TRAITEMENT ET PROPHYLAXIE
Des diverses thérapeutiques tentées par différents auteurs, il ressort que nous ne possédons actuellement aucun traitement spécifique contre l’infection due au streptobacillus moniliformis.
PLACE et SUTTON ont relevé l’influence nulle de l’I0DE et de la QUININE, au cours de l’épidémie d’Haverhill.
Les ARSÉNOBENZÈNES ne donnent également aucun résultat. Chez un malade d’Haverhill les médecins américains ont pratiqué, au cours de la troisième semaine de laffection, une injection intraveineuse de 0 gr. 60 de néoarsphénamine. Celle-ci a été suivie d’une chute passagère de la température qui, au bout de quatre heures, est remontée. Le malade se sentait mieux le lendemain, mais l'injection arsénicale n’avait aucune influence sur l’évolution de la polyarthrite. SCHARLES et SEASTONE ont enregistré un échec semblable chez leur malade : l'injection intraveineuse de 0 gr. 30 de néoarsphénamine est demeurée sans effet. Chez notre malade enfin, quatre injections de novarséno-benzol, la première de 0 gr. 15 et les trois suivantes de 0 gr. 30 pratiquées le 25°, le 26°, le 30° et le 32° jour n’ont nullement influencé l’évolution de. la courbe thermique, ni amélioré les symptômes articulaires. Ce contraste entre l’inefficacité des arsénobenzènes dans l'infection streptobacillaire et les heureux effets de la thérapeutique arsénicale dans le Sodoku apparaît ainsi comme un des éléments du diagnostic lorsque la maladie est consécutive à une morsure de rat.
PLACE et SUTTON ont eu recours chez un malade à l’injection intraveineuse de 5 cc. d’une solution au 1/100° de MERCUROCHROME. Celle-ci a entraîné un frisson sévère qui à persisté pendant 35 minutes. La température est montée à 40°1, puis est descendue à son niveau antérieur quatre heures après. Ce choc thérapeutique n’a eu aucune influence ultérieure ni sur l’évolution de la polyarthrite, ni sur l’allure de
la courbe thermique. Chez notre malade le choc thérapeutique produit par l'injection intraveineuse de 5 cc. d'ARGENT COL- LOÏDAL a été suivi d’un effet plus durable. L’injection pratiquée le 36° jour de la maladie, à 9 heures du matin, a entraîné un grand frisson, puis trois heures plus tard, une ascension thermique à 40°5. À 18 heures la température tombait à 37°, et demeurait à ce niveau pendant quarante-huit heures, en même temps que le malade se sentait mieux et recouvrait le sommeil. Ce choc thérapeutique marquait le prélude d’une sédation des symptômes généraux. En effet, on ne devait enregistrer par la suite que deux exacerbations thermiques à 39°, le 3° et le 7° jour après l’injection.
Cette constatation justifie l’emploi des MÉDICATIONS DE cHOC dans les cas graves, ou lorsque par l’exagération de sa durée l'infection porte un préjudice au malade et risque d’épuiser sa résistance.
Dans les autres cas, devant l’absence de tout traitement spécifique, et en raison du bon pronostic de la maladie, on aura seulement recours à un TRAITEMENT BANAL, PUREMENT SYMPTOMATIQUE. Comme médicaments on prescrira les ANTAL- GIQUES ARTICULAIRES habituels : acide acétylsalicylique, salycilate de soude par voie buccale, ou mieux encore en injections intraveineuses quotidiennes. Cette médication sédative est d’ailleurs fréquemment insuffisante pour soulager totalement les malades. Les HYPNOTIQUES seront également utilisés en raison de l’insomnie tenace.
Par ailleurs l'intensité des douleurs articulaires nécessitera l’immobilisation des articulations atteintes, les enveloppements ouatés, l'application de liniments calmants. En cas d’'hydarthrose, la ponction de l'articulation est indiquée elle soulage considérablement les malades. PLACE et SUTTON vantent également les bons effets de la radiothérapie et de la diathermie sur les jointures douloureuses pendant la période de convalescence. Les articulations malades ne présentant aucune tendance à s’ankyloser, le massage et la mobilisation ne paraissent pas indiqués précocement.
Du pcint de vue DIÉTÉTIQUE. une alimentation légère est indiquée pendant la période fébrile. Des repas plus copieux seront autorisés lors des rémissions thermiques. Il faut savoir
cependant que la douleur pharyngée constitue parfois un obstacle à l’alimentation.