‹ Les sentiments moraux au XVIe siècleChapitre 24 sur 36 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

C'est sur le trône que nous prendrons un exemple pour montrer comment les sentîmens de famille onJL pu être éprouvés, comment les devoirs de famille ont P^ être compris et remplis au seizième siècle ; cet ^^enriple, c^est Catherine de Médicis qui nous le fournira.

Il semble qu'on ne puisse sans injustice Refuser à Les sentimens ^thcrine de Médicis le mérite d'avoir été une épouse chez Catherine ^^achée et fidèle ; on ne saurait plus s'arrêter aux accu- son amour' ^^lions passionnées qui furent dirigées contre elle, po^rsonman. ^^'^tout par les huguenots. * C'est à peine s'il est pos- ^*^Ie de lui attribuer un penchant qui ne fut ni suivi ^^flPet, ni payé de retour, pour l'élégant vidame de ^'^^rtres. Sa correspondance nous montre la préoccupai J^j^ constante d'une femme qui veut plaire à son ^^^î,qui désire le savoir en bonne santé, à Tabri des pei^xls. Elle remercie le connétable deTespérance qu'il

* CI. Haion, p. 488.

Desj. s. m. 16

lui donne " du contentcmenl que lo Roi a de moi, qui est tout ce que je disire eu ce monde d'être en sa bonne grâce, »* du bien qu'il lui a fait eu lui envoyant des lettres du Roi : •> Car j'ai été en grand' peine pour la longueur du temps qu'il y avoil que je n'en avoîs eu ; par quoi, si ledit seigneur ot vous avez envie que je ne retombe point malade, que j'aie le bieu d'en savoir plus souvent. ■>* Elle le prie de lui donner des nouvelles du Roi, de la tenir en sa bonne grâce, de le faire bien garder. ' Savoir que le Roi va bien et qu'il la tient en sa bonne grâce, voilà les seuls remèdes aux maux qu'elle éprouve. ' Elle tremble toujours, quand elle le voit partir pouT l'année." A la mort de Henri H, il ne manque pas de gens pour irisinuer qu'elle se console trop facilement. " Cependant elle exprime la plus vive douleur,' et ce n'est pas seulement au lendemain de la mort. Tant qu'il vivait, elle était heureuse, « ne pensant jamais, dit-elle,' avoir autre Iribulation que n'être assez aimée à son gré du Roi votre père, qui m'honoroitplus que je ne méritois ; mais je i'aimois

' Correspondance de Catherine d * /6., ib., ib.

' ;ft., jfi.,p.64.

Mélicis, l. I, p. 52.

" Ib., ib. p. 79.

* « On a tout inconlinenl aperçu que la veuve de France n'en a fait lieuil en aon cœur fort longtempB (Cl. Ifaton, p. 105). « — Ce qui accrédita cette idée, ce l'ut la modération que montra Catherine à Téganl de Diane de Poitiers {V. Régnier de la Planche, p. 205).

' Correspondance, 1. 1, p- 121.

■ A EQJiJle la reine catholique, ib., ib., p. 158.

tant que j'avois toujours peur. » Elle •recommandait à tous, comme en pleurant, « la veuve et les orphelins. »* Elle rappelait constamment le coup qui l'avait frappée et la douleur qu'elle conservait, qu'elle tenait à conserver au fond de Pâme.

L'amour maternel ne fut pas moins fort chez elle. On Ta contesté aussi cependant ; et ce n'est pas seulement d'Aubigné, dans ses violentes invectives, qui l'a accusée d'avoir systématiquement corrompu ses enfans pour s'assurer le pouvoir, ^ C'est de Thou, ordinairement si modéré, qui a dit : « Elle entretint les princes, ses enfans, dans* la mollesse et l'amour du plaisir, pour satisfaire son ambition particulière. » ' Si elle les aimait, c'était d'une manière bien préjudiciable pour eux. Elle « ne s'étudioit, dit Bouillon,* qu'à posséder ses enfans et lui sembloit ne le pouvoir si bien faire qu'en les tenant en jalousie avec leurs frères et en méfiance avec leurs serviteurs... » Elle aurait eu, sans doute, une tendresse aveugle pour le duc d'Anjou, Henri III ; cette tendresse même lui aurait fait voir avec indifférence ses autres fils, avec aversion le dernier, le duc d'Alençon,^ l'aurait rendue à leur égard mère dénaturée, puisqu'on la soupçonnait d'avoir empoisonné le duc d'Alençon et, avant lui, Charles IX. '

* Ib., p. 239 et 241.

