IV INTRODUCTION
mort sur la croix, et cependant les uns avaient été ces héros, les autres ces génies qu'on se proposait pour modèles ; les grands écrivains n'avaient pas seulement atteint les sommets de Téloquence et de la poésie ; ils avaient encore enseigné les doctrines les plus pures. Avait-il fallu une révélation divine pour que la Grèce produisît Thémistocle, Rome Cincinnatus? A quoi bon, pensait-on souvent et disait-on quelquefois, à quoi bon saint Paul quand on a Sénèque? L'humanité a su, par ses propres forces, trouver l'héroïsme et la vertu ; pourquoi ne se contenter pas des leçons qu'elle nous a données ? Ces leçons suffisent pour les situations les plus difficiles, et elles peuvent alors nous élever au-dessus de nous-mêmes, mais elles ne nous demandent de si grands efforts que dans les cas où ils sont vraiment nécessaires ; pour la vie ordinaire, elles sont appropriées à notre nature et mesurées à nos forces ; sans s'attacher servilement à aucun maître, on empruntera autant à la philosophie d'Horace qu'à celle de Sénèque.
Le corps ecclésiastique, dont le devoir était de don. ner le bon exemple, y manquait trop souvent. Il y avait un contraste choquant entre la manière dont se conduisait un grand nombre de ses membres et la vie qu'il était chargé de prescrire aux autres. Comment ne pas croire irréalisables les préceptes que les maîtres eux-mêmes n'observaient pas?
Ainsi Ton était amené, d'une part, à douter que la religion eût et eut seule le droit auquel elle avait pré-