‹ Les sérothérapiesChapitre 26 sur 57 · DIMINUTION · texte numérisé non relu

DIMINUTION

moyenne

on chiffres absolus.

pour 100

Janvier

Février

Mars

Avril

Mai

Juin

La diminution n’est donc pas seulement continue ; comme je l’ai dit tout à l’heure, elle est croissante.

Il est remarquable, d’autre p,art, que le mois où le nombre des décès a été le moins élevé pendant la première période, et qui est le mois de Juin, est placé beaucoup plus haut que le mois de Janvier 1895, celui où le nombre des décès a été le plus élevé pendant la seconde période.

La diphtérie frappe les campagnes au moins autant que les villes. Il ne semble donc pas téméraire d’évaluer à 15 000 le nombre d’existences humaines épargnées annuellement en France par l’emploi du sérum antidipbtéritique ».

Messieurs, je crois vous en avoir assez dit pour vous prouver que les espérances fondées sur le sérum antidipbtéritique ont été pleinement justifiées et que les promesses faites par Behring et par Roux n’ont pas été au-dessous de la réalité. Ce n’est plus sur quelques observations, mais sur des dizaines de milliers de cas venus des quatre coins du monde que s’appuie solidement la sérothérapie de la diphtérie.

Je ne vous ai parlé jusqu’ici que de l’application du sérum aux manifestations pharyngées et lai’yngées de la diphtérie, parce que ce sont, de toutes les localisations, de beaucoup les plus fréquentes.

Mais sachez bien (|ue, quelle que soit la localisation de l’infection diphléritique, celle-ci est toujours justiciable de la sérothérapie sjiécilique, ainsi que le prouvent les résultats obtenus depuis plus d’un an

SÉROTHÉRAPIE ANTIDIPHTÉRITIQUE

dans rap])lication du sérum aux manifestations conjonctivales, cutanées, vulvaires, etc., delà diphtérie.

Je ne vous ai pas encore tout dit, ^lessieurs : le sérum de Behring-Roux n’est pas seulement un agent thérapeutique curateur, c’est aussi un agent préventif.

En présence des merveilleux résultats obtenus par la sérothérapie, on s’était demandé si l’on ne devrait pas faire des injections de sérum antidiphtéritique, à titre simplement préventif, aux personnes, enfants ou adultes, qui se trouveraient volontairement ou accidentellement en contact avec un diphtérique.

Les recherches qui ont été laites à l’Institut Pasteur prouvent que le sérum, bien que ne conférant contre la diphtérie qu’une immunité passagère, la donne de durée suffisante pour nous soustraire à la possibilité de la contagion dans le cas où nous serions appelés à soigner des diphtériques, pour soustraire à la contagion tout un groupe d’individus qu’on ne peut faire sortir d’un foyer épidémique, comme c’est le cas fréquent pour les divers membres d’une famille.

Je ne veux pas dire par là qu’au cas oii la sérothérapie antidiphtéritique préventive entrerait dans la pratique, il faudrait lui rapporter la non contamination de tous les individus, qui, injectés, auraient affronté la contagion : nous savons trop bien qu’en matière d’épidémicité, il faut toujours compter avec deux facteurs, le contagium et le terrain à contagionner; nous savons trop bien qu’encore faut-il, pour prendre la diphtérie, être en opportunité morbide et qu’il est des individus qui semblent aussi rebelles à la contagion di[)htéritique que d’autres paraissent y souscrire facilement. Moi-même, qui ai soigné beaucoup de diphtériques, je n’ai jamais souscrit à la diphtérie, pendant que je voyais de mes collègues ne pouvoir approcher un diphtérique sans être immédiatement contagionnés; c’est pour préserver ces prédisposés, qu’on fera bien de recourir aux injections préventives.

Lorsqu’un cas de diphtérie éclate dans une famille, dans un collège, dans un établissement quelconque, oîi des enfants sont réunis, je crois, pour ma part, qu’il y a avantage à injecter 5 centimètres cubes de sérum à titre préventif à tous ceux qui ont été, qui sont ou resteront en contact avec le diphtérique. J’exprime cette conviction, parce qu’elle s’appuie sur bon nombre de résultats cliniques, et que, dans plusieurs cas où, la diphtérie ayant éclaté dans une famille, le médecin a fait des injections préventives aux divers membres de cette famille en contact avec le malade, on a vu la diphtérie se borner exclusivement à l’enfant primitivement atteint, alors qu’autrefois un jiremier cas de diphtérie était si souvent le point de départ d’une épidémie familiale.

Skrothkrapie. Opothérapie. 14

DOUZIEME LEÇON

J’ai cité l’an dernier déjà comme très probante l’observation d’nn médecin du Nord qui avait eu justement à lutter contre une de ces épidémies de famille : deux enfants étaient déjà morts de la diphtérie, deux autres l’avaient contractée à leur tour, une douzaine de personnes d’âges divers vivaient autour de ces malades. Pour enrayer l’épidémie de diphtérie, on leur fit des injections de sérum; aucune des personnes injectées ne fut atteinte.

Ce même médecin était père de trois enfants dont l’un contracta la diphtérie ; les deux autres, âgés de 3 et 5 ans, jiaraissaient à ce moment parfaitement sains ; le père leur fit à chacun une injection préventive de 5 centimètres cubes de sérum, ils continuèrent à vivre auprès du petit malade et restèrent indemnes. Aucune des neuf personnes qui se trouvaient en contact avec ces enfants ne contracta la diphtérie ; la maladie s’éteignit surplace.

Dans aucun de ces cas, la sérothérapie ne fut suivie d’accidents quelconques. J’insiste sur ce fait, car il ne suffit pas que la sérothérapie antidiphtéritique soit préventive, il faut, pour qu’elle soit acceptée préventivement, qu’on soit assuré qu’elle n’est pas nocive.

J’emprunte au « Medical Journal » le tal^leau suivant, ti’ès instructif, concernant les résultats olitenus, un jieu de tous côtés, par les injections préventives du sérum.

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