‹ Les Septicémies À StaphylocoquesChapitre 14 sur 19 · leucocytes · texte numérisé non relu

leucocytes

Urée — 0,46.

Sucre — 0,90.

L’hémoculture en boîte de Boez est positive, staphylocoques dorés hémolytiques 35 colonies pour 10 cc. de sang.

Dans ces conditions on tente le 13 octobre une intervention avec l’idée d’un phlegmon périnéphritique gauche : résultat négatif, ni pus ni infiltration périrénale,

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Suture de la paroi, cicatrisation par première intention sauf un petit point de suppuration au niveau d’un des crins.

Dès le lendemain de l'intervention, on note du subictère, puis deux jours plus tard un ictère franc avec cholurie sans décoloration des matières. La fièvre persiste élevée, l’état général reste grave ; le volume quotidien des urines dépasse 3 litres, avec les mêmes signes de néphrites.

On institue alors le traitement suivant : transfusions et injections sous-cutanées d’anatoxine staphylococcique que le Professeur Ramon, Sous-Directeur de l’Institut Pasteur, a eu l’extrême obligeance de mettre à notre disposition. Les injections d’anatoxine au nombre de huit ont été de 2 cc., sauf les deux premières (1 cc.) et se sont succédé en moyenne tous les cinq jours. Elles n’ont été suivies d'aucune réaction locale ou générale. Six transfusions ont été pratiquées avec du sang citraté d’un donneur de même groupe non immunisé contre le staphylocoque fourni par le Centre de Transfusion de Strasbourg dirigé par le Professeur Canuyt.

Durant cinq semaines, du 16 octobre au 22 novembre, la température oscille entre 38° et 39°, avec tachycardie aux environs de 100 ou 110, amaigrissement, facies subictérique, polyurie de plus de 31 avec escarre sacrée avec anémie progressive (2 novembre, globules rouges : 3.450.000, hémoglobine, 50 % ; le 13 novembre, globules rouges : 2.510.000, hémoglobine, 45 %).

On note, durant ce laps de temps, diverses localisations morbides, ayant toutes pour caractère commun l’absence de signes subjectifs et objectifs intenses et d’évolution vers la suppuration.

Dès le 16 octobre, syndrome spléno-pneumonique de la base gauche avec expectoration muco-purulente (pneumocoque, entérocoque, pas de bacilles de Koch). Une

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ponction pleurale fournissant quelques cc. seulement de liquide citrin aseptique. Le 22 octobre, nouvelle poussée au niveau du genou droit modérément tuméfié et douloureux à la hauteur du plateau tibial gauche, sans altération osseuse à la radio avec quelques cc. de liquide louche dans l’articulation. A l’examen direct, forte réaction polynucléaire, pas de microbes; après culture, rares colonies de staphylocoques dorés hémolytiques. Le 4 novembre : hydrosadénite droite guérie dès le 30 novembre.

Néanmoins, dans la deuxième moitié de cette période, l’état général s’améliore légèrement, l’anorexie est moindre, le subictère disparaît, la polyurie tombe à 2 1. 1/2, on ne trouve plus que des traces d’albumines dans l’urine et il n’y a plus de cylindrurie.

La leucocytose sanguine se modifie.

Le 29 octob., leucocytes 15.000 avec polynucléaires 82 %, Le 13 nov. leucocytes 10.000 avec polynucléaires 79 %, Le 22 nov. leucocytes 5.500 avec polynucléaires 82 %.

Mais, fait plus important, le 21 novembre, après hémoculture positive, une nouvelle hémoculture est négative.

Le 22 novembre : le malade recommence à souffrir au niveau du genou gauche.

À lincision, écoulement d’une petite quantité de pus stérile et de fongosités, ostéite tibiale légère sans séquestre. Cette incision n’est suivie d'aucune modification brusque de la courbe thermique.

Pendant les semaines suivantes, l’état général s’améliore progressivement, la température oscille entre 37°5 et 38°5 à la fin de novembre, entre 37 et 38 au début de décembre, entre 37 et 37,5 à la fin de décembre, elle est normale en janvier 1936 ; le pouls s’abaisse à 80, la courbe urinaire à 2 1, puis à 1 1. 1/2 ; l’albumine, la cylindrurie ont disparu, le poids passe de 45 k. 500 le 9 décembre à 54 k. le 30 décembre et 57 k. le 27 janvier

L'état sanguin s’améliore le 4 décembre 1935, globules rouges : 2.540.000 ;

le 12 décembre : 3.530.000, H — 55 % ;

le 21 janvier 1936 : 4.230.000, H — 85 %.

Trois nouvelles hémocultures restent négatives, la plaie opératoire du genou se referme vite. La douleur spontanée, la gêne fonctionnelle disparaissent et, dès les premiers jours de janvier 1936, le malade se lève.

Durant cette période d'amélioration clinique progressive, une troisième thérapeutique a été utilisée : un bactério adapté au staphylocoque du malade, que le Docteur Boy, assistant à l’Institut d'Hygiène et de Bactériologie, a bien voulu nous préparer (1 cc. en injection sous-cutanée tous les deux jours à partir du 28 novembre).

Le 27 janvier 1936 le malade quitte la clinique médicale complètement guéri.

OBS. 3. — Staphylococcémie grave traitée et quérie par l'Anatoxine, par MM. Ph. PAGNIEZ, A. PLICHET et Ch. RENDU. (Société Médicale des Hôpitaux de Paris, séance du 16 octobre 1936.)

Le 12 février 1936, entrait dans notre service, à Saint- Antoine, un ouvrier métallurgiste, âgé de 31 ans, qui se plaignait d’un point de côté thoracique, de diarrhée et d’une fièvre accompagnée de sueurs abondantes.

