GENE DE SAVOYE
LE MARÉCHIL DUC
(L.S.) DE BOIJFFLERS.
402 sniÈME siioE.
Articles proposés par les Estais de la ville de Lillm ,
et Chdtelenie dudit Lille.
Accordé moyen- ]. Q^ la religion cathoUque , aposloL'que et l^y^aim'un^r- moinc Sera conservée en son entier dans lesdites tiUc , niiondedifferenie châtelenie et enclavement , et que les ecclésîaatiquet /!^m^"<^"]w seront maintenus dans toutes les églises où se fait au-> propret pour y jourd'tiuy Texerdce de ladite religion , sans qu* aucune
faire les exercicei . • a» x i i' *
de religion. &utre puisse y être exercée pubuquement.
Accordé sur le 2. Que le Concflo de Trente receu dans lesdites
A^lra"/ rJ!!Je ^^"^ ^' châlellenie sous les UmitaUons et restriction 1667. des princes souverains du pais , et de leurs conseils p
y sera observé conmie il Fa esté jusqu'à présent.
Accordé Mur le 3. Qu'sprés la mort des benneficiers et possesseun 'étfa^ni TcGT* ^^* abbaïes , prieurés , prevoslés , cloistres , hôpitaux ,
bénéfices des chapitres et fondations pieuses deadiles ville et châtelenie , il y sera pourvu en la même forme et manière qu il a esté usité de toute ancienneté sous la domination du Boy Catholique Charles II , et qu*aujLdits bénéfices ne seront nommez que des siyela natîb et naturels du pais.
Accorde pourrcu ^- Q^^ '^^ rcHgieux cstans es couvents desdites ville
que par leur con- et chàtelcuie , soit qu il soicut naturels ou non du pais,
t^JLtMljctVugoV" novices ou profés y demeureront librement et sous
rernement d'en leuTS mêmes Supérieurs , sans pouvoir être envoiem
agir autrement, ... n « i t*. • • •-
ailleurs que par 1 ordre desdits supeneurs , ni obugem
année
sixiÈMB snîGC. 403
à autre serment que les habitans et particuliers , et qu*ils ne seront tenus de reccroir' d^aùtrd» supMeurs et reKgîeux que ceuk de la prorinoeelcis en la forme et manière accoutumée, et qu'il ii*y sera admise aucune autre communauté religieuse que celles qui y sont piesentement.
Mur le 5. Que lesdites njlle et châtellenie seront régis , gou^- '^^^ ^ veméeset administrées par les Estats représentés par lea quatre seigneurs hauts justiciers de la châtelenie , où leurs baillifs , et par les magistrats des Villea de Lille, Doûay et Orchies , et présentement par les magistrats de Lilleet lesdits baillifs , tant que lesdiis quatre membres seront séparés , lé tout en là mékaè forme et manière qu'ils Tont esté jusqu'à présent , avec Tobserrai tion de leurs droits , usages , privilèges ainoièns , et ceux qui pouroient avoir e^té accorder aux àuir^ villes du Fais Bas par Sa Majesté Catholique, prérogatives, jurisdictioil , justice et admibishtition ordidaires-, et que les aides , subsides etiautres subventions du Prince se requererdnt par convocation et consentement dés*^ dits Estais en la forme et manière accoutumée. ' ^ ^
i€ cy- 6. Que lès moiéns p6àr fournit^ àuiBdifeS démaiides et autres charges se ipjratiqueronl en la fénÉiè aeééîâ^ tumée et à proportion des cotres et contingent ordi^ naires.
ié sur 7. Que lesdits Estats , leurs députés , ville et cliâte-
f ^^^f* lenie auront la judicatare de leurs impAls , Ibvées , et
impositions , et coBlinueront de èaniMi|hre «t jMger lé)»
404 SIXtÈMB snsGE.
cas et causes en dépendant , avec leurs conseillers pen« sionnaires et autres officiers , aux mêmes droits , gages, èmolumens , privilèges » libertés et exemptions dont ils jouissent présentement.
Comme h far- 8. Que l'assemblée desdits députez en commun , ou ticle precedeni. j^ chaque membre en particulier et des officiers , se
continuera avec le même nombre de personnes iju*à présent , sans aucune atigmentation hy diminution , pourveu qu'ils Soient naturels ou habitans de la province depuis vingt ans.
Ili seroni etm* 9 Que lesdits Estats , ville , chàtèlenie et enclave- S^i ^'^^twmL ™^^® jouiront paisiblement de tous privilèges , coûtu- €t vieilles manees mes , usagcs, immunités, droits y libertés , franchises , 9ur le pied unté^ jurisdiction , justicc , police et administration à eus 1667. accordez par les souverains du pais.
Comme ey 10. Que la Confiscation n'y aura point lieu pour ('^«'« quelque crime que ce loit , non pas même pour eeluy
de lexe Majesté divine et humaine suivant les privilèges et coutumes du pais.
Comme cfà 11. Que les habitans desdites ville et chfttclenie ne deunt. pourront être distraits de leur jurisdiction ordinaire ,
sous quelque cause et prétexte que ce soit ^ naûs qu^ils devront être assignés en première instance parde? ant leurs juges naturels et domiciliaires.
Commt ctf 12. Que les ecclésiaistiques et nobles ne ponront <^'"»- être imposes que de leur consentement , et qu*îb seroni
smims shîge. 405
conservés dans tous les honneurs , droits , titres « privilèges , franchises et exemptions dont ils ont jouy tant à la ville qu à la campagne.
Mê cy- 13. Que les habitans seront affranchis du droit de franc fief et nouvel acquêt , enfin qu'ils seront maintenus et conservez dans tous leurs droits, privilèges et exemptions , quoy qu*il n^en soit pas fait une plus ample i^pècification.
iccordé. 14. Que dans lesdites ville et châtelenie ne seront establis autres sièges de justice , que ceux y estant d'ancienneté.
m remet 1 5. Quc les quatre seigneurs hauts justiciers de la ^/ ^^f châtelenie seront maintenus dans leurs droits . hauteurs et prééminence , et leursbaillifsen leurs estats et offices , droits , survivances , privilèges , exemptions , profits et émolumens , et qu* après leur mort il ne sera nommé ausdits offices que des sujets natiis de la province , ou qui y seront habitués ou establis depuis vingt ans.
tminem 16. Que les offices des conseillers pensiomiaires ; a nature procurcurs sindics desdites ville et chàtelleàie , déposi-
f€9 dont tv% • • •
taires , greffiers , argentiers , leurs receveurs, ceux des assennes , contràleurs , substituts des procureurs sindics , huissiers , et tous autres offices de justice , de police et finances y ou y ayant raport , qui ont esté cydevant dependans et à la nomination desdites ville et châ« telenie y et qui depuis ont esté rachetés et réunis à leurs corps y et dont ib ont disposé ou qui ont esté acqim
406 sminE snteB.
par les particuliers en propriété et hérédité , el qui en sont pourvus en vertu d^arréts , provisions et quitanoet de finances , seront conservez , et lesdits corps de ville , chàtelenie et particuliers qui en jouissent présentement ausdits titres y y seront maintenus comme Tont calé par Sa Majesté Tres-Ghrétienne , les offices engagés par Sa Majesté Catholique.
Comme ey 17. Que les offices des sièges des gouvernance el ^*^^*^' bailliage acquis à titre de propriété de Sa Majesté Tret-
Chrétienne , aux gages et augmentation de gages affectés sur le domaine y seront conservex avec pareille affectation sur le domaine du pais , au même titre de propriété , de même que ceux des baillifs de Lille , de Phalempin , prevos'ts , leurs lieutenans , dépositaires , receveurs des épices , contrôleurs , ceux des dépens et autres , tabellions , procureurs , huissiers , messagers , sergens , collecteurs et tous autres offices acquis hère* ditairement , lors que le pa!s étoit sous la dominalion et souveraineté de Sa Majesté Tres-Chrétienne.
Accordé. 18. Que les rachats des cens , rentes et autres red^ Tances domanialles , faits par les communautés et particuliers » aussi bien que Tallienation des petits domaines, seront conservez à ceux qui en ont fait l'acquisition , aussi bien que les in&odations et engsgemens faits en faveur desdits engagistes , lesqueb ront maintenus dans leur jouissance jusqu'au boursement des sommes principalles , augmentation de finance et leaux cotists , pour lesquels ils oot esté laits.
SIXIÈME SliOR. 407
déjutqu*h j9^ Que leg sentences et jugemens des magistrats , -ouvera h baiUifs , gouvemance, bailliage et autres jurisdictiona dCétabUr ju pi^jg çjj matière civille , seront mises à exécution proYisionnellement ^ et comme jugemens en dernier ressort pour le criminel , jusques à ce qu'il ait plA au souverain d'establir une cour supérieure et souveraine dans ledit pais , ou les appellations desdites sentences puissent estre portées.
