‹ Les sept chateaux du roi de Bohème: Les quatre talismans (volume 2)Chapitre 17 sur 33 · SES SEPT CHATEAUX · texte numérisé non relu

SES SEPT CHATEAUX

Oui 1 quand je n'aurais pour monture que l'ôiie sophiste et pédant qui ai^umenta contre Balaam!...

Quand je serais réduit k enfourcher la rosse chatouilleuse qui fit un autre Absolon di: F. Jean des Entommeures — ou la mule rétive dont rnpiniât(eté infernale compromit un jour le salut de l'abbesse des Andouillettes et de la douce Mai^crite!...

Quand il me serait prescrit par une Joi de l'État — ou ]xiT un canon de l'Église -^ de m jamais courir une po8t« que sur la haqucnéc fantastique de Lénôre — ou

sur le cheval pâle de TÂpocalypse qui portait uu cavalier nommé la mort!... Hélas! celui-là piaffe à ma porte...

Mais qui diable pourra me .dire ce que c'est qu'un cheval pâle?

Quand je devrais emprunter (pour y aller), Tessor

aventureux de l'hippogriffe, me suspendre comme

Montgolfier à une vessie de «toile gommée, chassée par

le vent , ou me jucher comme Sindbad le marin sur les

^épaules d'un afrite maudit... J'irai !

Funeste ambition, où prétends-tu me conduire? est-ce à Corinthe?... — Non, Théodore, c'est en Bohême.

J'ouvrirai les dyptiques , j'épellerai les diplômes, je collationnerai les chartes — je saurai dans quel temps vivait ce roi de Bohême, et je marquerai la place de ses sept châteaux avec une précision digne de Pausanias, d'Antonin , de Rutilius — de manière à faire mourir de dépit l'exact, ponctuel et soigneux Dodwell, s'il n'était mort en i7H, ce bon Henri Dodwell, quelques jours avant Pâques fleuries.

D'ailleurs , du temps de Dodwell , on s'occupait si peu du roi de Bohême et de ses sept châteaux!

Et voilà pourquoi les sociétés marchent lentement. Chaque siècle a ses besoins.

Le besoin le plus pressant de notre époque pour un homme raisonnable qui apprécie le monde et la vie à leur valeur, c'est de savoir la fin de l'histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux.

Moi, je n'ai besoin que d'un cheval : soit nécessité.

soit caprice, je n'irai pas en Bohême sans cheval. Une ^treprise' comme celle-ci vaut bien les frais d*un cheval, et cependant j'ai vu passer vingt souscriptions sans qu'il fût question d'un cheval pour aller en Bohème ! Un cheval ! un cheval!

 hor§e ! a horêe ! my kmgdom for a horse /

Rétractation

Que ferais-je au reste d'un cheval ? je n'en donnerais pas la coquille univalve — je ne sais si c'est un cône ou un fusçau, une olive ou un sabot, une hélice ou un buccin — je crois que c'est une porcelaine — non , — je ne donnerais pas un fragment de cette petite monnaie du sauvage que la mer roule sur tes plages , pauvre et heureux insulaire , pour le cheval d'Alexandre qui avait la tête du bœuf, et pour celui de César qui avait le pied du bélier.

Ne puis-je voyager sans cheval dans tous les espaces que Dieu a ouverts à l'imagination de l'homme? N'ai-je pas à mon service la voiture commode et obéissante dont il me fit présent , pour toute part de mon céleste héritage, et que j'ai préférée quelquefois aux chars de Pharaon?

Je ne vous dirai pas précisément comment votre carrossier l'appellerait. Ce n'est pas la désobUgeantc

solilaire de M. Dessein ; ce n'cslpas le iHbiirg présomptueuK du petit mattre. Ce n'est ni la uitiale rapide de l'Italien qui fuit sur deux roues brûlantes, ni le trafneau fumant du Lapon qui glisse en sifflant sur la neige , et disparaît au milieu d'un nuage de poussière glacée.

C'est une voiture à moi , oii je dors paisiblement tm les «luati'e coins, quelquefois seul , souvent accompagné , et qu« je dirige à mon gré vers tous les points de l'univers.

