SCÈNE XIII. 3o
ganise une année et parle de marcher sur Paris. Nantes^ Brest et Lorient ont promis d'envoyer des secours. Le ci-devant marquis de Puisaye est arrivé de l'Angleterre et doit commander les troupes des révoltés. Le peuple du Calvados ,^ est insurgé à la voix des proscrits .....
MARAT
Quels sont les députés que tu as vus à Caen ? Tiens, donne-moi une plume que j'écrive leur nom à mesure que tu les nommeras.
CHARLOTTE CORDAY
J'ai vu Buzot.
MARAT, écrivant.
Ah î l'infâme Buzot !
CHARLOTTE CÔREfAY*.
Lanjùinais.
MARAT
Il était pris , les gendarmes Font fait échapper, mais ils me le paieront.
Gorsas.
MARAT
Gorsas aussi? Tant mieux!
(Elle entrouvre son mouchoir.)
3o6 LA MORT DE MARAT.
CHARLOTTE CORDAY
Barba roux.
MARATj continuant d'écrire avec tranquillité.
Barbaroux? bien : après. Tout cela ira à la guillotine.
CHARLOTTE CORDAY, tirant son poignard.
A la guillotine... !
(Elle le lui enfonce dans le cœur.) MARAT.
Ma chère amie, à moiî
(Le poignard, s'échappant de la plaie, tombe dans le bain. Marat pousse des cris faibles et douloureux; ses membres agités ft'appent contre les parois de la baignoire, sa tête retombe sur sa poitrine, et sa respiration est étouffée par l'eau qu'elle fait bouillonner.)