L'AUTOMNE LATINE
Rien ne meurt avec toi, splendide apothéose : Ta pourpre et ta verdure étincellent de fruits Prêts à renouveler l'animal et la chose — Phénomènes continués, jamais détruits.
Ce soir, dans l'air vermeil où le couchant s'infuse, Vers le miel souhaité des arbres alourdis. L'insecte propageant un bruit de cornemuse Danse, subtil point d'or, sur les rayons tiédis.
Mais la vibration confuse et pullulante, — Des sources du soleil jusqu'où meurt sa clarté, Sur les relents plus forts que dégage la plante Aspire à s'assouvir d'une autre volupté.
« Les branches faneront comme bientôt nos ailes, Murmurent tous ces migrateurs ensoleillés. Et rendant notre corps aux formes éternelles Nous nous endormirons et serons réveillés.
(( Siirs de ressusciter, qu'importe qu'on nous broie Toute vie épuisée est un germe nouveau. Vers l'abîme et l'oubli nous volons avec joie, Matrice universelle ! Il n'est pas de tombeau !
<( Là-bas, l'eau lumineuse et de rayons lamée Va nous ensevelir sous ses feux : c'est le sort ; Et nous nous dirigeons vers la flaque enflammée, Dociles à l'instinct qui nous montre la mort )).
Et le nuage enfui des insectes, qu'attire La glaucité des eaux d'un merveilleux marais, Y plonge en célébrant au soleil qui s'y mire La palingénésie énorme des forêts.