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Pawlowsky et Huciistab. — Deutsche, med. lUoc

3. Hansom. — To.xinc et antitoxine cholériques. Deutsche med. Wochenschrift, 1895. 18 .luillet.

SEHOTHEUAPIE DES MAL.VDIES INFECTIEUSES

vibrions, tl’oii il ne didiiserait (jn’après la mort de ceux-ci, comme le pense Pfeiffer ?

D’après Behring et Ransom, il n’est pas nécessaire que le bacille virgule ait péri pour devenir toxique; il existe un poison soluble sécrété par le microbe et diffusible de son vivant. Les recherches récentes de Metschnikoff, Roux et Taurelli-Salimbeni ‘ démontrent le bien fondé de cette dernière assertion.

Ces auteurs introduisent dans la cavité péritonéale d’un cobaye un sac de collodion stérilisé, renfermant une solution de peptone ensemencée avec du vibrion cholériijue virulent; un second cobaye reçoit un sac de collodion renfermant une solution de peptone mélangée de culture de vibrions morts ; un troisième cobaye reçoit enfin un sac de collodion ne renfermant que du bouillon stérile. Tandis que le troisième cobaye reste sain, que le deuxième ne présente qu’une légère hyperthermie avec un peu d’amaigrissement, le premier meurt au bout de trois ou cinq jours, avec tous les symptômes de l’empoisonnement cholérique. Aucun de ses organes ne renfermant de vibrions, cette expérience aussi ingénieuse qu’importante (importante pour l’histoire générale des toxines microbiennes) démontre bien l’existence d’un poison cholérique soluble.

Pour se procurer cette toxine in vitro^ les mêmes auteurs ont commencé par exalter la virulence du vibrion cholérique, soit en employant les passages successifs par le péritoine des cobayes, soit en alternant les passages par le péritoine avec les cultures en sac. Ce vibrion exalté est ensemencé sur une solution de peptone à a pour loo, additionnée de a pour loo de gélatine et de i jiour loo de sel marin. La culture atteint son maximum de toxicité du troisième au quatrième jour ; à ce moment, on la filtre et on obtient une toxine qui tue sûrement un cobaye de loo grammes, en seize ou vingt-ijuatre heures, à la dose de un tiers de centimètre cube.

Parmi les cobayes qui ont reçu dans la cavité abdominale un sac de collodion renfermant une culture virulente, il en est qui ont survécu, ce (pii tient à ce que l’épaisseur, la perméabilité des parois du sac, ne laissaient diffuser (pi’une faible quantité de toxine à la fois. Or, si à un de ces cobayes on injecte une dose de toxine cholérique sûrement mortelle pour un cobaye neuf de même poids, on constate (pi’il survit. Au fur et à mesure (pi’on renouvelle ces tentatives, on augmente sa résistance ; de plus, son sérum jouit de propriétés antitoxi({ues, car si on additionne la dose mortelle de toxine cholérique de i centimètre cube

1. Metschnikofi-, Roi x et Tacri'.lli-Sali.mbi;.ni. — Toxine cl antitoxine eholériques. Ann. de l’Institut nasleur, 181)0, p. 237.

DIX-HUITIEME LEÇON

de ce sérum, on constate qu’elle est sans action sur un jeune cobaye. ,

Etant donné ce fait, Roux, MetschnikolF et Taurelli-Salimbeni ont tenté d’immuniser, par la méthode ordinaire, des lapins, des chèvres et des chevaux. Ils ont ainsi obtenu un sérum à la fois curateur et préventif.

En effet, ce sérum prévient le choléra intestinal des jeunes lapins ; sur 27 lapins traités, i5 ont survécu, tandis que, sur 87 témoins, 6 seulement n’ont pas pris le choléra. En outre, si l’on injecte le sérum en même temps que le virus est ingéré, son action est encore efficace : sur 18 lapins traités, 10 sont morts, tandis que, sur 21 non traités, 16 meurent.

Quant aux tentatives de traitement pratiquées après le début de la diarrhée, ou même vingt-ijuatre heures après l’ingestion des vibrions, alors que les lapins ne manifestent encore aucun signe de maladie, elles ont échoué.

En somme, on peut dire que Metschnikoff, Roux et Taurelli-Salimbeni ont obtenu un sérum anticholérique qui empêche incontestablement le choléra intestinal des jeunes lapins ; mais, reste à savoir quel résultat on obtiendra quand de l’expérimentation on passera à la thérapeuti([ue du choléra humain.

Vous voyez donc. Messieurs, qu’à cette heure, si la vaccination anticholérique paraît, grâce à Haffkine, avoir été parfaitement efficace, la sérothérapie anticholérique, restée sans résultats, est encore à trouver.

J’appelle, en terminant, vos réflexions sur l’extrême importance de la découverte d’Haffkine, puisque, s’il en allait, en matière de vaccination cholérique, comme il en va depuis Jenner en matière de variole, c’en serait fini, à bref délai, des épidémies cholériques.

Pour peu que les Gouvernements sachent le vouloir, la médecine préventive pourrait voir finir le choléra avant que la sérothérapie nous ait donné la manière de le guérir. Ce n’est pas nous avancer que dédire que la médecine préventive réduira, par la vaccination, le choléra mieux que ne le savaient faire les règlements sanitaires, si laborieusement occupés à sauvegarder la santé publique sans trop ruiner les transactions commerciales.

Ces considérations de thérapeutique prophylactique nous amènent à proclamer une fois de plus combien grande est la solidarité qui s’établit entre chacun des progrès scientifiques : cette solidarité est telle, que la moindre conquête médicale (qu’elle sorte de l’hôpital ou du laboratoire) prend une portée économique incalculable.

A ne s’en tenir qu’à l’invention de la vaccination cholériipie, (pielle révolulion dans rhygièiie inleriiationale , (picllc iiouvelli^ orientation

SKROTHERAPIE DES MALADIES INFECTIEUSES

dans la politique sanitaire et que de richesses gagnées, riidiesses d’abord faites de l’épargne du capital humain, de l’épargne des millions de vies humaines qu’a comptées au seul xix® siècle le choléra ; richesses laites ensuite de millions apportés par le commerce, que n’auront plus à effrayer, à paralyser, à détourner ou à tuer les ([uarantaines, pourtant singulièrement adoucies et abrégées, si nous les comparons à ce que les ont connues nos pères !

DIX-NEUVIÈME EECON

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