Accordé. 20. Que les traités de paix faits entre leurs Majestés Tres-Chrétienne et Catholique et leurs alliez , pour les articles concernans les particuliers , seront exécutez selon leur forme et teneur.
^rdé pour 21 . Que les édits , déclarations , lettres patentes et 4r la vote ^^ arréts du conseil de Sa Majesté Tres-Chrétienne en ««. . faveur du pais , ou portant reglemait de justice , et les arréts du parlement de Tournay rendus jusqu'à ce jour pour le pais et endavemens d'iceluy , seront^ecutez sans aucMn empêchement , par le premier'éfficier de justice qui en sera requit.
^ordé pour 22. Que les rentes dues par lésdits Estats en corn-
:o^tZct^e'»' ^^^ ' ^^ ^^ ^^ ^^^^ ®* châtelenie en particulier , ton^ mt la ville y tiuuërout d'cstrc payées aussi bien que les sommes yges, ou leyéeg j^ interests sous leur crédit , ou celuy de leurs
Ucubers, t.
receveurs , jusqu au payement et reinboui:seinent entier.
riémoyen- 23. Quc (KHir aoqoiter les dettes et autres charges M'iu «ent j^^^ £^^ .^ commun et desdites vUle et
408 SIXliMB SUÎGB.
iemérnU êi ohu* en particulier , on continuera d^y lever les impAU et mû deê oeiroiê. moyens courans , et en cas de courteresse , lesditet
Tille et chàtelenie seront autorisées d*en mettre de nouveaux , de créer de nouvelles rentes héritières ou à vie , ou de pratiquer tels autres moyens qu'ils trouveront convenir , moins onéreux aux peuples , sans qu'il soit besoin d'obtenir autre octroy ny pemussion.
L'onêxaminerm 24. Que la nécessité des affaires , ayant obligé de eêiwHeU. i^^p j^ impâts sur les marchandises et denrées en
vertu d'octroy du 0 may 1609 qu'on a reconnA être fort à charge au public , et tres-préjudiciables au commerce ^ lesdits impâts nouveaux seront imprimés.
Vùn eut tx' 25. Que toutes dettes contractées avant et durant le
^^!L^ M**"* ®^*8® ' ^^^^ P^*^ '^ Estais en commun , que par la ville
et chàtelenie en particulier seront payées.
Accordé pour le» 26. Que les comptes des Estats en commun et ceux comptê»ctmciut^ dcsditcs viUc et chàtelenie en particulier seront rendus »'m rtmei comfHc pardcvaut eux et leurs députés en la manière accoùtu* ecfa étoii mtmHi jq^ ^ q^e ccux quî out csté cy-devant rendus ne seront
sujets à aucune revision de la part des officiers du Souverain , quoy qu'il y eut défaut d'expédition de quelque * acte d'accord ou d'autre formalité.
ÀUmihcœurU ^' Q"^ Icsditcs ville et chàtelenie en considération eomcrvaiim dm des grandes charges qu'elles ont suportées et de la ruine irem' e» irnuau entière des biens de la campagne , tant par le campequeedmcd rm- ment des dcux armées pendant les trois dernières années y que par les fortes contributions qu'on a payé à
eeordé»
SiXiilIB SIJGB. 409
cause de la guerre y seront affiranchis et déchargés d'ao^ cord d'aides etsubsides , par le Souyerain pour le terme de six ans , et de tous petits tonlieux apartenans au Roy, lesquels sont très à charge aux habitans et contraire» au commerce.
28* Qu'on ne poura sous quelque prétexte et raison que ce soit y même de nécessité publique , lever ny s^apliquer les deniers des fondations , non plus que ceux des namtissemens ; mais que les deniers desdites fondations demeureront en mains des administrateurs ; et [ceux des namtissemens en mains des dépositaires^ pour être distribués par ordonnance de justice en la forme et manière accoutumée:
^**^*^ 29. Que les chartes , titres , comptes ; papiers et enseignemens de la chambre des comptes et ceux concemans lesdits Estais , TÎlle et chàtelenie, leur domaine, justice , police , hôpitaux , fondations pieuses , archiyes des chapitres , abbayes , monastères et autres communautés demeureront en leur entier » et seront gardés et conservés comme ils l'ont esté jusques k présent.
^'^- 30. Que lesdites ville et chàtdenie , bourgeois , manans et habitans , estrangers , les églises , chapelles , monts de pieté , fondations , hôpitaux « cloîtres , communautés y pauvretés générales et particulières , maladries , confréries et béguinage , jouiront paisiblement de tous leurs biens-meubles , immeubles , droits , noms, actions , vaisselles , or , et argent monnoié et non mon* noie , bagues , joyaux , omemens , vases sacrex , reli-
410 SIXIJEMK SI^K.
ques , fiertés , chasses , bibliothèques , et généralement tous leurs biens , offices et bénéfices de quelque nature et condition qu'ils soient , et rentreront es biens confisquez ou annotés pas Sa Majesté et ses
Accordé fMfeH' 31 . Que toules les cloches ^ cuitres , estaim» plomb , nani qu'il* dén- ^^ ^^^ autrcs métauz travaillez ou non travailles leur
nent urne gratifi- t * ■
caiion aux cffi- demeureront , sans être tenu à aucun rachat , non plus dendcPariWme envers les officicrs d'artillerie qu'aulrcs.
Accordé. 82. Que les hôpitaux desdites ville et chàtelenie , fondez par les souverains du pays, seront conserves pour les bourgeois et habitans.
Accordé pourveu 33. Que les fonds destinez au payement des rentes, que Us engage' p^^j. lesquelles lesditcs villc et chàtelenie ont prêté
fMMê aSeui esté * ^ , g^
fiai atami Finve*- leur crédit aux souverams du pays , moyennant 1 affectUure. tation des bois , domaines , aides et subsides , seront
remis et demeureront entre les mains desdites ville el chàtelenie , pour être emploies au paiement desdites rentes , comme ils ont été sous la domination du Roy Catholique Charles II et sous celle du Roy Tres-Chrëtien , sinon , ou en cas de courteresse » qu*il sera permis ausdits Estais d'en faire la déduction sur lesdites aides , conune il est porté par les lettres d^engagement.
Accordé en 84. Qu*il Sera permis aux habitans desdites Tille et temps de paix, chàtelenie d'aller étudier dans les universités de Frsnoe,
pour y prendre les degrez , lesquels auront le même eilet y et seront considérez comme s'ils avoient esté pris dans les universités de Sa Majesté Catholique , qu'il soit pour cela besoin d'autre permission.
SIXIÈME SIÉGB. 4ft
etmmM- 35. Que leshabitans dcsdites ville et chàtelenie aïant
tvorable" ,
/ articU une partie de leurs biens dans la Flandre , TÂrtois , Hautes- Tournesîs , Cambresis et autres proyinces Toisînes : et qu en cas de confiscation de la part du Souverain y des biens des habitans desdites provinces qui sont dans lesdites ville et châtelenie ^ il y auroit lieu de craindre qu'on en usât de même envers ceux desdites ville et châtelenie , le souverain est tres-humblement suplië de déclarer qu*il n*7 aura point de confiscation de biens , revenus , efiets et marchandises étans esdites ville et châtelenie appartenans aux sujets de Sa Majesté Tres-Chrétienne, qui ne pouront être saisis ny annotez à raison de la présente guerre , à Fexemple de ce qui est pratiqué dans le reste des paîs-bas Espagnols.
ymme cy- 36, Que le même s'observera à l'égard des autres sujets des autres Princes et Estais , avec lesquels Sa Majesté poura être en guerre dans la suite.
Refuié. 37. Que ledit pays sera entièrement déchargé de la contribution qu'il pouroit devoir.
ti traitera 88. Que cc qui a esté foumy par les habitans desjuituie. ^;^gj ^jjg ^^ châtelenie à Tannée des alliez , soit en
grains , bestiaux , chariots , pionniers , fassines , pallissades , piquets , gabions , planches et autres victuailles et denrées ^ sera payé ainsi quMl a esté pratiqué au siège de Menin.
^eraceque 39. Qu'il ne scra mis aucunes troupes de cavalerie ^e^^nt et dragons , ny infanterie en quartier d'hyver dans les t égard au yiHes ouvcTtcs y bourgs , Gommunautés et paroisses de
412 MXliMS tliGIE.
la chàtelenie , mais quMles seront enroyées dans les villes closes et logées dans les casernes , où les fourages leur seront fournis aux frais du souverain ou de ses alliez.