Il me suffit (le faii'e claquer le pouce contre le maUui, ou de frapper trois fois la langue contre le palais , pour la mener de Dellii à Tobolsk , ou pour la renvoyer des Orcailes à Ghandeniagor — et si j'ai mâché quelques feuilles de ce grand cotinolvulus qui donne le bélel ; SI le suc du pavot , transformé en pastilles solides et parfumées , réveille dans mes esprits la riante famille des songes; si j'ai aspiré dans un long verre le gaz spiritueux et spirituel qui émane des tonnes d'Éper-

nay, ou si j'ai tiré à fréquentes reprises de ma jolie tabatière de Lumloch cette poudre enivrante et poétique dont un mince diplomate du seizième siècle a doté la France... oh! combien je vous laisse loin de moi, timide Vesta, grave et modeste Pallas ! que j'ai franchi de fois Jupiter , l'orbe où it)ulent tes satellites ! que j'ai de fois rompu ton anneau pâlissant, sombre et silencieux Saturne ! je me souviens d'avoir touché k une barrière où on lisait en lettres d'une forme et d'une couleur inconnues sur la terre :

A^SI^^^ ^"^''8fc%r%^%

Dieu ! qu'il y faisait froid!

Ce qu'il y a de commode dans ma voiture, c'est qu^elle est toujours prête. Madame, voulez -vous monter? Il n'y a pas un moyeu à graisser, pas une clavette à serrer. Il ne manque pas un boulon. Ne craignez pas les accidents' du chemin. Si l'équipage de Cervantes ou de Rabelais , si celui du bénéficiaire de Sutton ou du doyen de Saint-Patrick a passé par ici — j'ai. suivi l'ornière avec tant de soin — ou je m'en suis écarté avec tant d'adresse ! Les fossés sont en vérité profonds comme l'espace. Ils donneraient le vertige à un aigle ! Mais la voie est large comme le canai^ de la Manche, multiplié par toutes les gouttes 4i*eau de l'Océan. Je verse quelquefois, mais seulement quand je le veux — ou quand vous le voulez

— et c'est sur un sable si dous, sur un gazon si souple , si élastique et si Irais , que vous n'y regretteriez, je le jure, ni l'édredon moelleux de votre lit de repos, ni la bourre de soie qui entle vos canapés. Hier encore, Fanuy, les yeu\ fixés sur celte pétrie

■mouche fauve qui domine ton sourcil noir, car il y a trop de danger pour moi à regarder plus bas...

— l'as plus tard (jue ce matin , Victorine , les doigts liés aux boucles d'or de tes cheveux tlotlants... — Dis-moi, traîtresse, qui t'a ainsi décoiffée?

Victorine ! ô Fanny , que de chemin vous avez fait avec moi sans le savoir !

Mais il s'agit aujourd'hui de choses plus sérieoses. Pour la première fois de ma vie, je me suis avisé d'avoir une volonté fixe, un but déterminé. Je pars, je suis parti.

^ Où allez-vous donc, Théodore?

— En Bohême, vous dis-je! Fouette, cocher!

Cotif^ntton

Seulement je n*irai pas sans eux. J*ai de si bonnes niisons pour cela !

L'un , c'est don Pic de Fanferluchio !

L'autre, c'est mon fidèle Breloque.

Le premier m'entretien en secret de ces ^études de peu de valeur avec lesquelles on oublie doucement de vivre. Il fut le plus assidu des amis de ma jeunesse. Â vingt-cinq ans, je n'avais jamais recherché d'autre conversation que la sienne, et quelle conversation !

L*bonmrie le plus long , le plus mince , le plus étroit, le plus géométriquement abstrait dans toutes ses dimensions — le plus frotté de grec, de latin, d'éty-, mologies, d'onomatopées — de thèses, de diathèses, d'hypothèses, de métathèses — de tropes, de syncopes et d'apocopes — la tète qui contient le plus

de mots contre une idée, de sophismes contre raisonnement , de jiaradoxes contre une opinio — de noms, de prénoms, de surnoms — de titi oubliés et de dates inutiles — de niaiseries biolo^ ques, de balivernes bibliologiques , de billevesées pi lologiques — la table vivante des matières du Miik f/a/e d'Adelung et de VOnomasiicon deSaxius!...

