DD FANTASTIQUE EN LITTÉRATURE. XXXI
qui, dans le drame, dans l'élégie, dans le roman, dans la peinture, dans tous les jeux de l'esprit, comme dans toutes les passions de l'âme. Et alors ce fut un cri d aigre et ignorante colère contre l'invasion inopinée qui menaçoit les belles formes du classique; et on ne comprit pas qu'il y avoit encore une forme plus large, plus universelle, plus irréparable, qui alloit finir; que cette forme, c'étoit celle d'une civilisation usée, dont le classique n'est que l'expression partielle, momentanée, indifférente, et qu'il n'etoit pas étonnant que le lien puéril des sottes unités de la rhétorique se relâchât, quand l'immense unité du monde social se rompoit de toutes parts.
Parmi les hommes d'élection qu'un instinct profond du génie a jetés, dans ces derniers temps, à la tête des littératures, il n'en est point qui n'ait senti l'avertissement de cette muse d'une société qui tombe, et qui n'ait obéi à ses inspirations, comme à la voix imposante d'un mourant dont la fosse est déjà ouverte. L'école romanesque de Lewis, l'école romantique des lackistes, et, par-dessus tout, ces grands maîtres de la parole, Byron, et Walter Scott, et Lamartine, et Hugo, s'y sont précipités à la recherche de la vie idéale, comme si un organe particulier de divination, que la nature a donné au poëte, leur avoit fait pressentir que le souffle de la vie positive étoit près de s'éteindre dans l'organisation caduque des peuples. Je n'ai pas nommé parmi eux M. de Chateaubriand, qui est resté, par conscience et par choix, au terme de l'ancien monde, comme la pyramide dans les sables de l'Egypte, comme l'arche du déluge sur le sommet de l'Àrarat, comme les colonnes d'Hercule sur le rivage des mers inconnues. Walter Scott, en-