X'ofi traiterm 40. Que Ics troupcs qui passeront dans les Tilles
ZiZfc^^** tu ^^^^^^^ f bourgs et paroisses de la chàtelenie , n'y JM& tournis à la auront que le simple logement , qui se fera , comme pmsianct des tO- il a eslé fait jusqucs à présent , par Ics magistraU dci
lieux.
Von concertera 41. Qu'il sera étably dans ladite chAtelenie et aux £m7Z^s!^ frais tficelle , un prévôt de campagne , et autres of&
ciers et archers pour la seureté du pays , lors que le»dits Estats le jugeront nécessaire.
Comme eeiiê 42. Que Ics matières et denrées servans aux manu- '^2 éSLÙZ *^ctures venans des villes et plat pays de robéi«anoe ton rexamùtera. de Sa Majesté Catholique , de ses alliez » ou de France,
pouront entrer librement dans ledit pays , sans payer aucun droit de sortie ny d* entrée au souverain, comme ledit pays en a jouy sous la domination de France , suivant le tarif de 1671 .
Comme dessus. 43. Que les habilans desdites ville et châteloue pouront transporter leurs CEd)riques , marchandises el denrées de leur crû , dans le pays de la domination de Sa Majesté Catholique , de ses alliez , de France ^ d^Espagne et autres Estats , sans payer aucun droit de sortie , à cause du peu de valeur desdites mamifac» lures , comn^e il a esté pratiqué jusques à présent.
Axiims SIÉ6B. 413
iettus. 44. Que rentrée des manufactures étrangères ne sera permise dans ledit pays y que sur le pied qu'elles le sont à Anvers.
Uêsut. 45^ Q^'|^ regard des autres marchandises et denrées, il ne sera étably d'autres droits d^entrée et de sortie que ceux qui y estoient établis lors que le pays estoit sous la domination de Sa Majesté Catholique en Fan
torde. 46. Que les obligations y cedules , billets de change, et autres détes contractées avant et durant le siège , seront payées , suivant que les espèces auront cours au jour que les payemens s'en feront, à moins qu'il y ait stipulation contraire portée par lesdits billets*
vordé, 47. QuMl ne sera reçu dans le public autres espèces d'or et d'argent , que celles qui sont reçues dans la ville d'Anvers.
fieront 48. Qu'il Sera permis aux habitans desdites ville et
'eddes ehâtelenie d'aller et trafiquer , tant dans les villes et
plat-pays de Sa Majesté Catholique, que de France ,
moyennant un certificat des magistrats des lieux de
leur demeure et résidence.
sur le 59. Que le magistrat de la ville de Lille sera composé , comme il a esté jusques à présent , des rewart , maycur , eschevins, le conseil^ voir-jurez , huitpreiidhommes , gardorphenes , apaiseurs et autres sièges subalternes , avec les consdllers pensionnaires , pro-
414 SIXIÈME SlJflB.
cureurs , greffiers , argentiers , réceyeurs , baiUîEi , prevât f lieutenant , dépositaires , substitut du procu* reur de Tille , et autres officiers , aux mêmes droits , privilèges , emolumens , titres et provisions , dont ils ont joûy et jouissent à présent.
Comme cf- 50. Que le renouvellement desdits rewarl , mayeur, eschevins y conseil et preudhommes , gardorphenes , apaiseurs et autres sièges subalternes se fera tous les ans à la Toussaint , conformément et précisément selon les chartes et privilèges d'icelle , en la forme ordinaire et accoutumée , sans diminution ny augmentation des personnes , ny des commissaires.
nera.
OnFexMtt' 51^ Qyg qç^j^ desdits commisssires qui resteront dans Lille , et qui ont provisions de Sa Majesté Très- Chrétienne , continueront leur vie durant dans leurs fonctions , comme il a esté pratiqué en 1867 , lors que le pays a esté conquis par Sadite Majesté.
Accordijuiqu'au 62. Que Ics magistrats d*apresent seront maintenus
Urmeordinairedê « 1 1 • ■ . «• •
la TouuainL ^^^ i^xxn cmplois le tcmps ordmaire. Onobierterah 53, Qug q^^vl oui ne serout pss naturels desdits
cet égard Um pri' . . , ^ , f. . • .
titiget. pais , et qui u suront pas tes qualités requises par les
coutumes et privilèges de ladite ville , ne pouront être de la magistrature.
Aecordé H c'est 84, Que ]es corps et communautés des arts et mé-
am/wrme à leurs , . • 1 * ,. • . ,. •«•
pntiUges avant ^^^^ y ^^ 1^ bfttcliers de ladite Ville seront conservem roHKée 1G67. ^^ maintenus sous la jurisdiction , justice et police
SlXliMK SIliGB. 415
dits magistrats y comme ils l'ont été jusqiles à présent , et qu^aucun autre non firano , de quelque nation qu*il soit ne poura Tendre en détail en cette ville et banlieue aucune marchandise et denrée.
ccordé. 55. Qu^aucuns fabriquans » ouvriers et artisans , ne pouront être transportes ailleurs par autorité.
exami' 66. Quc Ics barbiers et peruquiers seront consenrex dans racquîsitioii de leurs charges , sous la justice et police des magistrats.
ccordé. 57, Que ja bourse où s'assemblent les marchands , demeurera pour leur assemblée , où' il leur sera permis de fréquenter et conférer tous les jours , et ne sera emploîée k aucun autre usage sous quelque prétexte que ce soit ou puisse être.
ccordé. 68. Que la propriété de l'hôtel de ville sera conservée à ladite ville , en la forme et manière qui est occupé présentement , sans que pour quelque prétexte et cause que ce soit , il puisse être distrait et destiné à aucun autre usage.
ccordé. 59. Que le traité d* agrandissement de la ville fait entre Sa Majesté Tres-Ghrétienne et le magistrat , sera maintenu et exécuté selon sa forme et teneur.
pour 60. Que les canons et munitions de guerre , avec son arsenal , et tout ce qui en dépend appartenans à la ville, luy demeureront en propriété et usage , et
-ouvera
le.
416 sniÂMB siim.
continueront d*étre à la disposition desdits magisinito si le souyerain n'aime mieux se les aproprier , payant à la Tille la valeur de ladite artillerie el nitions;
Von cùntim- gj ^ Qy^ \^ logement des gens de guerre se fera par irai rmtoHnaàU" ^^ magistrats , commo il a esté fait jusques a présent , "*^^« et que les officiers et soldats , qui tiendront garnison
dans ladite ville ou de passage , seront logea aux payillons , quartiers et casernes , et autres lieux soua raotârité et disposition desdits magistrats , qui leur foinr* niront par leur entrepreneur les matelats » draps el couTcrtures qui leur apartiennent , et qui pour oel effet leur seront conservex , et après que lesdits paffl» Ions d'officiers seront remplis , ils seront loge» les auberges et cabarets sur les billets desdits trats , où lesdits officiers feront leur dépense à leur frais, sans qif en aucun cas [ excepté celuy de rairi- Tée de Sa Majesté ] les bourgeois puissent être loges ^ et auquel cas ledit logement Je cour sera aussi ftdl par lesdits magistrats en la manière accoutumée.
0» rêxammera» 62. Que pour les fortifications de la Tille , pOTles »
ponts et leur entretien , on en usera comme il a erté pratiqué sous la domination de Sa Majesté Gathdliqyeb
AeemU. 63. Que les maisons , demeures , magasins , Ci desdits bourgeois et habitans , ne pouront être tes pour quelque cause et prétexte que ce toit, qoa par Fautorité desdits magistrats et w présence de quelque escberin*
sixiiMB siitoB. 417
^*^^' 64. Que le Mont de Pieté érigé en celte Tille par Barthélémy Masurel , avec tous les deniers^ meubles , argent et effets qui luy apartiennent , seront maintenus et conservez en la forme et manière qu'il Ta esté jusques à présent , pour être rendus ou vendus , et les deniers employez suivant ^institution dudit Mont.
