Galmette. — Société de Biologie, 189'i. 13 Janvier
CINQUIEME LEÇON
chez l’homme. Mais, pour cela, il fallait préparer du sérum en quantité suffisante. C’est pourquoi, s’inspirant de la méthode de Behring-Roux pour la diphtérie, Galmette en France, Fraser en Angleterre, ont fait des essais d’immunisation chez le cheval.
Galmette* commence par injecter au cheval, sous la peau de l’eneolure, en arrière de l’épaule, des doses progressivement croissantes de venin mélangé à une quantité très petiteet graduellement décroissante d’hypochlorite de chaux à 1/60. Les injections sont répétées tous les quatre ou cinq jours au début, ou espacées davantage si les phénomènes locaux sont trop accentués.
En général, au bout de deux mois, les chevaux peuvent supporter une dose de venin pur capable de tuer 100 kilogrammes de lapin, mais un délai d’au moins six mois est nécessaire avant qu’un sérum soit suffisamment actil pour qu’il puisse servir en thérapeutique.
Pour commencer l’immunisation du cheval, Galmette se sert de venin de cobra; puis, lorsc[ue l’immunisation de l’animal à l’égard du venin de cobra est déjà assez avancée, il lui inocule suceessivement des venins appartenant à plusieurs espèces de serpents, dans le but d’éprouver sa résistance à ces divers venins et de l’accoutumer aux réactions locales de chacun d’eux. Quand le cheval est capable de supporter sans malaise une dose de venin mortelle pour 500 kilos de lapin, l’immunisation est jugée assez complète. On pratique une saignée d’essai et on éprouve le sérum comme pour la diphtérie ou le tétanos. Le sérum doit avoir une activité d’au moins 1/10 000'“% c’est-à-dire qu’il suffit d’injecter à des lajiins, préventivement, une quantité de sérum égale à 1/10 000'"® de leur poids, pour leur permettre de supporter deux heures après, sans être malades, une dose de 1 milligramme de venin sec de cobra capello d’activité moyenne, dose capable de tuer des lapins témoins en moins de quatre heures.
Galmette a envoyé aux Indes, en Australie, en Indo-Ghine, de nombreuses doses de ce sérum, qui a été expérimenté par M. Hankin d’Agra.
Dans l’Inde anglaise, les indigènes s’empoisonnent mutuellement leurs bestiaux en introduisant dans le rectum des bêtes un chiffon imprégné d’une substance jusqu’ici inconnue. ]\L Hankin put se rendre compte qu’il s’agissait là de venin de serpent; car, après avoir lait macérer dans de l’eau de pareils chiffons, il prit une partie de la macération, la mélangea avec du sérum antivenimeux et l’injecta à un lapin qui ne présenta aucune manifestation morbide, tandis que la même