‹ Les sèves originairesChapitre 20 sur 44 · COURTINES · texte numérisé non relu

COURTINES

Hélas, ô vieux témoin des précédentes vies

Qui nous reviens avec tes trames désunies,

Malgré ta délirante odeur de volupté,

0 Kermesse ! quel vent d'outre-tombe, emporté.

Semble pousser ta ronde obscène pour la prendre ?

Est-ce la Mort qui danse avec tes violons

Chez ces magots enflés de bière et de graillons

Dont les originaux ne sont qu'os et que cendre ?

Et vous, amants défunts, plus secs qu'un bois d'hiver,

Squelettes dispersés, où passa votre chair.

Aux nuits du temps jadis idole réciproque?

C'est ainsi que ce soir le vieux rideau se moque

Et qu'un roux cachemire au ramage indien.

Tiré du même coffre au grenier, se souvient

De l'âme délicate et si mélancolique

Des demoiselles dont il n'est que la relique.

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