VISIONS D'ÉTÉ
L'azur inflexible d'été Baigne et brûle le seigle pâle Qui résonne au bruit irrité Du grillon et de la cigale.
Il pleut de l'or au long des champs D'où s'élève l'appel des cailles ; Partout sur les grands monts penchants Ondule la houle des pailles.
Les faux apparaissent au loin Comme des lunes éclatantes Et quelque immense odeur de foin Charge l'essor des brises lentes.
Des chemises de paysans Sur les seigles éclatent, blanches ; Un cortège de bœufs puissants Dans un sentier ronge des branches.
Le village près du clocher
N'est plus qu'un tas de chaux flambantes
Que vient follement enlacer
Un vol d'hirondelles sifflantes.
L'horizon, longtemps embrasé, S'emplit d'une vapeur vermeille Où brûle un homme renversé Buvant au jet de sa bouteille,