«mitf. 65. Que le Mont de Piété establi dans ladite ville par Tautôrité des Archiducs , demeurera affecté aux créanciers d'iceluy , avec les bàtimens , argens , meubles et autres effets , et tout ce qui en dépend et y apartient , pour être régi , gouverné et administré sous Tautorité desdits magistrats , par les officiers qui y sont présentement establis, et après leur mort par ceux qui seront nommez et commis par lesdits magistrats , sans qu'aucuns autres officiers en puissent prendre connoissance.
n9ra, 66. Que les officiers des maîtrises des eaux et forêts establis en ladite ville au lieu dit la Motte-Madame pour la forêt de P^alempin , chàtelenie de Lille , créez héréditaires , seront maintenus et gardez dans tous leurs états et offices , droits^ gages , privilèges et émolumens qu^ils ont eu jusques à présent , aussi bien que les officiers des traites pour les droits d'entrée et de sortie.
wdé. 67. Que Thôtel de la monnoie sera conservé dans ladite ville pour fabriquer les espèces aux coins du Souverain.
i7f M 68. Que ceux qui se sonl réfugiez en cette Tille et
418 fflxntani svtm.
châtdèiiie , et Icf étrangen de qudque nation et condition qu^ilt aoîent , et qui j sont eslablii , pouront j dcnMurer avec leurs femmef et enCuiB , et y continuer leur commerce et profenion sans estre inquiètes.
^^^^^ 89. Que ceux desdits habitans » ecdeiiastiques , «ilfyiiif*«JbffMl officiers des troupes du Roy , commissaires et contWViM^^ éÊmmi ifxxn des guerres et autres , même les étrangers qui ^HTuê jkmâUu voudront se retirer , pouront le faire en-dedans detix jMaéii akd «M i^Qg i^y^c leurs mcubles , effets et deniers , même ceux fw MMi pHên pi^cedans de la vente des biens qu*ils pouront fiure ,
sinon ils les pouront faire régir par leurs femmes , enfans , ou parens qui pouront demeurer dans ladite ville et chAtelenie , ou par qui ils trouveront convenir, et lors qu*ik se retireront , il leur sera donné un saufconduit pour leurs personnes , familles , meubles, et effets , sans payer aucuns droits.
J^eeordi. 70. Que ceux qui se sont retirés de ladite ville pour le siège ou autre cause pouront y rentrer en-dedans un an , avec leurs familles , meubles , marchandises et effets , qui ne pouront être saisis ny arrêtés , et que pendant ce temps , il leur sera libre de disposer de leurs biens , comme ils trouveront bon , et au cas qu'ils viennent à mourir pendant ledit temps , ils succéderont à leurs héritiers testamentaires et ab intestat.
Aeeordé pow 71. Que les gentikhommes ou autres , chefs , pères» te^frvM « «* Qn enfans de famille qui sont au service de Sa Majesté
Tres-Chrétienne , pouront revenir endedans deux ans, sans que leurs biens et effets puissent être saisis ny
sixiiEMB fintoB» 419
arrêtés , et pendant ledit temps ils auront la liberté de vendre leurs charges et disposer de leurs biens ainsi qu'ils jugeront à propos^ sans que leurs pères, et mères , enfans ou autres parens , quand ils resteroient audit serrice pendant ledit temps , puissent être inquiétés dans leurs personnes et dans leurs biens.
Accordé. 72. Que tous actes d'hostilités commis avant et durant le siège par les habitans desdites ville et chàtelenie seront oubliez et pardonnez , et que les prisonniers de quelque état qu'ils soient seront relâchez sans payer aucune rançon , et à l'égard des chevaux pris et vendus , ils ne pouront être répétez.
mékrégard 73^ Quç ]qs gouvcmeurs futurs de ladite ville seront ^^' catholiques , et obligez de jurer et prêter le serment ordinaire.
Accordé. 74. L'observation des droits , usages , privilèges desdits états , ville et chfttelenie sera jurée par son souverain , comme il a été fait par les autres Princes Souverains du pays.
« au camp Fait et arresté dans l'assemblée des Estais desdites Î708? ''" ^'"® ®* chàtelenie de Lille le 22 octobre 1708.
Signez Signé H. J* Hkhhbio»
FKKDUTAirD YâHCOLLKIT.
G. YaiT RoSIUM lot HAADtViaOlCK.
s. Y. GosuiroA.
ha. Comte de RicsTSAiir.
WlLVlLDB,
m. AoR YAirBOMmi toi Gildik Malwh.
420 SITIÊlffB SICGB.
Siège de la Citadelle.
Extrait d'uB manucrit appartcnaiU à M* Hvtrcl , atoté à LiUe (l)b
Du 24 Octobre*
On Toit tout en mouyement et tous ceux qui voient dans la nécessité de quitter Lille , emportoii toutes les marques d^un abattement qui pourrait ton* cher les plus insensibles. Aujourd'hui tout est tran* quille , il n*y a que le soldat français qu'il ne ccno pas de démantibuler les ruines de nos maisons , accablées par le canon du siège, on a beau se plaindre, le gouvernement devient neutre, quand on jette plainte au major de la place le renvoi se fait au commandant , et le commandant témoigne qu'il est iàché , que cela regarde M. le maréchal , et puis M. le maréchal n*e«t point au logis ; c'est là la mam'ère dont le pauTra boiu*geois se trouve leurré , je n'oublierai jamais la moment que je montai la brèche , d'où je me trouvai regardant tous nos vainqueurs au travers de nnsfoisfi.
(1) Ce mannacrît contient le récit naïf qoe fiût le piee des orphdini dita Bapauwut , de tovt ce qn'il a pa ranrqpv dPia* térciiaBt et de curieox pendant le sîéfe de la TiUe et celai dt k Ne ponvant toot tranicrire, fiuite d*efpaoe, now «fOBi choîii b | dont les détailf font le Moiaf coanu.
à la rencontre de mesamis , je* fus obligé , il, es^ vrai « de me contenter de les saluer , sans ppuvoir leur par* 1er , et même la joie fut singulière , ayant pu reconnaître que c'était M. le pasteur du Maisn^, avec quelques autres de ses amis ; après cda^ je ne pus m'empécber de jetter les^eux sur tous les ouvrages des assiégeans » lesquels furent faits » con4uits et dress&i avec une adresse si particulière .que le Français n'en pouvant disconvenir, les troiiBâidGtaupesetgariniers , parce que nous ne pouvions non seulement, les voir g^ mais encore , découvrir leur maniéré de faire boyaux ou de saper. Toute la cavalerie;, excepté les dragons^ est montée à cheval ^ et pasaja. toute Ja nuit sur les deux places de la ville ^ sans, pouvoir mettre pied à. terre pour se délasser, à cause d^une: pluie continuelle;^ laquelle ne discontinuait pas et de la nuit et du jouK suivant, ce qui fit. dire à bien des gens que le ciel avait part à Tentreprise; et puis sur les neuf heures du matin, le Prince Eugène de ^ayoie parut de no^ remparts , traversant toutes: les can^pagnes avec sa nor blesse , pour se rendre de Tabbaye de Loos à la porte des Malades , et du moment qu'il y fut arrivé , la porte fut ouverte; Tattirail qui devait sortir, était si grand et confus , que toute la rue des Malades était remplie d'une manière à ne pouvoir trouver passage pour un homme seul ; une compagnie d^ sauve-gardes du Roi fut la première au. pied de la porte , la confusion du bagage était si grande , que je ne saurai? rexpliquer, on fut obligé de fermer la porte , par plusieurs reprîr ses , pour prévenir aux inçonvéniens. Les caissonpi, les charettes , les mulets , ien carrosses et lea chariots, avec
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une grande quantité de gens de pied , causaient uno juste crainte de quelque malheur , et au même temps il passa près de deux mille cavaliers » très bien montés, les trompettes touchant et le sabre en main , dont le régiment de Bellefon , privé de son colonel , en fesait la principale partie ; il y avait à droite et à gauche de la porte, des officiers français pour reconnaître les sortans , quelques capitaines dragons reconnurent jusques à trois de leurs soldats , qui avaient tAchè de sortir et passer avec les autres cavaliers , couverts du manteau blanc de cavalier ; ce ne fut point asses pour eux d*étre reconnus , ils furent encore très-bien traités de coups de bâtons , et contraints de retourner, pour se renfermer dans la citadelle ; et puis M. le Maréèhal fit encore sortir de la ville le régiment de Foye , fessnt connaître par là , qu'il lui était à charge , et sur kt quatre heures après-midi , toute la grande place était remplie de la garnison nouvelle avec des cavaUert postés à chaque coin , pour prévenir aux désordres ; les canons et les mortiers arrivés et rangés sur la même place ont tourné bride vers la citadelle, et je crois qu'eu se dispose par le premier jour , à lui donner la chasse. On commence à se plaindre que M. de Boufflers a bit sa capitulation , sans se meltre en peine de celle des bourgeois , desquels il a reçu toutes marques de fidélité , et il s^est retiré vers les quatre heures dans la citadelle pour s'y défendre ; on parle fort difiKremment de la durée de cette place , laquelle a fourni de quoi faire chanter l'agresseur ; nos alliés foncent les maisons de la basse ville , pour s'y loger , ce ne sont que les commencemens, j'ai vu ce matin les boyaux qn*ils font
