INTRODUCTION. IX
lions féodales il ne restait plus que des moyens d'org&niser la guerre civile. On attendait tout de Faulorite royale ; elle pronrettail et elle exigeait beaucoup ; mais elle n*avait pas encore les organes qui lui eussetit été nécessaires pour tenir ses promesses et faire respecter ses prétentions ; la volonté manqua encore plus aux rois que les moyens à la royauté. Ainsi Tautorité politique s'affaiblit en même temps que Taulorité religieuse ; les hommes purent se croire soustraits à la règle extérieure comme à la règle intérieure. L'époque dont nous nous occupons est une de celles où se manifesta le plus la disposition de l'individu à secouer le joug de la société, non pas, en général, pour la détruire ou se mettre en dehors, mais pour s'en approprier exclusivement les avantages, en répudiant les charges qui y correspondaient.
Avec Tautorité politique, la direction manquait à l'État, la protection aux particuliers. Les malheurs furent sans nombre ; ils paraissaient devoir être sans terme. La plainte est unanime^ chez les poètes comme chez les historien^; et chez les orateurs, dans la bouche des hommes d'État comme dans celle des simples particuliers ; il n'est personne qui ne maudisse le temps présent.
On ne regrette pas seulement de vivre dans un siè-
cie malheureux ; on se plaint aussi, on s'indigne de
vivre dans un siècle corrompu, où tous les genres de
corruption abondent. L'immoralité est signalée avec
véhémence ou tristesse après la mort d'Henri H, et
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avaient pas moins leur réalité, furent de nouveau intelligibles pour les esprits ; on retrouva le moi patrie. La royauté profita de ces modifications, de l'extension que prenaient dos idées plus larges ; ces idées avaient encore besoin d'une personnification ; elles la trouvèrent dans le Roi. Tous les scniimens se concentrèrent sur le Roi, comme tous les pouvoirs se réunissaient dans sa main.
Ainsi disposée, la nation fut entraînée par son cœur comme par son intérêt à souhaiter, non-seulement que le Roi reprît son pouvoir, mais encore qu'il le reprît sans restrictions. L'anarchie fait croire aux peuples que le pouvoir absolu peut seul les sauver et qu'il est toujours bienfaisant.
Cette monarchie, redevenue plus puissante que jamais, trop puissante même, ne transforma sans doute ni la nature humaine ni le caractère français. On retrouve au dix-septième siècle les sentimens moraux dont nous avons à constater Texistence et à suivre le développement au seizième. Mais l'ordre rétabli rendit au pays le double service de contenir ce qu'il y avait de mauvais dans ces sentimens, de discipliner, de diriger, d'employer ce qu'il y avait d'excellent, ei de faire concourir au bien et à la gloire de la France la richesse des intelligences et la vigueur des âmes.
AU XVl" SIÈCLE