VIII INTRODUCTION
meut encore qu'un prince et ses sujets eussent des croyances dilTérimtcs ; comment accorder le premier, qui voulait qu*on partageât les siennes, avec les seconds, qui demandaient qu'on respectât les leurs ?
Les dissensions religieuses, avec leurs graves conséquences, venaient surprendre la France dans un . tempsoù ('.lie poursuivait lentement sa transformation -
politique. L*èrc de la féodalité était close ; l'ère de la t
monarchie absolue, gouvernant au moyen d'une ad — ministration savamment organisée, n'était pas encore^ ouverte. Reprenant l'œuvre de Louis XI, qui, à vrailS dire, s'était continuée d'elle-même sous ses deux suc — cesseurs immédiats, François I" et Henri II ne purent — l'achever complètement. La transition n'était ps^s ter^ minée quand les troubles commencèrent, et la France ne 80 sentit plus gouvernée. La fonction propre du gouvernement est d'exercer une certaine contrainte sur la volonté individuelle au nom de l'intérêt général; dans des conditions très différentes, la fonction avait été remplie au Moyen-Age, elle devait l'être sous Louis XIV. Cette action salutaire, qui faisait scMitir à l'individu un pouvoir toujours présent autour de lui, au-dessus de lui, la féodalité Tavait longtemps exercée, d'une manière, il est vrai, singulièrenient incomplète et irrégulière ; la royauté, après l'avoir partagée, finit par la réclamer tout entière ; mais dans la seconde moitié du seizième siècle, elle parut incapable de remplir la tâche qu'elle avait assumée. Grand embarras et grand péril pour la société ! Des institua