' Tragiques, II, Princes, p. 93.

3 Hist.JiY, XCIV, t. X, p. 500.

« Sully, ch. VI, p. 13, et ch. XIV, p. 30. fi Cl. Haton, p. 1113. — - V. aussi trf., p. 826.

Son amour

pour ses enfans.

La vérité hislorique est aussi contraire aux premières impiitalions qu'aux dernières. Du vivant de Henri II, CalfatTÎm', tenue fort loin de la politique, dont elle n'a occasion, de s'occuper qu'après la défaite de Sainl-Ouentin, donne toute son allenlio» ù la pr;3mière éducation des nombreux enfans qu'a lardivement produits son mariage, sa correspondance J'atteste encore, sans qu'il y ait aucune raison de croire qu'elle s'y compose un rôle eL qu'elle n'y parle pas un langage sincère. Elle lient à recevoir souvent des nouvelles de ses enfans, lorsqu'elle est loiu d'eux, ' et surtout lorsqu'il règne telle ou tcîle maladie. ' Il n'y a pas de détail auquel elle ne songe. Les petits princes sont installés à l'Islc-Adam ; die pense u qu'ils seroicnt mieux logés au pavillon qu'au château , pour ce qu'il est près de l'eau.» ' — " Quaul à ce que m'écrivez pour le nourrissement de ma fille Claude, le Roi et moi sommes d'avis qu'on lui donne de la panade plutôt qu'autre chose, car elle lui est plus saine que la bouillie... )>' — " Quant ail manger de mon fils d'Angou- Ifemo, je suis d'avis que l'on ne l'en efforce point trop, car mes enfans sont plutôt malades d'être trop gras que maigres. »' Les nourrices occupent aussi cette mère vigilante. " D'autres fois, c'est k l'habillement

' Correspondance, t. I,p. 18, 20, 22 et suiv,, 31, 32, 49, 53, 57.

M6., rt., p.26. I

» Ib., ib., p. 20.

' Ib.,ib.,p.23.

* lb.,il}., p. 70.

« Ib., ï&.,p,40, 41,62, es, 70.

LES SëNTIMENS de FAMILLE. 245

des enfans qu'elle songe.* Elle lient à avoir leurs portraits à différens âges et se montre assez exigeante en fait de ressemblance.* Les années marchent; la princesse Elisabeth devient reine d'Espagne : que de sollicitude pour une santé souvent ébranlée, que de conseils? que de recettes, « de quoi elle s'est trouvée fort bien pour avoir des enfans ! »' Elle descend à un tel détail qu'on en est au moins étonné, surtout quand on pense qu'il doit passer par l'intermédiaire de l'évêque de Limoges, ambassadeur à Madrid. Ce n'est pas aux soins matériels que se borne Catherine de Médicis ; elle donne à sa fille les plus sages conseils sur la manière dont il faut se conduire avec Philippe II ou gouverner sa maison souvent troublée parles querelles des dames:* «Je ferai fin, dit-elle en terminant une de ses lettres,^ priant Dieu vous donner autant d'heur que je vous en désire, et, afin qu'il vous le donne, ne l'oubliez point, et le priez et servez comme devez, et que les plaisirs et aises et joie qu'il vous donne maintenant ne soient cause de vous faire oublier ; et retournez toujours à lui, et rcconnoissez de lui, et que sans lui vous ne seriez ni pourriez rien, afin qu'il ne vous envoie de ses verges pour le vous faire connoître comme il l'a fait déjà. »

* Ib.y ih.y p. 41.

* 76., ib., p. 320.

* lh,,ih., p. 589.

'* Ih., ib., p. 577. — L'Aubespine, p. 814. — Cf. Corresp, de Catherine, p. 158 ; L'Aubespine, p. 78i.

246 llVnE II. — CHAPITRE VII.

