SCENE X
(Entre une troupe de femmes conduites par la Théroigne, qui porte audessus d'une pique la tête d'une jeune fille. D'autres furies ont dans leurs mains de semblables trophées.)
(Elles chantent:)
Ran tan plan , Au son di|, tambour , Vive le vin et vive l'amour !
La Fayette aurait bien voulu Nous livrer tous à l'Autrichienne , Laisser venir l'armée prussienne.
On lui f..tra de la pelle au cul.
Les sans-culottes ont des femmes
Qu'ils défendront
En vrais lurons.
Dansez, dansez, messieurs, mesdames.
Ran tan plan , k\\ sou du tambour , "Vive le vin et vive l'amour!
Dupont, Delessart et Brissac,
Ne sont pas dedans pour des prunes ;
Les commissaires de la commune
Leur feront éternuer dans le sac. ^
Après <^a , l'on mettra leurs femmes
Dans la prison ,
Comme de raison.
Dansez, dansez, messieurs, mesdames.
a3o BIGETRE.
Ran tan plan, Au son du tambour, Vive le vin et vive l'amour !
THÉROIGNE
Dis donc , Angélique Voyer, tu as là au-dessus une belle tête ! quels beaux cheveux blonds ! ils retombent jusqu'au bas de ta pique. Où donc Tas-tu coupée?
ANGÉLIQUE VOYER
Dame , tu sais bien , à la Fçrce. C'est toi qui m'as aidée.
THÉROIGNE
Ah ! oui , c'est la petite fille qu'ils voulaient sauver. Heureusement^ nous étions là, nous autres femmes ^ sans cela, sept à huit jolis minois échappaient au peuple. Les hommes sont si bonasses î
' LE COMTE DE SAII^T-JULES , une épée à la main.
Que vois-je ? je ne m'abuse pas... ces cheveux blonds!... Oui, c'est elle! c'est la tète de Sophie...! tigresses...! (Auxforcais.) Suivez-moi... il faut mourir en combattant.
(Il se précipite au milieu de la foule.) LES FORÇATS.
I Ah! les lâches , les voilà qui fuient. Courage î courage ! prenons leurs armes.