SIXIEME tvkm4 àQi
pouf aUaquer laoHadelle y "C'ieefc tp\it|Cé. qoe je mettrai; dan9 ce mémoilre, jf diraiîcoicore^nfipîssaxitqu^ legiMHi veraeuF ayantpromîscleilâifljièr aux Vainqueurs ;trentè->l cîuq pièces de éaàôa» et dir-^buit cents bonkbes et- dot la poudre, que noa.gens n'ajantlroûyé que Tingi-s deux bambes , et^pastuie «eiidEe pièce de banon $ ni dé' poudre; qu*en conséquence de cela ônia^àrrété^lebà*'; gage et iait prisonniers' de gucîrre^ s'en allant à Doua?. Cela néanmoins -itauériteconfinnatîon ; : s'ils ne fucenit pas priaodniers , au moins furentMlls^ arrêtés par Ic^ n'ainquéurA sur le chemin de Douai .y jusque èhyirôft deux heureé de nuit. 11 y araiidanq. Lille pendant le siège deujL bâtaillonft -du) régiment de Toui^aine; dq CbateaurNeuf , une batterie du Til- ^ une batterie dii régiis^Bt de Caquin^ deux baiteriès firandas, une batterie Garman , une batteiriè du régiment de SunriUe^ Villajrs.SanS'doute que ronia'étoimerade cequ'aprèë avoir pris le soin- de tnettre en mémoire les dioses ka plus temarquaUe» qui o<:|^ahi'4urant le aié^ de li| ville , du silenôe iciuohantlés érénemens et Tobserva^ lion des remarques coneemapt Fattaqué donttlesfain-t queurs se disposent à foueitek* la citadelle ; toutes les oneiUes i tous les yeux;^ n'étaient pas moins laux éooi»4 tes , ni moins fixéfs à^ voir et cfuir le grand tpi ei 1^ grand bruit dbpt la placé était menacée de Irèsipté^i
Aussitôt après la prise de la ville» M« le j&lacèclH^i 8 étant retiré dan^ la; çîta4^1^, ||e24 1 m sepersuadff bientôt qu*jQn qç l'^urai^ ^if^ g^éfea4oao|û^en repqai et comme il y a apparence q^e IV^i i^ pouvait faireiipii
4e part i^ ,^>utrp. im> auçvH ^^^^^99^,1 PW4aq| vingt-quatre heures pour se disposer , et pour avoir
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tout le temps à préparer toutes ^dioses , cependant nous ne perdîmes pas un moment , pendant œ silence à lever terre tout d^abord , bmni nos boyaux en ai grande diligence que nous fîmes dès la matinée auivante , ht terre levée commençant au coin du levant de la rue de la Barre , tirant et -traversant ladite rue à Taulre coin méridional de laditerne en continuant sa roule , traversant quelques terrains et quélquea enclos en côtoyant toujours l-esplànade , et puis ram* pant sur le rempart , et étant parvenu au dcssui , la même ligne reprenait son tour -k droite , le loin du dessus dudit rempart pour se rendre au dessus delà porte de la Barre , lieuà ce que Ton prétend pour en faire une batterie de bombes ; et pendant -ce temps là / ceux de la citadelle , paraissaient et se promenaient à dessein et pouvaient aussi fiicilement voir que noua, le manège que nous tenions , nous avions toujonra encore deux à trois compagnies decavalerie, en garde» postée proche la porte de la Barre , et une vers celle de la citadelle , et une autre dans le milieu de l'esplanade * les uns regardaient ces pauvres Français oiferméa eomme dans une autre fosse à lions , d'autres compa* tissaient à reffiroyable traitement dont ils se trouveraieol par le premier dans la nécessité d'euuyer le feu , tl il s^en trouvait aussi qili ne fesaient point mystère de plaindre le renversement et le boullevart d*une place non moins forte que régulière ; ceux-ci lui donnent el lui accordent la force de se pouvoir braver des attaquée les plus rigoureuses , et ceux-là n*en font que riie ; il y en a qui bravent les fortifications , jusque à pouvoir le soutenir pendant tout Thiver ; et ceux déjugeant
le plus sam , ne kii accordent i^uodeui à trois semaine& d'attaque , et ikse sottdemient sur la manière dont on s*7 prendra j^oiir hi rèdniref. hcs vingt-quatre heurQs étant expirées^ le silence ne fut point interrompit', parce qa'il paraissait quelque apparence d'un pourpiarler entre les parties , cause pourquoi yingt-quatre heures de tempa se sont encore écoulées sansaucu» bruits , pendant lequel temps les ennemis s'entr^arlaient par intervalles , dn bas des glacis aux palissade. Enfin comme riisn ne sortait , M. de Boufflers prit len peines le jour suivant de nous bistoquer de quelques légères charges de canon y il afvait très-beau jeu parce qu'il commençait seul , et soit par mépris ou autroment , nous ne palmes pas les peines de lui répondre un seul coup ; son canon à la &veur de la lune nmm entretenait pendant la nuit ; et sa mousqueterie n^en faisait pas moins, quoique tout cela n^empèclle en aucune manière les entreprises des attaquants , et ton*timiant leur pointe ils se font 'un passage à couvert de toutes les maisons le long de l'Iesplanade » faisant des^ tronnières et perçant toutes les muraïUes, pouracrvîr à la tnousqueterie.
Plusieurs jours s'écoulent et plusieurs décharges se font de la citadelle , et cependant H semble que nous soyons insensibles: à de semblables violences:; je parle ainsi parce que M. le marédial fut con>damné de témérité , d'avoir attaqué le premier , ^t même si je Tose dire ^ avant le temps expiré , parte que plusieurs cessions d'armes ont déjà paru depuip r ouverture de l'attaque, et la dernière fut arboaéa avec Vélendalcd sur leur renqpart jusqnes à qualto
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heures aprés-micU du 31 octobre , sans pouvoir entrer en accommodemeat » k demande de M. de BoiiflBen poussait les choses trop Jbin , il voulait sortir avec sept cents chariots couverts , et voulait encore la liberté du maréchal de Tallard , avec celle de plusieurs ilkiatres prisonniers , et même d^autres ont encore joint à tout cela la demande de quelques millions , dont on avait fait dépenses pour bAtir ia citadelle , ainsi tout cela fut cause que M« le gouverneur fit parler aea plus grosses pièces d*artillerie , et le vent qui prêtait fut cause qu'il semblait que le fond dé la ville branlait à- chaque coup » et oda commençait k nous faire lAcer un peu de crainte ; et outre ce grand bruit , c*est qa*il ne se passait pas de jour que quelques cheminées ou maisons commençaient à s*en ressentir ; c*est à cella occasion que les endroits de Fesplanade » de Saillie- Catherine et des environs de là rue des Jésuites , troussent bagage , sauvant encore comme les autres du câté de Tattaque , tous leurs effets ; il y a dés^-présent quatre à cinq de nos bourgeois qui ont perdu la vie , passant ou repassant aux taibouchures des ruée découvertes , en droite ligne de la citadelle, et e*est k ce sujet que Ton a bouché toutes les rues méridionales le long de la rue Royale , avec fascines , pour être à Tabri de la mousqueterie , et nous avoua poaè à chaque coin une pièce de batterie visante et poiaftée sur la citadelle ; nous avons encore sur la grande place passant quarante pièces de batteries des plus belles et des plus fortes . et outre cela la petite place est remplie de grandes machines sur quatre roues avec leun mortiers pour jetter bombes ; il y en a aux cnviraos de vingt , avec encore autant de pièces de groi êauoDB,
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tout cela est très proprement raugé et hieu gardé ^ mieux que ne Test k ville (je dia cda en passant parce qu*il ne passait plus dn gardes , de rondes » ni de par trouilles , les coins de mes vers la place et vers la nouvelle ville ne sont pas négligés , aussi bien qu'une grande quantité de portes particulières , garnies de sentinelles , à raison des botes qu'ils ont diez eux ) ; nous dressons une batterie dans le jardin des Carmes* Chaussés , une vers le rempart du même endroit , une autre dans une blanchisserie vers le miUeu de Tesplanade ^ et tout cela va si lentement que je ne sais quand r ouverture du bal se fera ; pour moi je crois que tant plus on ira lentement avant Tattaque , tant pUia aussi la violence aura de force» parce qu il est à supposer qu'on ne veut manquer en rien à pouvoir tout violenter ; il y en a encore sur le'nouveau rivage plusieurs mortiers et d'autres pièce» d^artillerie préparés k servir au besoin.
