INTRODUCTION. III
contester, quoiqu'il soit difficile de n'en être pas surpris au premier abord. Comment la foi aux vérités religieuses peut-elle devenir moins ferme, comment Tobéissance aux préceptes religieux peut-elle devenir moins exacte dans un temps qui semble entièrement livré aux querelles et aux guerres de religion ? On no croit pas seulement les témoins qui se font égorger ; on est encore disposé à croire ceux qui s'égorgent les uns les autres; l'intolérance fait du moins présumer la sincérité; la lutte, et la lutte jusqu'au sang, jusqu'à la mort, semble prouver le zèle.
De tout temps, le joug de la morale évangélique a paru lourd à la faiblesse humaine. Pour se décider à le porter docilement, à le reprendre avec humilité quand on l'a secoué, il ne faut pas moins qu'une foi profonde, que l'autorité de l'exemple. •
L'unité religieuse, après avoir triomphé au moyenâge des nombreuses attaques dont elle avait été l'objet, succomba au seizième siècle sous les efforts des réformateurs. La diversité de religion, en s'établissant pour la première fois, porta un coup sensible aux croyances dans un grand nombre d'âmes. Une autre cause venait en même temps détacher de la foi les esprits d'élite, la classe des gens lettrés. La Renaissance n'allait certainement pas jusqu'à chercher des fidèles pour le paganisme, mais elle jetait un certain discrédit sur le christianisme. Ces hommes dont on admirait les actions ou les ouvrages n'avaient pas connu Jésus- Christ ; ce n'était pas pour eux que le fils de Dieu était