bretonne (p. 162)

' Cerlaincs de ces danses espagnoles provoquaicnl une cnniracliiin particulière des doigts qui me suggéra l'idée de donner à [,ina des castagnettes dont elle s'empara aussitôt pour en jouer avec une admirable précision, bien qu'à l'état de veille elle ne s'en lut jamais servie ; si la mélodie de la danse change, elle laisse tomber les castagnettes et refuse de les prendre. C'est donc bien la mélodie qui, par une action réflexe, a déterminé les mouvements dont les castagnettes n'ont été qu'une manifestation plus accentuée.

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LES Srr.CESTIONS MUSICALES. 163

avec les balancements des bras, et enfin le menuet (p. 1691 avec sa démarche molle, ses attitudes gracieuses et la proff)nde révérence survenant exactement au passage où la musique l'indique par sa forme imitativc'.

Dans la musique de la danse javanaise, qui nous a mis sur la voie de ces études, on remarque la répétiticm très fréquente de la dominante et de la sousdominante qui , nous lavons dit, ont la propriété de déterminer les mouvements des mains et, bien que le piano fut loin de rendre l'effet des instruments bizarres de l'orchestre javanais, nous avons pu retrouver les gestes si curieux donnés, en 1879, par les charmantes petites Vakiem , Taminah , Sariem et Sakia, que M. Rodolphe Darzens décrivait ainsi :

« Elles s'avancent en un frôlement de leurs pieds nus sur la natte, et l'inclinaison, tantôt à droite, tantôt à gauche, de leur souple corps, que les bandelettes du corsage et le jupon étroit revêtent comme d'une écorcc de soie et d'argent , fait songer à des troncs de bouleaux qu'inclinerait deci delà la poussée égale et successive de deux brises. Dansent - elles ? Non pas; elles marchent, presque sans quitter de leurs plantes la paille tressée ; elles ont des glissements comme entre de très épaisses ramures. Hlles vont, elles

' Dans le menuet, le mouvemenl des bras de Lina nous a donné l'idée de meure un éventail dans sa main droite et de lui faire pincer sa robe de la main t;auche. Elle a de suite accepté ces accessoires et s'en est servie comme nos grand'mères s'en servaient. Elle refuse tout autre objet; c'està-dire que, quand on lui en présente, sa main ne se referme pas pour les prendre. Ici encore, comme dans la danse espagnole, les accessoires adoptés par les danseuses ont été déterminés par la nature du geste que provoque la musique. Le costume même doit être appropriée la danse; !e| menuet dansé par l.ina avec la courte draperie qu'on avait adoptée pour la danse arabe était choquant.

DAlNSK ESPAGNOLE.

LES SrOGESTIONS MISICAI.ES. 165

viennent, formant, sans se joindre , des groupes instables où s'équilibre harmonieusement l'apparent désaccord de leurs gestes; elles ont lau" d'une guirlande dénouée où pourtant ne manquerait pas une tleur, d un collier a quatre perles dont le fil serait invisible. Kt leurs bras , très lentement, se meuvent en des courbes strictes, ainsi que deux petits serpents lamiliersqui se détacheraient à peine d'elles, seraient dressés à ne pas aller trop loin ; et leurs mains, en arrière des poignets se cambrent, montrant des paumes brunies, ou bien, posées du pouce au-dessous de l'épaule, tigitent leurs doigts si ténus en un frémissement d'aile de tourterelle. Il est exquis et troubkmt ce mouvement des doigts qui a l'air d'un appel ou d'un consentement au bord du nid. « Puis, après s'être un instant arrêtées, les voilà c|ui recommencent leur éternelle promenade glissante, en des sveltesses de serpent debout ou de jeunes

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