Le cinquième jour de novembre se passe sans aucune apparence de quelqu'attaque » les convois de poudre et de balles , réitérés à plusieurs reprises , nous en découvrent le mystère et font assez connattre que le canon ne ^rt pas sans poudre et sans bouleta; ou fournit nos arsenaux , et on remplit le magasin de poudre , et possible que tout cela ne servira pas encore , mais qu'il s*agira de fortifier le soldat par le pain de munition dont la garnison est dans un si grand besoin j que le boulanger se trouve obligé de fermer sa boutique, s* il ne veut encourir le risque d'être pillé, et la disette du soldat regorge et se communique au citoyen ^ le bled et la farine deviennent si r«res, que malgré tous les soins que le magistrat se donne, et qui d^ien-
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nent presque inutiles , le ^gtaiti s'est vendu sur le marché ,;péndanl k temps du siège à ifiison-prix , jeteux dire le moyen bled cinq et lîx' 'florins la rasi&re, avec un règlement portant qu'auciiû Inatchand ne pourra étaler et Tendre son gram de son autorité , ni aucun bourgeois ne pourra en iBichcler sans Tiùlenrention et consentement de Tècherin destiné pour cela , lequel recevra Targent et donnera Son billet de consmitement ; toutes ces belles précautions n*ont point tait plus de bien que de mal : on se flatta d*une prochauie délivrance y pour se soutenir et consoler dans son malheur ; mais hélas ! notre dèUvrance est venue et nous nous trouvons plus afiamés que jamais ; les rues sorml remplies de voix plaintives , le wallon s^efiraie à Taspect d'une famine certaine , et lei soldat nous perce le cœur , demandant et criant toujours : « OiSr refMfii-ondêpane^depanê,tLspane^ 9 Et c*est toujours pane qui roule , et le seul mot que nous entendions , qui ne nous fait que trop connaître leur déplorable misère.' Il est à croire qu'ils espéraient de trouver une aussi bonne ville que celle^^ , garnie de pain et de bled , et il faut convenir que noiis ne nous sommes pas moins trompés! qu'eux en cela , puisque nous espérions de Voir eiitrer dàûs Lille avec eux, toutes choses nécessaires à la vie, et que rien ne parut moiiiis que tout cela , et marque du contraire les vins les plus fins , augmentèrent d'une telle manière , qu^un marchand me Et connaître que s'il avait eu cent pièces des vins dont je viens de parler , qu^outre le gain ordinaire , U aurait encore gagné douze cents livres de gros , et cela parce que lès nouveaux Venuis payaient le prix
qu'on Yonlait le vendre; les éaux-de^vie iyrirenl le même train , celles qu'on vendâH le 28 octobre vingtquatre patars le lot , furent vendues quarante le jour après ; si le bled n*àugmente pas à pitiportion ; iln^y a pas pour cela moins à cràindire , parce que le grenier et le boulanger est démonté , on a beau ii continuer les défenses et publications nouvelles k venir faire déclaration du grain qtie l'on a , où que Ton tient chez soi pour en faire naître une plus gràtide quantité ; la douceur et la rigueur ne produisent rien de plus au jour ; ou il n*y en a plus du tout , ou il n*y en a pas asses ; on fait courir ce pauvre peuple avec son cher argent , d*um bout de ville à Tautre, pour être servi de sa modique portion de bled^ consistant dans un seul havot , je veux dfre le quart de la rasière , aujourd'hui aux Capucins ^ demain , aux Bapaumes et un autre jour ailleurs , deux cens personnes se trouvent en foule prêtes à payer pour avoir leur affaire y et bien souvent après ai^oir essuyé l'attente de quatre heures entières » la qtiaà^é de bted , quoiqu au prix de trente-cinq patars Fhavot, be survient pas il pouvoir contenter et fournir la cinquième partie des attendans , et c'est de là ^lie sort une ibfinité d'acclamations ; la mère s^bublie {>othé pliÉindre son enfant , le père toinbe en furetir dé se voilr affittnë avec la main garnie d'argent; si le'jiauvre décoCÉVre un endroit à s'en pourvoir , il se tait , et «e dobnè do garde d'en parler à son voisin , tant la crainte qù^ a de manquement le préoccu]f>e , eï si je parle ainsi da lazarre , le riche n'en est pas davantage k l'abri , parée que le village est absolumrat niiné ; etJ'ArU^ ûe
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fournil plu» , aîasi loul ce qu'il y a de bon pouc linc^csl qu'il pourra durer et subsister uti peu plus loûg-^temps.
Je ne sais si nos magistrats yont Eeiire un essai nouveau, k pouvoir donner soulagement, ou ai c^est pour ..quelqu*autre affaire, ils ont obligé lea maîtres de, toutes oonfioëries et toutes autres communautés à venir JEedre une déclaration ewcte de leur argenterie , il ne faut pas croire que c^est . au sujet du maître de Vartillerie , parce que cda ^t fait , on lui a* accordé trois mille francs , ainsi il nous faut unjieu de patience pour en connailre le sujet , et c'est ce que demande aussi le mouvement que nos troupes se sont donné cette après dinée» sortant par la porte de la Madeleine* Quoique nous n'entenilions pas le bruit de notre petite artÀUerie pendant tout ce temps » M. de Suryille , gen*d^e de feu M* le maréchal d'Humiéres , ne laissa, pas de iiecevoirMoe blessure tres-dcmgereuse et pour lui donner le temps à pouvoir se faire panser, cession d^armea fut accordée pour le faire sortir et .transporter par bar leau àPouai; nous songes occupés à, dresser encore uoebat^rie sur le calvaire pour désoler les dehors de If içitadeUe, et pour donner de la besogne. De tout G6té lea piècea d'arliUerie que Ton voit sur la place disparai^nt de plus en .plus , on les transporte pendant ,1a nuit , et on ne açât de qudi il s'agit , et ce qui peu^çftuser^ queutant de jours se passent dansTinaot^ofii fa reste Je canon 9*est fait entendre un peu aujpurd bui h, midi; e^ puisque nous nous trouvons dans la, nécessité ;d'essuyer encore ce coup^ nous en soubai* tops toujours Texécution^ parce que le temps où nous nous trouvons présentement dérangés, accablés, ruinés,
ne dâsole pa^t jHipins la TÎUe . que le Içiapt * du* tnbge . Pendant le aiégi^,^ rartîsanjélaitdaQS Toirivetéiaule de besogne ^ le imarchand n^Uvail iquie faire de protester ses lettres , ou de faire paqueter IM ballots y et pendant ce temps^y , rien n^est dans son ordre, le magistrat ne se change pas , toutes dbiarges sont à demi mortes , ne pou?ant tirer connaissance de leur sûreté , remettant toujours l'exécution des choses après la réduction de la citadelle , dége dont je ne prétends nullement faire la description ^ pour deux mitons , dont la première est qu'il m'est impossible de pénârer et de connaître ce qui s'y passe , et la seconde que je ne suis ni Hollandais , ni Ecossais , ni Allemand , ni Anglais , ni Houssar, ni Braindeboùrgeois » ni Portugais , ni Irlandais , toutes nations dont est composée/ notre garniscm, et contre laquelle on n'a pas de raisoa quand on leur parle wallon; ainsi il ne faut pas s'étonner si je iie puis pas connaître et rapporter ce qui se passe de plus curieux pour contenter la postérité furieuse et toujours amateur de voir les étènemèns qiu se sont fiasses devant eux; c'est pour ceb qu'ils se oonlenteronl <^omnie nous du récit des choses leis plus ajiparentes ; cependant je dirai encore avant finir cette sixième joinnéq ^'i[u'un officier de TartiUepe nd'a assfùré que les, batteries sont en état déjouer , et que les pièces sont pointées et disposées à donner aut. premiers ordres; le 7 tepAssa comme les autres jours sans ilous donner aucufne alarme , cependant nous apprenons que nous gagnons terrain à la aapè » et que aous parvenons au pied des palissades^, nous ayant fait niattres de quatre ou -cinq pointes de glada, sans tirer ; quelques ofBders oon-
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Tinrent de la gnoide Ciule qu^ils ataienl bite en toulant attaquer la Tille , ib conTinrent qu^k aTàient eommenc^ par rendroîl qû*ib auraient dû finir , faisant brèche à nos' remparts avant d'ayoif gagné les 'dehors , ainsi il ne faut pas s*élonner s^ils prennent k oontrè^ pied en précédant pair cette manière avee phis • de précautions ; qui pourra disconvenir que jamais chose né TÔusiit et qœ Ton nie vient plus fadlement à sa fin que se servant des moyens. Eki sorte que les chemins couverts, tamt gagnés on ôte à l'énnem^toule oboasion db pouvoir / ou Éoulenir v oo tépater le»brèiehes. • •' ^ .■-=■''. :;
