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Chansojniettt; Paroles d'Emile Fîol'CHeii. Musique de Louis Saraz.
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(>hez Lina la musique joue un rôle prépondérant dans la production du geste, puisque la déclamation avec des intonations convenables sutfit même à le déterminer.
Sur ma prière, i\l. Mounct-Sully a bien voulu réciter devant elle une poésie tragique, avec sa voix profonde dont les inflexions délicates demandent, pour cire saisies, une oreille exercée. Le visage de la jeune femme a exprimé une vive émotion, mais toujours à peu près la même, sauf quand un mot comme amour, colère, désespoir, plus fortement accentué que les
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autres, éveillait en elle le sentiment correspondant et modifiait ses traits ; quant au buste et aux membres, ils se redressaient ou s'affaissaient suivant que la voix de l'orateur s'élevait ou s'abaissait, les mouvements étant d'autant plus amples que les sons émis étaient plus forts.
Avec M"'' Emma (>alvé. l'effet a été tout autre; la grande actrice s'était placée derrière Lina et avait simplement déclamé quelques phrases d'un de ses rôles. Lina, qui ne la voyait pas, reproduisit presque identiquement ses gestes, prouvant bien ainsi que leur mimique correspondait d une façon absolue aux sentiments exprimés.
Enfin, M. Almeida Nogueira, professeur de droit et sénateur de l'Etat de Saint-Paul, au Brésil, voulant se rendre compte par lui-même de la justesse de mon opinion, a récité, ,san,s gestes, mais avec les inflexions de voix convenables, une longue pièce en portugais, langue que personne d'entre nous ne comprenait ; nous pûmes voir alors Lina se livrer à une mimique très expressive que le poète nous déclara avoir été constamment adéquate aux pensées qu'il rendait dans ses vers * .
' M. Edmond L.e Roy a raconté, dans le l'eli't Bleu, une expérience analogue à laquelle \c n'assistais pas :
« M.Jules Bois a eu l'idée d'amener Lina chez M. Victor Maure!. Celuici, qui n'est pas seulement un chanteur de grand talent, mais aussi un psychologue conscient de son métier, fredonna quelques chansons italiennes. Lina ne sait pas 1 italien et, de plus, est une des rares Parisiennes n'ayant jamais entendu M. Victor Maure). Celui-ci sentit les larmes lui venir aux yeux en voyant ce simple sujet hypnotique, aux vibrations à peine articulées de sa voix, interpréter ces différents morceaux par des gestes et des expressions identiques k ceux qu'il n'avait pu trouver qu après hien des années de travail. "
u Que qu' tu tais donc là tout seulet .- n
(c T'as peur que 1' loup vienn' te manger, i)