La discipline souslaquellr^ les enfans royaux élaicnt élevés était sévère. Maiguerile avait » été nourrie avet tetli' coiitraiDlL>ai][)rès de la Rmno sa mère que nonseulement, dil-cUê, je ne luiosois parler, mais, quand elle me regardoil, je Iransissois de peur d'avoir fait quelque chose qui lui déplût. » Aussi ne se décida-telle qu'avec peine à représenter eu quelque sorte et à soutenir en toute circonstance son frère, le duc d'Anjou, auprès de leur tahiv ; cette demande du prince ayant été approuvée par Catherine, Marguerite ajoute: Il J'ohéis à cet agréable commandement, ne manquant un seul jour d'être des premières à son lever et des dernières à son coucher. Elle me faisoit cet honneur de me parler quelquefois deux ou trois heures, et Dieu me faisoit cotte grâce qu'elle reslolt ai satisfaite de moi qu'elle ne s'en pouvoit assez louer à ses femmes.»' Les soins que Catherine donna quelque temps après à Marguerite malade paraissent avoir louché parliculiëremcnl celle-ci. ^ La mère protégea une autre fois la fille contre la fureur do Henri 111, dont les sentimens étaient bien changés. ■' Mais ni la tendresse ni l'aulorité ne suftircnl pour faire suivre à Marguerite les conseils de Catherine sur les points les plus délicats et pour l'arrêter dans celte voie qui des imprudences conduit rapidement aux fautes. *

' Liv. 1, p. 510 el 511.

" /6., p. 326, — «Une si bonne mère qui n( enlans, abaiidoanauL à toute tieure sa vie pour eur état, » dit ailleurs Marguerito {ib., p. 509),

' Ib., p. 520.

l*si prédilection de Catherine pour son troisième fils ne saurait être révoquée en doute. * Mais on en a tiré les conséquences les plus absurdes. Les accusations d'empoisonnement ne reposent sur aucun fondement. On ne pourrait citer de la part de Catherine un seul acte fait au préjudice de Charles IX pour favoriser le duc d*Anjou. Catherine, qui portait depuis longtemps le nom de reine, était dévouée à cette royauté qui se personnifia successivement dans trois de ses enfans ; elle fit toujours ce qu'elle put pour la servir fidèlement. C'était un devoir qu'elle remplissait, à la mort de Charles IX, quand elle prenait tous les soins nécessaires pour écarter le duc d'Alençon du trône où il aspirait en l'absence du roi de Pologne. La légitime succession, qui eut tant de peine à prévaloir après l'assassinat de Henri III, ne dut peut-être son succès définitif qu'au respect dont elle avait déjà été l'objet quinze ans plutôt ; il n'y avait pas de récent exemple d'usurpation pour autoriser une nouvelle atteinte au droit séculaire et divin de l'hérédité royale. Mais, une fois que le duc d* Alençon eut cessé d'être un rival dangereux pour le souverain légitime, elle ne s'employa qu'à réparer les fautes où il retombait sans cesse, qu'à le réconcilier avec un frère, contre lequel il se révoltait continuellement, sinon pour le renverser» au moins pour le rançonner. En 1575, quand le duc d'A-

> Marguerite la constate (t^., p. 509), tout en rendant hommage à la tendresse de Catherine pour ses enfans en général.

248 LlVHt Jl. — CHAPITRE Vil.

Icn^on s'échappa da la cour, ci la Reiae-nifare fut facilement couipée do la fuite de son fils, et dil-on par commun bruil qu'elle lui avoit aidé à faire ses apprêts. » ' — "La dite dame Reine poursurvoil fort la paix, et pour ce fair«, alloit de l'un à l'autre, tantôt au Roi, tantôt audit seigneur...»' ! La famille illustre entre toutes dans laquelle Callierine était entrée et que son mariage avait paru devoir perpétuer ne lui avait pas fait oublier la famille moins ancienne et moins noble dont elle était sortie ; sa correspondance contient de nombreuses preuves de l'attachement qu'elle garda pour les siens et de la fidélité avec laquelle elle conserva tous ses souvenirs d'enfance.

