‹ Les sept cordes de la lyreChapitre 31 sur 47 · LB DIEU INCONNU · texte numérisé non relu

LB DIEU INCONNU

Dieux et déesses, vous êtes-vous assez enivrés en silence de la fumée de mes sacrifices! ma plainte a-t-elle assez longtemps monté vers vous i N*est-il pas bien temps que quelque divinité m'assiste et me console! Qu'elle vienne du nord ou de Torient, ou des provinces de l'AMque, où l'on dit que les dieux sont noirs , ou de chez les Hébreux, qui n'ont qu'un seul dieu, toujours le même, à ce qu'on m'a raconté, pourvu que Je sols exaucée, je lui offrirai les holocaustes les plus beaux, et je n'épargnerai à ses prftres ni les honneurs ni les dons. Parlerdonc, 6 vieillard* et demande à tes oracles si le Dieu des Galiléens peut reporter en puissance ou en bonté sur les nôtres, car ils sont devenus sourds !

<— Femme, répondit Pamphile, nous ne recevons pas de présents, et nous ne rendons pas d'oracles.

<— Gomment donc servez-vous votre Dieu, reprit Léa, et à quoi vous sert-H ?

— « Il nous a enseigné sa parole, mais il n'habite pas le flanc des vaines idoles. II n'a pas besoin d'offrandes terrestres; celle qu'il demande, c'est l'amoar et ie culte des cœurs fidèles. Et^ quant à ses prêtres, eux et tous ceux qui adorent le Christ ont fait vœu de pauvreté et d'humilité.

— Vous ne lui demandez donc jamais rien, et il n'a donc rien à vous accorder? Peut-être est-il comme le Destin, qui commande à tous*les dieux, mais qui ne peut rien changer à ce qu'il a une fois décidé» quelque prière qu'on lui adresse?

— Notre Dieu nous écoute et nous exauce, et, pour parler votre langage^ afin de me faire comprendre, je vous dirai que le Destin lui obéit comme l'esclave à son maître. C'est sa volonté qui régit l'univers,

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et aucun dieu n'existe devant lui. Apprenez sa parole, étudiez sa loi, et vous saurez qu'il y a dans'sa misérioorde des trésors plus grands que dans toutes les vanités de la terre.

— Faut-il donc, reprit la femme, que j'étudie vos mjrstères pour pouvoir faire une demande à votre Dieu, et ne me Taccordera-t-il pas tant que je n'y serai point initiée? Alors, adieu, car mon train de vie ne me laisse pas le temps d'entendre vos prédications; et, d'ailleurs, je serais persécutée à mon tour. Je pensais qu'en venant faire une offrande ici, j'obtiendrais une réponse quelconque^ et m'en retournerais peut-être avec un peu d'espoir; mais^ puisqu'il est défendu aux prêtres de votre loi de recevoir les prières des païens, je m'en vais implorer encore Vénus pour qu'elle me rende la volupté, ou Vesta pour qu'elle m'enseigne la continence.

— Arrête, lui dit Pamphile avec douceur^ il m'est défendu de présenter à mon Dieu des demandes folles ou coupables; il m'a semblé que tu te plaignais du ravage des ans et de la fuite des amours profanes. La parole du Christ nous enseigne que la beauté de l'âme et l'amour pur sont sa seule beauté, le seul amour agréable au Seigneur. Mais, si j'ai bien compris tout ce que tu as dit, je vois que tu souffVes du mal qui tourmente ta nation^ c'est-à-dire le dé- (;oût^ l'ennui de mal flaire; tu implores à la fois les divinités fabuleuses qui, selon vous, président aux dons les plus contraire^, la pudicité, la luxure, la M^ience, la fierté, l'égarement, la sagesse. Ce que tu veux, tu ne le sais pas; ce qui pourrait te guérir, tu l'ignores, et, je te le dis, tu ne me comprendras pas, car les instants sont comptés, tu ne veux passer ici

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