‹ Les servantes de Dieu en CanadaChapitre 8 sur 59 · CONGRÉGATION · texte numérisé non relu

CONGRÉGATION

Congrégation de Notre-Dame de Montréal. En 1666 leur établissement avait déjà prospéré, et en outre d’une école pour les petites filles de la classe ouvrière, la Sœur Bourgeoys organisait un pensionnat de demoiselles, et une Congrégation externe à l’exemple de celle de Troyes» Elle ouvrait encore une Providence, pour apprendre un état aux filles pauvres ; et non contente de ces occupations multipliées, elle travaillait de ses mains à aider les maçons pour la construction de l’église de Bonsecours. Bientôt l’accroissement de son Institut permettait à la Supérieure d’envoyer de ses religieuses en mission sur les différents points où se portait la colonisation. Les bonnes Sœurs y étaient soumises à toutes les privations, aux dangers et aux calamités de la guerre ; mais elles nç quittaient leur poste que si l’ennemi les en enlevait forcément. L’histoire d’une de ces missions montrera la nature des épreuves auxquelles les dignes Religieuses étaient assujetties.

La France, ayant cédé l’Acadie et Terreneuve à l’Angleterre par le traité d’Utrecht, on fonda dans l’Ile Royale la ville de Louisbourg, pour recevoir les habitant des provinces conquises qui voulaient rester Français. La population réclama aussitôt, pour l’éducation des enfans, des Sœurs de la Congrégation de Ville-Marie ; et une mission de l’Institut y fut fondée en 1727. Il y eut bien de la misère dans le commencement ; mais enfin l’établissement prospérait, lorsque Louisbourg fut assiégé et pris par les Anglais en 1745. La maison des Sœurs fut ruinée et pillée ; les Anglais la transformèrent en corps de garde ; et les trois Religieuses qui l’occupaient

DE MONTREAL

turent renvoyées en France, où elles vécurent à La Rochelle dans une excessive pauvreté. En 1748, la paix venait rendre Louisbourg à la France, et les Sœurs se hâtaient de retourner à leur mission. Il fallait réparer toutes les dévastations de l’ennemi, et les Religieuses s’y appliquaient avec un courage extraordinaire, lorsqu’eri 1758 une guerre nouvelle venait les exposer à toutes les horreurs d’un bombardement. Louisbourg, attaqué par 33 vaisseaux de guerre, 18 frégates, et 16,000 hommes de débarquement, était forcé de se rendre, après une vigoureuse défense ; et pour la seconde fois les malheureuses Sœurs étaient expulsées de leurs propriétés, et transportées en France, où elles moururent l’une après l’autre, ayant en vain supplié qu’on leur permît de se réunir à leurs compagnes du Canada.

La Sœur Bourgeoys ne fut pas témoin de ce triste désastre. Dieu l’avait rappelée à lui en l’année 1700 ; et à cette époque la Congrégation dont elle était la fondatrice se composait de 54 sœurs. Elle employa les dernières années de sa vie à faire reconnaître l’existence légale de son institut, et à lui assurer des réglements conformes à sa vocation. Elle avait obtenu en 1671 des lettres patentes de Louis XIV. Mais la question de la règle souffrit beaucoup de difficultés. On voulait les astreindre à la clôture et les affilier aux Ursulines de Québec. Enfin la fondatrice obtint de son Évêque de conserver le genre de vie de Filles Séculières et Paroissiales , qui lui semblait adapté aux besoins religieux du Canada.

Le Couvent de la Congrégation n’échappa pas plus que les autres communautés du Canada à ces conflagra-

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