Assurément on trouverait dans une condition plus modeste bien des exemples de fidélité cpnjogale, d'affection paternelle 011 maternelle, d'une part, filiale de l'autre. Mais il n'est guère nécessaire de prouver que les sentimens naturels existent dans tous les temps, et nous ne nous arrêterons que sur un point, où il sem-

' CI. Halon, p. 783.

' H., p. 826.— " La trùveèlaQt coQclueentreleroi et Monsieur son l'rÈre, par l'entremise deJa Heine, qui y a apporté tous les bons orricea que l'on peut désirer, îion-seulement d'une twnne mère envers ses enfans, mais aussi d'une très-sage princesse pour le soulagement du pauvre peuple (t576. Et. Pasquier, Lettres, liv, VT, lettre 1, où il rapporte un plaidoyer qu'il a prononcé pour la rille d'Angoulême). » Cf. Toscane, IV, p. 15, 70, 140 et suiv., 488.)

We que, au seizième siècle, on se soit volontairement exposé à les contrarier.

Certes, les pères ont dû alors comme toujours aimer leurs enfans ; mais ils tenaient à renfermer en eux cette tendresse que d'ordinaire ils se plaisent à niontrer, et ce qu'ils faisaient sentir, c'était par dessus ^out leur autorité.

Il semble qu'il n'y ait jamais eu de leur part d'expa.iision ; d'Aubigné rapporte que son père, se sépara.tit de lui, après lui avoir donné des 'conseils, « le l^etisa contre sa coutume, ce qui l'attendrit extrêmeïïxent. » * On se repentait quelquefois, mais trop tard, ^' avoir été si froid. Un siècle et demi après, Massillon disait, dans l'oraison funèbre du prince de Conti : ^< Quelle tendresse pour les princes ses enfans ! Formant lui-même dans leurs cœurs ces premiers sentimens d'honneur et d'élévation, si dignes de leur naissance..., vivant comme un homme privé au milieu de son auguste famille... et ne connoissant pas cet usage insensé qui fait que la plupart des grands semblent être nés seuls sur la terre, croyant que tout ce qui renverse la première institution de la nature est un privilège de la grandeur, et regardent tout ce qui lie comme un joug qui les déshonore. » ^

Si le père est souvent pour ses enfans le plus froid des étrangers, il arrive aussi qu'il soit le plus dur des maîtres ; il ne veut pas se dessaisir pour eux de ce

^ Mëm., p. 474.

- Oraisons funèbres y p. 159.

250 LIVRE II. — CtlAPITHE VII,

qu'il possède; il dispose d'eux sans leur consentement ; (le là des professions religieuses sans vocation, des mariages sans iiiclinatioD, les uns et les autres ne pouvant produire que de fâcheuses conséquences, L'autorité paternelle est doublement armée, par les mceurs ol par les lois ; l'opinion publique est pour elle ; de Thon, aprfes avoir parlé du troisième mariage contracté par la fille du chancelier de Bérague, dit : (1 La lin malheureuse de cette dame, qui avoit hérilé des grands biens du premier magistrat de France, est une grande leçon pour les veuves et pour les autres dames de qualité qui ne mettent pas de bornes à leur dépense et qui se choisissent un mari sans le conseil de leurs përes ou de ceux qui en tiennent lieu. )i'

C'est à propos du mariage que la révolte éclate d'ordinaire ; d'ofi les mesures contre les mariages clandestins.

En février i5.ï6, un édît est rendu dont le préambule porte : « Comme sur la plainte à nous faite des mariages qui journellement par une volonté charnelle, indiscrète et désordonnée se contractoient en notre royaume par les enfans de famille, au desceu et contre le vouloir et consentement de leurs pferes et mères, n'ayant aucunement devant les yeux la crainte de DicLi, l'honneur, révérence et obéissance qu'ils doivent en tout et partout à leurs dits parens, lesquels reçoi-

' Mém., liv. II, p. 61-2.