Xibmme j'ai fait mention de quelque mouvement qui paraissait dans nos troupes, il y a deux joorÉ^ dont la cause était inconnue , i^ y a toute apparence que l^approohe de M. de; Venflâme-n'y coniribùa pas peu puisque nous sommes iùfonnés te soSt qirïl s^e^t venu camper en deçà de Toumay . La miéère devient grande à Lille , le pain la bière et le vin deviennent très nrw ; ie boisd'ormese vend trente-huii florins le cent aulieude vingt et vingt-pdeux ; le bois de cbénède dix à onse fl. se vend à ptéaentyingtrtroiset vingt-quatre ft.^ pour lediarbon tombes , il ne s'agit pas d^en parler ', parce qor'il ne s'en trouve plus. Pmdant le siège, le boulanger ne pouvait paâ fabriquer son pain fiuste de matière, el à présent foutedetoiis les deux ; on continue toujours de ; temps en temps à répartir les petites portions de Med à U lie du peuple avec leur argent , et le prix ne cesse pas d'augmenter. La quantité du petit peuple^ leurs dis et leurs empressemens deviennent si violens qu'on ne
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peul pliia en foire livraison sans FaisistanGe de quel^ quefi» stergçn» pour arrêter ta fureur d'un peuple affimié^ et on a remarqué le sèle d'un ecclésiastique qui a|^paisait et consolait les pauvres. Après avoir vu ceci , je me mis en télé la promenade du côté de la porte d'eau,, et comme la réparation des brédies est dûimée au ra-' bais cela est cause qu'on y. travaille de toute force. Le temps continue toujoins daas^ son sereîiif et fovorise autant qu'on puisse le souhaiter lés ouvriers;! l'ai re-! marqué d' abord les deux'l)réehes à droite ef à^gauche de la porte d'eàu dont j'aurais bien pu 'prendre :1À> longueur ou M largeur, et comme je voulu»«ti: foire l'observation je me fiUis en quelque maniéré coiifondu parcev qu'à bien parier > il ^mble que le rempart de la porte de Si André à celle de la JVfadèleinê n'est qu'une c^èoe de brèche ; les endroits: des remparts qui ne sont point bouleversés , sont tellenient percés de coups , que ce n'est qu'une continuation de pliBliev après cela je vis le fofisé de la ville du devant .de la brèche arborée tout épuisé ; il fout se souvenir qu'il y a un bataîdeau du côté du levant de la {lorle d'eau; pour ôter iout^ communication dudit fossé' d'avec la Basse-Deûle, et comme les eaux de ce fossé étaient soutenues et enfermées par un autre batardeau éloigné du premier d'une portée de fo^ ; l'ennemi ne manqua pas de faire quelques boyaux secrets et d'une manière si à couvert, que dans peu de temps les eliux s'écoulèrent et baissèrent de qitatre à cinq ^tds , et lachofl^B que je mis entre les plua curieuses f ut ^de voir .une grande quantité d'emboudMiurea de canons , parattf^ d'une manière à faire accroire qu'ils étaient fidiéa
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dâM la terre; NHieé, aiillkto ^etnbrasuretî/rieirde Umt cela Dé pârawtil , el même je crois que «i j*m dèeoiïvert les éqibouchufes qaeee né Ait que parce qa^ob ne s'en senrait plus » ei j'ai reconnu que ice fut de ces grosses pièces dont lé bruit faisait peiir dûs les derniers jours d*isttaques ; lé bastion de lu porte d*eau^ ks tenaîlIoBft:» les chemins coureîts > les' petite» plaêes d armes et ks tenaille»^ ont servi dé sépulture ated l'assistance, de la riitiére , à plus de dte nùfle mOrts ; la Basse-Deùlé menait les ScadaVres àfvènâe fottlev danséon sei^et sur ses épaoles?» éa eAlé iieMemini ^ ce^ dûnltles^iis et p^odiâsant lesranttesv'Lés'deuif ingles flanqués, Fangle de répaple et F'anglede là eôurtinë delà pppte d^èau aont tellelneal booleferèés Imeplua connaître rien , toiAes les terres depuis fes emitémâ dé Marquette ont été coupées ; ' 'remuées et diiquetéetf d'oBe.nUuûérék ne point poùi^r é^i&m<^. Gê fut de là quié le Français a raillé le'tfuuquene de lâupes , n^osant parâtire , et cependàttt Qes* attiéjgeÉnts con^ iiennent unanimement de la génA^ewedéCànSedeAf J le mnréohdide Bdutters dit Miidrl^ m l'teèdidiiui^ ; à raison du plaisir ou de TinsMârflilé ^^iTil à 4àÉB les
I:i*atlaqué de la dtadelie ya toujours êen train , les Français ont perdu deux ^oents bemisiês^ dans Taetiott qui se fit hier, lesquels furent coupés pttr ofôs ^s i et quoique FartiUme ne parle point , lès ' effets ^n^eéiNmt pas moins h cramdre ; puisqu'un bôurgÏBôis retoiMaiit chea soi perdit le main il*un coiip de oài^idnhM ktetr le soiir. ' ••' .. '. . j , .;■' ••
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Aujourd'hui 8 de tioyeiiibre> le tambour ' se fit entendre aux carrefours de la "viile » accomplie de quelques officiers de nos matu^s , pour Caire la publi»catioù et défense à toutes personnes , sous peine delà TÎe , d'acheter aucune chose au soldat y pour empédièr de marauder et de démolir les bâtiméns délabrés par le siège ; plût au Seigneur que telle ordonnance irait hors de la ville , nous n'apprendrions point tant de désordres , lesquels sont parvenus à leur comble , Ib fermier^ le seigneur et leisuréf devillage ne lurent jamais plus exposés à la misère ; si on menace dans la v|lie le fauteur du vice , il est protégé dané^ le dehors , et piMw que de cela y toute licenice et liberté est accordée an soldat , il peut prendre et vendre à son profit toute sa maraude : j'ai parlé à un fermier de la dépendance d'Armentières qui eut le malheur d'être pillé pttr ides hussards et voyant tout son bled enlise trouva obligé de leur racheter son propre bien et cela' ne suffisait pas encore , il fallut pour le conduire en sûreté prendre et payer deux sanve^gardea pour t lui servir d* escorte jusqu'ici, parce que tout ce qui se rencontre au-delà du camp est en proie\ «t le paysan eit plus accablé qu'il ne le fut pendant tôdtile<iempvidhi siège et qu'il ne sera possible petidant toute ^te:;^èAi reste il y a quelque sujet d'une joie noû^ineUe ^opr nous puisque nous entendons aujourd'hui p^ur: la première tois la résonnance des moulins à Fbuiie'dn faubourg des Malades et même il a pahi fur. Ms marchés plus de cent et cinquante bêles è 'cornes quoique défense fut faite sous peine de la vie , de noti» en apnener et parmi tout ceci , la poste el les voitures com-
436 sixiim «utes.
menoent à Teprendre leur, ancienne Muts } bi la blanche de Menin parail, le poiœati ne fail pas la même chose; éi il ne ^paraît guéres que nous Sommes changés de dodiination, à moins que pat le besoin* de toutes chbëes ; on se jBattait d'abondance des nmnuCAotures de Hollande ai. dT Angleterre de bons poissons et de très-beaux YerraS' et c'est justement ce qui se trouve le moins v etrpoinr Moumer à la citadelle j%i dit ail* 'leurs icpie noUs.ayions rassuré la me Royale et ks autreé par des gabions pouv mettre à gout^ ceux f^ui'tiasaaienl, mais je ne me suis point souTenu que •CCS gabions éfaiekit fides , au lieu d'être remplis de tare pour résister aux petites ballfisd'oii plusieurs per- «mnes en perdent la vie , et même un colonel de la garmson d'Atmi^tiéres » trop curieux de décoiivrir aujourd'hui la citadelle au-dessus desdits gabions^ ^ ffeçut !un coup de carabine dans la Aéto dont il tomba 'mort. • •
: ' Les lamilles aTce tous leurs çCEpts commencent à déloger , la mousqueterie résonne ee soir aTec phis de ibrce quVUkn'a encore fait , et je crùii^ que nous nfanrons bi^tôt beau jeu ; nous.aYôhs fait un retrainidiemênt en ooupdnt la rue Sainte<]iadierii}e i; quoi Mqu'il semble que nous n'agissions pas , nous ne^laia» #ons pas poUr cela d'aTaticer toujours^ nous avons tgagné teitrain jusqu'aux portes de la placé , et marque des attaques et des résistances nos hàpitaux commenjsent à se peuple.: plusieurs sortes de bruit ont couru aujourd'hui ; 6n dit que M. de BouflElersaun bras emporté y et que le Roi Auguste fut malheureusement tué
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d*an eoup de canon ; on continue fort lenlénient àmener quelques pièces d'artillerie de la place aux batteries. La manière avec laquelle ils portent les blessés aux hôpitaux diffère beaucoup de celle des Français , ces derniers les portent en chaiâe par deux hommes et* ceux là les portent sur une planche dont quatre porteurs prennent les coins sur leur épaule , si dangereusement que si Tun des quatre' faîl un faux pas , le blessé ne risque pas moins que- déf perdre le peu de vie qui lui reste par une culbute inévitable.