Depuis le début de l’année, il était fatigué, sans force, anorexique et il maigrissait.

Le 23 janvier, il avait été pris d’une douleur vive au côté gauche ; quelques jours après, la fièvre s’était installée d’abord à 39° en plateau, puis était devenue oscillante entre 39 et 40°.

Les premiers jours de son hospitalisation, il se présente comme un pulmonaire. En effet, l’examen ne nous révéla aucun autre signe qu’un tympanisme extrêmement

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marqué de la base gauche du thorax en arrière et sur la ligne axillaire accompagnée d’une abolition des vibrations vocales. Il n’y avait rien d’autres à signaler. Le cœur était normal sans déplacement apparent. Les urines étaient diminuées de volume, légèrement albumineuses.

Un examen radiologique pratiqué le lendemain montra que ce tympanisme était dû à une aérogastrie considérable, refoulant le diaphragme mais que, par contre, il y avait une masse juxta-hilaire gauche importante descendant le long du bord gauche du cœur, paraissant être d’origine ganglionnaire.

Les jours suivants, le point de côté augmente d’intensité. On trouve alors de la matité à la base droite avec abolitions des vibrations vocales. La ponction exploratrice ne ramène pas de liquide. Le malade rejette une expectoration abondante, purulente, sans odeur spéciale et dont l’examen bactériologique ne révéla qu’une flore banale. Par ailleurs, tous les autres examens furent muets et on ne trouvait dans les antécédents du sujet qu’une furonculose qui récidiva pendant plus de 2 ans. Nous croyant en présence d’une suppuration pulmonaire, on institue un traitement par des injections intraveineuses d’alcoo! qui n’amènent aucune amélioration.

Le 24 février, douze jours après son entrée, on remarque un œdème des membres inférieurs surtout marqué à droite, avec un mollet extrêmement douloureux à la pression, une induration le long de la saphène interne à la cuisse, des adénopathies dans le creux poplité et la région inguinale droite. En même temps, le malade se plaint de douleurs de l’épaule et du coude droits. À ce niveau, les téguments sont chauds, douloureux, sans tuméfaction cependant.

A la base droite, on perçoit maintenant de nombreux râles crépitants. A gauche, ils sont plus disséminés,

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l’expectoration est très abondante, purulente et adhérente au crachoir.

Etat général mauvais. La température oscille entre 39° et 40°. Des sueurs profuses couvrent le malade qui est profondément amaigri. La rate est percutable. L’abdomen est tendu, tympanique, la diarrhée persiste.

Le 2 mars, une hémoculture donne un staphylocoque doré, germe que l’on retrouve identique dans une autre hémoculture faite quatre jours après.

Le 5 mars, on commence un traitement par l’anatoxine staphylococcique et on fait d’abord une injection sous-cutanée de 1/10° de cc. bien tolérée, sans aucune réaction locale ou générale. On continuera ce traitement en augmentant la dose d’anatoxine jusqu’à 2 cc. et à raison d’une injection tous les huit jours ; le malade reçoit onze injections d’anatoxine.

Le 6 mars apparaît une tuméfaction pré-sternale de la taille d’une noix rouge, chaude, douloureuse. Une ponction ramène du pus à peu près identique à celui des deux hémocultures.

A partir de ce moment, une série de suppurations cutanées et musculaires vont apparaître chez le malade accompagnées de recrudescence de température.

Le 13 mars, apparition d’une hydrosadénite axillaire bilatérale. Amélioration de la phlébite de la jambe droite, diminution de volume de l’adénopathie inguinale droite.

Le 24 mars, après la quatrième injection d’anatoxine, l’hémoculture est négative.

Le 27 mars, apparition au niveau de la pulpe de la phalangette du médius gauche d’une élevure blanchâtre et douloureuse de la taille d’une lentille même phénomène à l’index droit. Ces indurations limitées disparaîtront sans donner lieu à une suppuration. L'examen du cœur est totalement négatif.

Le 10 avril, apparition d’une inflammation débutant

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au tiers inférieur du mollet droit et remontant jusqu'à la partie supérieure de la jambe et d’une inflammation paravertébrale douloureuse au niveau de la troisième vertèbre dorsale

Le 14 avril, incision de l’abcès de la jambe droite. Pus en grande quantité contenant du staphylocoque. La température oscille maintenant entre 37° et 38°. L'état général est meilleur, les signes pulmonaires disparaissent, l’expectoration diminue.

Le 21 avril, ponction de l’abcès paravertébral : pus à staphylocoque.

Le 5 mai, apparition d’une tuméfaction de la paroi postérieure du thorax gauche au niveau du huitième espace intercostal. Cet abcès augmente rapidement de volume. On l’incise : pus à staphylocoque.

Le 11 mai, onzième injection de 2 cc. d’anatoxine, choc très accentué immédiatement après cette injection, pâleur, mouvements épileptiformes avec perte de connaissance.

Le 15 mai, l’expectoration purulente est complètement tarie, l’abcès thoracique se vide bien, mais on est obligé d’inciser le mollet droit, la suppuration ayant gagné la profondeur.

Le 19 mai, nouvelle hémoculture négative. L'état général est meilleur. La température oscille entre 37° et 37°5.

Le 6 juin, on institue un traitement radiothérapique sur les foyers purulents qui se referment très lentement.

Le 25 juin, les abcès sont complètement cicatrisés. L'état général est bon.

Le 11 juillet, le malade sort guéri de l'Hôpital.

OBS. 4. — (Personnelle).

Mme C... J., 43 ans, sans profession, a mis au monde treize enfants dont onze sont encore vivants.

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