Le second, créature bizari*e et capricieuse — jeu si gulier de la Providence qui s'amuse , après avoir moi un génie sous la forme d'Achille ou d'Apollon , à bfl avec les rognures échappées à son ciseau sublime monstre difforme et grotesque — mélange fortuit d léments que l'on croirait incompatibles — accidc passager mais unique dans les modes innombrables l'être — ébauche ridicule de l'honune qui ne sera j mais achevée — être sans nom, sans but, sans destint qu'on voit toujours riant, toujours chantant, toujoi moquant , toujours gabant , toujours gambadant , to jours disposé à rien faire ou à faire des riens. —

Hélas! moucher Victor, je n'ai. pas ta plume d'or

ton encre aux mille couleurs ; je n'ai pas , mon cher Tony, la palette plus riche que Tarc-en-ciel où tu charges tes pinceaux — et j'essaierais de peindre un nain !

Quand j'eus gagné à la loterie cette principauté d'Allemagne que j'ai perdue ce matin à mon réveil — la peste soit du frotteur ! — je donnai à don Pic de Fanferludiio les sceaux de la chancellerie et les clés de la bibliothèque.

Breloque eut la trésorerie et les petits appartements.

vous que la fortune a exposés dans un rang élevé aux regards jaloux de la multitude , et qui n'avez pas lu sans fruit la vie d'Alcibiade, vous pouvez vous adresser à Breloque en toute sûreté. Il coupera la queue de vos chiens.

Non... jamais on n'a éprouvé au même degré que moi... — T

Non, Cléobis et Biton qui moururent de fatigue en traînant le char triomphal de leur mère... Non, le sire Contran de Léry qui expira en déposant sa fiancée au sommet de la Côte des deux amants.,. Non, Euthyme de Locres à qui il n'arriva rien de moins, pour avoir transporté un rocher énorme, destiné à clore les murailles de sa cité — Que dis-je! ce géant qui soutint le monde — Anthée, Epiméthée, Prométhée, ou Atlas» — je serais bien fâché de me tromper sur son nom, mais je n'ai pas même ici un almanach —

Non , personne n'a senti ce que pèse cette vertu compacte et immense, cette idéalité des perfections absolues , cette prototypie de toutes les facultés innées et

acquises, morales et rationnelles, cette perfection de l'âme et de Fintelligence humaine presque divinisées, dont la supériorité accablante exerce une censure involontaire, mais hostile et perpétuelle, sur la société entière —

 moi. Breloque, m'écriai-*je , sauve-moi de mon innocence! Dépouille, s'il le faut, mon chaste front de cette couronne de pureté timide que les femmes n^ décernèrent autrefois. — Délivre-moi de cette infoillibilité de mœurs, de cette austérité inflexible, qui finiraient par m'attirer la haine de tout le genre humain. — Danse , Breloque , danse encore. — Donne-moi des défauts qui ne soient pas des vices, des goûts qui ne soient pas des excès, des manies qui ne soient pas des passions. — Danse , Breloque, danse toujours ; et si tes grelots bruissent jamais dans le formidable concert des trompettes du jugement, ne crains pas qu'ils m'avertissent d'un remords !

Breloque fit le saut périlleux.

Pauvre Breloque! sans toi que serais-je devenu!

Qu'aurais-je été sans eux, je le demande? La statue informe du Titan, la poupée de l'idéologue , le monstre antropomorphe de Godwin ?

Quand l'archange qui coule la figure d'un liomme dans les fourneaux de la nature, se fut aperçu de la méprise qui lui avait fait confondre des éléments si divers — don Pic, Breloque et Théodore — son premier mouvement fut de rompre l'image , et d'en jeter les fragments à travers Tespace. —

O povcro mil Que de siècles n'aurait-il pas fallu

pour remettre mes molécules constitutives en harmonie, pour raccrocher mes atomes, pour idiosyncraser mes monades, pour rétablir Tadhérence intime et parfiûte de tant de surfaces antipathiques entre le myrmidon Breloque et le patagon filiforme don Pic de Fanferluchio ?