On attend ce soir le duc de Marlborough. La petite populace de St-Sauveur est altarmée dé ce que nos magistrats par un ordre des alliés étaient occupés à faire la recherche des grains , visitant de prés les maisons ,* et défendant de vendre, transporter ou aliéner les bleds^ en aucune manière k peine de confiscation et d'amende.^ On a retrouvé de quatre à cinq mille rasières. On trans-^* porta hier M. le marquis de Goiquain , colonel du même régiment , hors de la citadelle ; il y eut à cette occasion cession d'armes ; ce que j'ai dit touchant 1» mort du Roi Auguste se trouve faux. La grande et la petite place se trouvent toujours garnies de grosses pièces d'artillerie ; je sais que nous en avons d'autres ailleurs , mais je ne croirai rien à rattaquelantque je les verrai sur lesdites places ; aude$sus de tout ceci , je vis encore quelques censMidats rangés sans leurs ar* mes et disposés k Tordre ,:run d'eui me dit que o^était pour aller porter iadnes dt quMls avaient là paie de huit patars par jour pour cela , et qat ceux qui tra4 vaillaient à lever terre et à miner en avaient seize; H
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me fit eDGcnre connaître le pitoyable état où étaient réduites les troupes du dehors de la Tilk et surtout celles des Impériaux qui ne recevaient ni paie ni pain. Après tout je crois qu*on conyiendra de la plus grande de toutes les confusions lorsqu'on aura cobnu que nos troupes sont composées de huit à neuf natiokis différentes voulant en tout et partout se prévaloir 1q9 uns les autres. Comme tout le monde se jBgure uoe attaque violente que Ton doit faire pour réduire la dtadeUe , un officier d^expérience répondit ii<%la que les choses ne se passeront pas comme on le croit, et que l'on n'exposera pas la perte de tant de gens pbur la prise de la ville , que du moment que nous auitons' gagné les dehors à la sape , que l'on en demeurera là , et puis qu'on ne manquera pas de: foudroyer Id place /la réduisant en cesses à force bombes et pots à feu « et que si la citadelle étant toute abimée M. 1^ Maréchal veut se soutenir , on se dispose à la bloquer pendant l'hiver. U court le bruit que le duc de Bavière est à Douai , le duc de Vendàme à Toutnay et qu'il doit se Csire quelque entreprise dans peu de joursl La nuit se passa avec un très grand feu de part et d* autre » et M. de Luxembourg ayant fait une sortie par la pctfte de se* cours , fut repoussé etcontraidt deèe retirer en retraite; nous avons gagné une pointe du deuxième glacis. MaU gré le canon et les pierriers des assiégeans il lest entré aujourd'hui dans la ville plusieurs charretées de bled et on en espéré d'autres dans peu de jours. On apprend que M. de Vendâme a voulu fairie. déloger nos traTailleurs qui fortifient La Bassée , et les ayant reçus ils fu* rent repousses très vigoureusement par nos gens d'oi^
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É* ensuivit tous les désordres qii'îfalfirient dans les villages voisins.
Le 12 du mois j'ai sorti par la porte de la Madeleine pour conduire un de mes amis, en revenant je fus surpris de voir la destruction diî ftiubourg dont letf premières maisons étaient rasées aadsi bien que la chapelle de la Madeleine autrefms.paroiése ,. et à proportion de Téloignenient des bAtsmeil^ commençaient à se maintenir , quoique quelques maisons vers le Pont-k- Marcq furent tout â fait ruinées. La citadelle est dans une profonde léthargie pendant que le Prîâce Eugène de Savoie avec la noblesse prennent tous les jours le divertissement de la comédie ; si le Prince se divertit des comédies , le soldat en fait de très touchantes aux paysans , le village d*Ascq en ressentit les tristes effets , par un pillage qu*on en fit aujourd'hui : la journée se passa au bruit de la mousqueterie pendant qu^il entrait dans la ville par IB porte dé la Madeleine , une grande quantité de caissons chargés de pains , escortés par quelques compagnies d'infanterie ; il parut dans cette soirée du 16 sur les dix heures du soir un grand feu du côté du faubourg de Fives , le Prince Eugène continue à faire ses inspections du dehors , il visite lés retranchemens de la citaddle dont nous avons saigné le premier fossé et marque qiie le mal devient plus grand , c'est que nous entendons le murtniire du fusil davantage que d'ordinaire ; le feu qui parut hier venait d'une grande ferme à Fîves.
Aujourd'hui 18, on nous éveilla ce ihatin par plu-
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«leurs décharges da.plus gros canon , apparemment que le canon va jouer son rôle ; nous avons dressé une batterie sur la Fue du Bos auprès de la maison ayant autrefois pour enseigne la "Cajféfre; nous en avons encore une puissante au bout de Fesplaaadé et encore quelques autres ailleurs , de sorte que Ton VMtune épouvantable disposition à la battre sans quartier. La citadelle envoya un coup de boulet hier si adroitement, qu'il renversa d'^ia seul coup vingt^un de nos soldats. Le tintamarre de Tartillerie tant grosse que petite fut si violent cette soirée qu^il y a tout lieu de croire ^pi'il 8?est fait une attaque très vigoureuse quoique nos ca-* nous soient toujours en repos. Un déserteur ?enu ici de la citadelle , nous £t connaître quil y a déjà plus de trois cents blessés et beaucoup de tués et queloutes les viandes salées étant gâtées ou hors d*état d*ëtre mangées , la garnison était réduite h, la mangeaiUe de la viande de cheval et même quei ' la portion^ en était cottisée à une livre par jour ^our chaque soldat. Le grand vent qui nous apporte jusqu'au moindre coup de fusil ne nous promet point la douceur du repos de la nuit piiochaine. Nous avons passé la nuit du 18 au 10 , occupés d'un bruit continuel^ les assiégés firent une sortie pour nous empêcher de faire nos ponts de communications des 4eux glacis , mais après les avoir repousses et avoir tué .et blessé jusqu'à trois cents ennemis nous demeurâmes les maîtres et en état d'exécuter nos desseins , l'action ne.se passa pas sans quelque perte de huit à dix de nos officiera et quatre vingt à quatre vingt-dix hommes ; quoique le canon de la citadelles se fasse entendre plus que le nAtre> nous n'ayons
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point pour cela laissé que de mettre le kix dan» quelques tonneaux de poudte que les Français^Yaient cachés contre la' porte au dedans dé la place ; la journée s'écoule sans nous fournir aucune nouyette ; la mous* queterie se fidt toujours entendre et la nuit passée fut bien différente de celle précédente . les assiégés noua ont donné la chasse et noua ont repoussés très vigoureusement, jusqu'à nous a^oir obligés à lAcher prise, joint à une perte de trois à quatre cents hommea.
La citadelle était en action la nuit passée et à prér sent tout y repose , et lé petit zéphir remporte au« dessus du bruit de la citadelle , je veux dire qu'on n'entend rien du tout ; lies plus éclairés au. métier de ta guerre , lui donnent encore quinze jours à pouvoir se soutenir , et moi je crois que la chose ira plus loin , s'il ne nous vient point de poudre , et j'oserai dire quf voilà Fopium quij cause l'engourdissement de notre artillerie.
Quorcjue Fa soirée nous eut flatté d^un repos^ pour la nuit du 20 au 21 , la suite ne fit que trop voir le contraire puisque sur tes neuf heures du soir nqua fimes une attaque sans aucun avantage , et sur les onze heures de nuit nous en fines encore une plus violente que la première , laquelle tourna tout à notre confusion , puisque noua en fanes obligea de céder terrain , et de reculer jusque vers le milieu de l'esplanade du côté du berceau des canonniers ; tout cela n'empêché pas les assiégeants de prendre les mesures à pouvoir en découdre. Une infinité de chariots chargés de facines ,