‹ Les septembriseursChapitre 229 sur 300 · SCÈNE XIII. 3o · texte numérisé non relu

SCÈNE XIII. 3o

tes soins ; que ta présence puisse lui faire oublier ses douleurs, et toute notre fortune ne pourra justement acquitter ce bienfait! Citoyenne, c'est le père de Ja patrie.

LA GOUVERNANTE

Je te dis que c'est impossible : si je le pouvais , je ne demanderais pas mieux que de te laisser entrer.

CHARLOTTE CORUAY.

Tu es bien jolie femme, citoyenne , mais tu es bien sévère aussi; peut-on repousser avec tant de dureté une pauvre solliciteuse.

LA GOUVERNANTE

Je te dis que cela ne dépend pas de moi; mais, puisque tu t'obstines^ je vais lui demander s'il veut te recevoir.

CHARLOTTE CORDAY

Oh ! citoyenne, je te remercie! Tiens, remets-lui ce billet. S'il ne peut me recevoir aujourd'hui , demande-lui si je pourrai revenir demain à la même heure.

(La gouvernante pousse la porte.) MA RAT.

Que veut-elle donc , cette intrigante ? Encore quelque demande d'argent, je gage.

3o4 LA MORT DE MARAT.

(Il lit le billet.)

« J'arrive de Caen ; votre amour pour la patrie « vous fait sans doute désirer de connaître les « événements qui ont eu lieu dans cette partie de (( la république; ayez la bonté de me recevoir, je « vous mettrai à même de rendre un grand ser- « vice à la France. »

Puisqu'elle vient de Caen , je ne serai pas fâché d'avoir des nouvelles des brigands du Calvados. Fais-la entrer.

LA GOUVERNANTE

Citoyenne, j'ai sollicité pour toi. Tu peux entrer.

CHARLOTTE CORDA Y, à la gouvernante.

Citoyenne, je te remercie, tu entendras parler de moi.

(Elle entre près de Maral.)

Salut , vertueux citoyen ; si j'éprouve un peu d'émotion, je te prie de me le pardonner. Je suis devant Marat.

MARAT

Prends un siège et réponds à mes questions.

( La gouvernante passe dans la pièce voisine. ) 1 U amVCS QU

Calvados , c'est le foyer de la rébellion : qu'est-ce que tu as vu là-bas. Voyons , conte-moi ça.

Félix Wimpfen , qui commande dans notre pays , unit sa cause à celle des Girondins , il or-

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