Heureusement Tange praticien y regarda deux fois, trois fois, y revint encore, s'accoutuma d'abord à tolérer, puis à aimer son modèle. Il alla même jusqu'à lui confier une émanation de ce soufQe de bonté dont les anges sont avares, et imprimant fortement le pouce à l'extrémité du nez de son mannequin ei^cpre inanimé, pour parvenir à le reconnaître un jour à ce méplat original : — Va, lui dit-il, sois Théodore, — Et mon père pleura de joie sur un berceau.

IDémondtration

i cependant, par hasard, cette fiction ne vous convenait pas... car je ne vois aucune difficulté à déclarer que c'est une fiction...

Si vous êtes du nombre de ces esprits positifs qui ne se contente que de vérités absolues, et qui ne rece^

104 flISTOIEE

Yraieut pis une idée frappée au coin de Montaigne et de Platon sans lui faire subir Tépreuve du trébuchet...

Si vous &ites plus de cas d'une bonne addition que d'une similitude et même que d'une comparaison...

Eh, mon Dieu! vous n'avez qu'à parler!

Il faut seulement s'entendre sur un point de départ, c'est-èMiire sur le calcul de Dioctès de .Smyme qui représente l'esprit de l'homme par le nombre Jlft//e.

Ci, valeur reçue en compte 1000.

Passons à l'analyse :

Soit Théodore, ou mon imagination .... 0.

Soit don Pic de Fanferluchio, ou ma mémoire i.

Soit Breloque, ou mon jugement 999.

Je n'ai pas besoin de faire la synthèse devant vous ; mais vous pouvez la vérifier facilement avec votre professeur de mathématiques, avec votre intendant, ou avec votre blanchisseuse, — Je pose hardiment le total 1000.

Ce qui signifie identiquement : l'auteur de V Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux ; car l'esprit est tout l'honmie, et c'est de ces trois facultés, l'imagination, la mémoire et le jugement, que se conipose (à moins qu'on n'y ait changé quelque chose) la mystérieuse trinité de notre intelligence, dans des proportions assez irrégulières, comme vous le voyez, et qui peuvent souffrir des modifications si multiples que la rencontre des deux ménechmes intellectuels sera probablement l'événement le plus inattendu de l'autre

monde, et celui qui ajoutera le plus au charme piquant de notre future Palingénésie.

Quelle incroyable variété de physionomies! quelle inépuisable source d'harmonies et de contrastes ! que d'ftmes qui seront étonnées dé n*avoir pas volé Tune à l'autre ! que d'affections qui se révolteront contre le joug que leur a fait subir une trompeuse sympathie ! que d'admirations détrompées! que de modesties rassurées trop tard! que de grands hommes j'ai vus, et, il m'en coûte de l'avouer, qui arriveront là, négativement timbrés de trois zéros^ à la barbe de Dioclèsi

Breloque ne s'est pas réservé d'autre plaisir pour les trente premières myriades de siècles de l'éternité.

€)biectton

— Eh, monsieur, je vois ce que c'est! encore un nauvais pastiche des innombrables pastiches de Sterne 5t de Rabelais... —

Mauvais, cela vous plaît à dire... et puis, que diable TOUS faut-il si vous ne voulez pas des pastiches?

Oserais -je vous demander quel livre n'est pas pastiche, quelle idée peut s'enorgueillir aujourd'hui l'éclire première et typique?...

(Dalgarno réduisait toutes les idées primitives à six,

i06 HISTOIRE

et dou Pic de Fanferluchic^ prétend qu*il y avait du luxe.)

Oserais-je yous demander, dis-je, quel auteur est procédé de luiHfnâme comme Dieu^ si ce n'est Fauteur inconnu qui s'avisa le lendemain de l'invention des lettres...

