‹ Les sentiments, la musique et le gesteChapitre 9 sur 69 · NANCY · texte numérisé non relu

NANCY

dcfcnclanl la Fiance !

fendre ! )i

Je ne saurais trop répéter que toutes ces p(«es ont été prises spontanément, au simple énoncé de la situation et sans aucun des commentaires descriptifs dont j'accompagne ici quelques-unes après coup.

Voici, du reste (page 91), un exemple très simple et bien typique. Il s'agissait de composer une affiche pour un Vin de santé quelconque : on mit entre les mains du sujet un verre contenant le breuvage en question dont l'inventeur lui avait

nalurellemcnt vanté les qualités et on se borna a lui dire :

Qu'il t\s7 beau !

Qu'il est bon I En voulez-vous ?

Pour La Cigale et la Fourmi (pp. 91 et 951, il fallut plus de temps.

Lina prit bien vite l'allure de la pauvre cigale souvent dépourvue, même avant que la bise fut venue ; c'était un peu sa propre histoire. Mais si elle ne sait pas amasser, elle est compatissante pour les misères des autres, et ce n'est pas sans peine qu'on parvint à lui inspirer pour un moment l'économie et la sécheresse de cœur de la fourmi.

Les quatre figures des pages 96 et 97 forment une histoire sans paroles qu'on pourrait intituler :

La déclara/ion du page.

On ne voit que la châtelaine, mais on se figure le page, et l'arrivée imprévue du châtelain se devine.

Parmi les scènes de ce genre que nous avons photographiées, je citerai encore cinq phases de la visite de Judith à Holopherne : i" Judith caresse et charme son ennemi ; 2" elle écoute s'il dort cl, d'un brusque mouvement, saisit son poignard caché derrière elle: 3" elle poignarde Holopherne; 4" elle recule d'horreur en voyant le sang jaillir ; 5" elle se redres.se pleine d'orgueil, parce qu'elle a sauvé son peuple...

Nous ne les avons pas reproduites ici, ayant du nous borner et faire un choi.v dans la masse de documents accumulés en deux ans d'e.\|:)ériences.

LA CIGALK.

LA (■■OlKMl.

jusqu'ici les suggestions ont été déterminées par des discours plus ou moins longs à laide desquels je cherchais à éveiller certaines sensations ' ou certains sentiments appropriés, suivant moi, à la nature intellectuelle du sujet. Je finis par reconnaître que. chez Lina, il ny avait pas besoin de si longs développements quand la passion était sculptée, pour ainsi dire, dans un langage qui lui donnait, en peu de mots, toute son énergie.

Il ma suffi, en effet, après de courtes explications la mettant au courant de sa personnalité nouvelle, de lui lire des passages célèbres de nos grands tragédiens pour lui voir mimer, avec une admirable justesse, la série des émotions qu'exprime le poète et faire ressortir, du premier jet, sans hésitation, des nuances sur lesquelles les critiques discutent encore.

\ oici, par exemple, le fameux distique d'Horace :

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