DU BON PASTEUR
des mœurs est le plus exemplaire, soit celle qui ait fourni le plus de sujets pour surveiller avec compassion les victimes repenties de la fragilité humaine. La grande Maison de Paris en 1720 fut fondée par la Maison de Guingamp, et les nombreux établissements de cette Communauté restèrent unis jusqu’en 1835. Mais alors la Maison d’Angers, séparée des autres maisons, a été érigée par Grégoire XVI en Généralat d’une nouvelle branche, qui a ajouté au nom de Notre-Dame de Charité celui du Bon Pasteur, et qui a pris de son côté une remarquable extension (1).
En l’année 1828, la Comtesse de Neuville légua, en mourant, une somme de 30,000 fr. pour fonder une Maison du Bon Pasteur à Angers. La Maison de Tours fournit cinq Religieuses pour cette fondation et la Supérieure elle-même, Mme. Marie-Euphrasie Pelletier, se rendit à Angers pour se mettre à la tête de l’œuvre nouvelle. De •1833 à 1846 elle avait érigé quarante maisons de son Institut dont 25 en France, 2 en Belgique, 7 en Italie, une à Londres, une à Alger, une en Bavière, une en Canada, une aux Etats-Unis: et l’on y comptait en 1846, 648 Sœurs dévouées à la régénération des femmes déchues. Le Comte de Neuville, fils de la vénérable bienfaitrice, a complété l’œuvre de sa mère. De son vivant il a consacré la totalité de sa fortune à l’Institut du Bon Pasteur,
(1) Dictionnaire des Ordres Religieux par le P. Helyot. Edition de l'abbé Migne. — Tome 2. page 1137.
LES DAMES
et il est mort en 1843 pauvre pour la terre, mais rîefie pour le ciel (1).
En arrivant à Montréal, les Dames du Bon Pasteur allèrent habiter au faubourg Ste. Marie ou de Québec une assez grande maison en bois, dont M. Arraud, prêtre de 8t. Sulpice, leur fit présent. Elles l’occupèrent jusqu’en 1847, et alors elles se transportèrent au faubourg St. Laurent, Coteau Barron, où elles prirent possession d’un beau monastère en pierre, bâti sur un terrain à elles donné par Mme. D.-B. Viger, née Foretier, épouse de l’Honorable D.-B. Viger. Cette généreuse Dame n’est pas la seule bienfaitrice qu’elles ont trouvée à Montréal.
Mme. Quesnel, née Côté, Veuve de l’Honble. Jules Quesnel et digne héritière des vertu es de sa pieuse mère, est connue en Canada comme la mère des pauvres et des orphelins. L’œuvre de recueillir les repenties se recommandait d’elle-même à sa charité ; et Mme. Quesnel ne dédaigne pas de plus de lui faire l’aumône de ses journées, dont elle passe la meilleure partie en la compagnie des bonnes Sœurs.
Les Dames du Bon Pasteur voulurent prendre leur part du pénible fardeau que les ravages du typhus de 1847 imposaient à la charité publique; et elles recueillirent pendant trois mois les pauvres orphelines, pour les confier
ensuite, au nombre de 74, aux Sœurs de la Providence.
A la fin de l’année 1853, la Maison du Bon Pasteur
contenait 22 professes et 7 novices ou postulantes. Elle
(1) Historical Notice of the order of Our Lady of Ckarity of the Good Shepherd. — XJnited States Catholic Magazine — 1847-^pages 372 and 416