C'était peut-être Enoch ; mais son livre ne s'est pas retrouvé —

C'était peutrôtre Abraham; mais le Jezirah est apocryphe^ et le Saint-Esprit le balaya, comme les taxa. évangiles, de la table du concile de Nicée ~r

C'était peut-être Mercure, autrement Hermès ou Trismégiste ; mais il n'est pas plus question de cette particularité dans ApoUodore que dans le père Gaur truche. Qui s'avisa de tracer pour la première fois... sur le sable — Ou sur un rocher — Ou sur une brique —

Ou sur une tabella d'ivoire enduite de cire vierge —

Ou sur toute autre surface naturelle ou plastique, mais pénétrable et tenace —

Ou sur une feuille de papyrus —

Ou sur la membrane du placenta d'un quadrupède —

Ou sur de la bouillie de chanvre ou de lin, de coton ou de soie, de paille ou d'ortie, étendue, aplatie et desséchée — Avec un roseau éguisé —

Ou un burin pointu —

Ou un crayon de métal friable —

Ou un fragment de pierre colorée —

Ou une plume d'oie —

De tracer (j'en étais là) quelques lignes vertkales ou horizontales — de bas en haut ou de haut en bas

pu ROI DK BOHÊMR. 107

— de droite à gauche ou bien de gauche à droite —

ou même de gauche à droite et de droite à gauche alternativement, comme cela se pratiquait dans le Boustrophedon —

Et de s'écrier dans une langue qui est morte avant le déluge : Exegi monumentuw !

Celui-là (écrivain original, je te salue!) n'écrivit cependant, selon toute apparence, que ce qu'on avait dit avant lui ; et, chose merveilleuse ! le premier livre écrit ne fut lui-même qu'un pastiche de la tradition, qu'un plagiat de la parole !

Une idée nouvelle, grand Dieu ! il n'en restait pas une dans la circulation du temps de Salomon — et Salomon n'a &it que le dire d'après Job.

Et vous voulez que moi, plagiaire des pli^aires de Sterne —

Qui fut plagiaire de Swift —

Qui fut plagiaire de Wilkins —

Qui fut plagiaire de Cyrano —

Qui fut plagiaire de Reboul —

Qui fut plagiaire de Guillaume des Autels —

Qui fut plagiaire de Robelais —

Qui fut plagiaire de Morus —

Qui fut plagiaire d'Érasme —

Qui fut plagiaire de Lucien — ou de Lucius de Fatras — ou d'Apulée — car on ne sait lequel des trois a été volé par les deux autres, et je ne me suis jamais soucié de le savoir...

Vous voudriez, je le répète, que j'inventasse la forme et le fbnd d'un livre ! le ciel me soit en aidé !

i08 HI^TOIBB.

Condillac <lit quulque part qv'il serait plus me de créer un mondo que de créer une idée.

Et c'est aussi l'opinion de Polydore Virgile et de Bniscambille.

Déclaration.

u reste, on conviendra que je n'ai pas affiché du moins la prétention insensée d'être neuf dans le métier le plus fâsttdieusement usé qu'on puisse exercer au monde , celui, dirait Rabelais , de sophisttqueur de pensées et de grabeleur de mots.

Vous cliercheriez inutilement pendant cent ans un titre qui révtriàlpius naïvtïniont le plagiat que ces lignes ingénues :

Igistoirr

ïin Aoi ttt 6oI]Jmr

lie srs srpt rl)âlraur.

A peine ont-elles frappé vos y^ux que trois ou quatre

DU ROI DE BOHÊME. »i09

Mées subites jaillissent tout armées d'autant de cases de votre mémoire, comme Minerve de la tête de Jupiter, chargées d'insignes, de blasons, de plans, de devis; Ceintes de remparts, de glacis et de contrescarpes ; hérissées d'ouvrages à cornes et de bastions —

Ah! ah! dites-vous, j'ai vu cela quelque part, dans Olaùs Magnus, dansRudbeck, dans Sterne peut-être...

Une dernière case s'ouvre, celle de 1« réflexion, et il en sort une idée plus intelligente, plus nette, plus lucide, qui vous dit d'un ton sardonique en haussant légè^ rement les épaules (o divine Entoléchie, les épaules d'une idée!...)...

flf Mais c'est cela , c'est absolument cela ! c'est dans Sterne ! ce n'est qu'un pastiche. » Et puis elle rentre avec dédain... Merci, madame !

Et pourquoi pas un pastiche?...

Il m'était si aisé de dissimuler cet emprunt d'une imagination épuisée, en disant, par exemple :

HI8T0XAS DU ROI m H0H6RXX

Page 1