Charrin. — Société de Biologie, 1896, 9 Mai
VINGT-QUATRIEME LEÇON
tions, il laut faire intervenir des modifications de l’osmose, la fixation, la précipitation de certains produits toxiques, et peut-être aussi des excitations du neurone ?
Lejars ne croit pas à l’action dynamogénisante du liquide injecté ni à son influence sur les organes hématopoiétiques. D’après lui, les lavages provoqueraient des décharges microbiennes, en même temps que de larges évacuations de toxines par les reins ? 11 fait remarquer, à ce sujet, que le lavage du sang n’a d’effet qu’à la condition que la diurèse s’établisse; dans les cas où les reins sont malades, chez les sujets âgés dont le cœur et les reins fonctionnent mal, la diurèse ne se produit qu’incomplètement ou pas du tout, et le lavage du sang reste sans résultats utiles. C’est là une remarque que les médecins ont présentée depuis longtemps et que je vous ai faite maintes fois déjà, en particulier quand je vous démontrais que la sérothérapie massive ne vous donnerait la dépuration désirée, qu’alors que le liquide par vous introduit pourrait vraiment s’écouler et non point stagner.
Pour justifier ses conclusions, Lejars a entrepris de réaliser expérimentalement* les conditions observées en clinique, en infectant des chiens par la voie intrapéritonéale (avec parties égales de bile de bœuf et de culture de colibacille) et en ne recourant à l’injection intraveineuse qu’au moment où l’état général paraissait gravement atteint.
Dans quelques cas, il a obtenu les mêmes mauvais résultats que Dastre et Loye : l’injection de sérum artificiel, pratiquée immédiatement, avant ou très peu de temps après l’inoculation, était nocive et entraînait une mort plus prompte que chez les témoins ; d’autre part, chez un de ses animaux, cependant, profondément infecté et mourant, il a obtenu une guérison inattendue, aussi remarquable que celle signalée dans plusieurs de ses observations sur l’homme.
Delbet ^ attribue également une grande importance à l’état de la tension artérielle et à l’élimination urinaire, celle-ci ne commençant, d’après lui, que lorsque le système vasculaire est rempli. Dans ses expériences, il a remarqué que l’effet obtenu était proportionnel à la quantité de liquide éliminé par les reins ; et, de plus, comme Terrier le faisait récemment à la Société de Chirurgie, comme Lejars dans son dernier mémoire de la Presse médicale^ il attribue une grande importance au fonctionnement, non seulement mécanique, mais surtout sélectif du rein comme vous me l’avez entendu constamment répéter. Ce qui prouve bien d’ailleurs, au point de {nie dépurateur ^ l’indispensabilité du fonctionne-