vent trèg-grand regret, ennui et déplaisir desdits mariages, nous eussions longtemps conclu et arrêté sur ce fait une bonne loi et ordonnance, par le moyen de laquelle ceux qui pour la crainte de Dieu, Thonneur et la révérence paternelle et maternelle ne seroient détournés et retirés de mal faire, fussent par la sécurité de la peine temporelle révoqués et arrêtés ; toutefois parce que notre intention n'a été encore exécutée, nous avons connu par évidence de fait que ce mal invétéré pullule et accroît de jour à autre, et pourra augmenter, si promptement n'y est par nous pourvu. »* En 1582, une « demoiselle » qui avait perdu son pèi*e quitta sa mère sous prétexte de religion, et, ^^Hs le consentement d'aucun de ses parens, épousa *iû jeune homme d'une condition très inférieure; le inariage,'qui n'avait pas été consommé, fut déclaré ^^1 au rapport de de Thou, « et la fille rendue à sa "ï^re, qu'on avertit de ne lui faire aucune violence s^Us prétexte de religion ; on défendit de plus au

J^Uiie homme de voir la fille davantage et de se marier avec elle, sous peine de la vie : arrêt d'autant plus nécessaire pour rétablir l'honneur et la validité des mariages que dans ces temps de désordre il s'en étoit fait beaucoup de clandestins, et qu'on avoit besoin d'un exemple pour réprimer l'insolence des ravisseurs, qui abusoient de la simplicité des filles de

* Sur la législation du seizième siècle à ce sujet et au sujet du mariage en général. V. M, E. Glasson, Le mariage civil et le divorce, 2e éd. , p. Î27 et suiv., not. p. 234.

252 UVRE II. — CHAPITRE Vil.

famille mal conseillées el qui disposoieiiL d'elles impunément sans l'avis de leurs parens. »'

L'Eglise inlervml pom- protéger les enfans contre l'abus de la puissance paternelle. Le concile de Trente, ic voulant pourvoir à la liberté de la profession. des vierges qui doivent ijtre consacrées k Dieu, établit et ordonne qu'une fille qui voudra prendre l'habit, ayant plus de douz<! ans, ne le prendra point, et que, ni elle ensuite, ni telle autre que ce soit no fera point profession qu'auparavant l'évéque, ou, s'il est absent ou empêché, son vicaire-général, ou quelque autre par eux commis el à leurs dépens, n'ait soigneusement examiné la volonté de la fille, si elle n'a point été contrainte ou séduite, et si elle sait bien ce qu'elle fait... »' L'analhème est prononcé « contre tous et un chacuu, de quelque qualité et condition qu'ils soient, ...qui, doquelque manière que ce soil, contraindroienl nue hlle, ou une vouve, ou quelque autre femme que ce soit, hors les cas exprimés par le droit, à entrer dans un monastère, ou à prendre l'habit de quelque religion que ce soit , ou à faire profession, ou qui donneroit conseil et assistance pour cela, ou qui, sachant que ce n'est pas librement qu'elle entre dans le monastëre ou qu'elle prend l'habit ou fait profession, assisteroienl à une telle action, et y interposcroient de quelque façon que ce fût leur consentement ou leur autorité. » Ce n'est qu'après avoir analhématisé ceux.

't de Rél'ormi

ch. XVtl.

qui contraignent la vocation religieuse que le Concile

frappe ceux qui l'entravent . *

Le concile s'occupa aussi des mariages clandestins

et de ceux qui étaient contractés sans le consentement

desparens : « Je rassemblerai, dit Pallavicini,^ ce qui fut dit de plus mémorable dans cette fameuse dis pule, qui donna lieu au décret le plus important peutêtre de tous ceux du concile de Trente en pareille matière de morale. * Ce décret ne donnait pas autant que la législation civile à l'autorité paternelle; de là )un véritable conflit, qui durajusqu'à lafîn de l'ancien régime : « Les ordonnances de nos rois exigeaient le consentement des parens, bien que le concile de Trente eût prononcé l'anathème contre ceux qui contesteraient aux enfans le droit de se marier sans ce consentement... Le concile de Trente, suivant la pratique antérieure de l'Église, ne considéra le défaut de consentement des parens que comme un empêchement

prohibitif. )>^

' Ib.,ib.,ch,XWnL

* Histoire du Concile de Trente, liv. XXII, ch. IV, éd.Migne t. III, col. 4i7.

3 M. E. Glasson, op. cit., p. 238 et 239.

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