DEUXIÈME PARTIE
Indications thérapeutiques et médications dans les affections de l’apjiareil rénal.
PREMIERE LEÇON
Si j’ai procédé ainsi, c’est que, loin d’avoir peur des redites, je les ai recherchées, pour répondre aux préoccupations et aux demandes journalières des praticiens qui veulent savoir à quoi s’en tenir sur toute une série de méthodes et de moyens thérapeutiques qui, vovis ne pouvez l’ignorer, mènent si grand tapage dans le monde. Je me crois le devoir impérieux de fixer votre attention sur la sérothérapie, estimant que cette médication, tant par ses résultats déjà acquis, que par les espérances qu’elle donne, tient une place importante, et dans les suggestions du médecin qui, au lit du patient atteint d’une maladie aiguë, pense pathogéniquement, et dans l’esprit et la confiance, parfois d’autant plus absolue qu’elle est moins éclairée, des malades. J’ai mission expresse de vous instruire, au jour le jour, de ce que vous pouvez légitimement attendre de la médication ; de ce que vous avez le droit de donner et de refuser à vos clients, trop portés à croire qu’il en est, en matière de curation de tuberculose, pour ne parler que de cette dernière maladie (bien autrement meurtrière, vous le savez, que la diphtérie), ce qu’il en est des angines et des laryngites avec liacilles de Lœffler.
En matière de tuberculose nous sommes loin, très loin encore, du but à atteindre : la question n’a guère avancé ces années dernières. 11 ne s’agit guère que d’espérances dan^ la communication faite par Maragliano au Congrès de Bordeaux, etce sont ces mêmes espérances, rien de plus, que le professeur de Gênes apportait à ses compatriotes au sixième Congrès de la Société italienne de médecine interne tenu à Rome, il y a juste quinze jours.
C’est qu’en matière de tuberculose, comme en matière d’autres maladies graves (en matière de maladies qui, suivant le langage usuel, ne pardonnent guère), il vous faudra une religion bien éclairée, il vous faudra une force et une foi puisées aux meilleures sources, pour pouvoir, dans votre pratique, répondre aux demandes incessantes qui vous seront faites de recourir à telles ou telles « injections » dont vous ne devez pas moins être connaisseurs que vos clients. Votre pratique se doit d’être enquêteuse ; d’être, au jour le jour, au courant des méthodes, des moyens, qui, perfectionnés aujourd’hui, pourront donner demain ce qu’ils promettaient hier. 11 faut que vous soyez à même, dans certains cas, d’imposer votre conviction, votre expérience dans une méthode (méthode de Brandt, par exemple) ou dans un agent thérapeutique qui tient le public en défiance. De même qu’il vous faut savoir imposer votre conviction en face d’une situation périlleuse, — cela m’est arrivé, en matière d’injection antidiphtérique, avant que la communication de Roux au Congrès de Buda-Pest ait créé le mouvement d’enthousiasme que vous savez, — il vous faudra,