‹ Les sèves originairesChapitre 22 sur 44 · NATIVITÉ · texte numérisé non relu

NATIVITÉ

Les charpentiers tranchant les arbres de la hache, Les socs creusant le sol sur la pente d'un mont, Tous les bruits du travail vibraient dans l'air profond. Le murmure passait des hommes à leur tâche.

Dans le grand matin clair, des pêcheurs merveilleux En chantant soulevaient, au loin, le long d'un fleuve, Des filets ruisselant d'une argenture neuve Qu'ils offraient à sécher contre les arbres bleus.

Mais devant les clartés qui palpitaient, légères, Et propageaient la joie et l'oubli du moment, Elle vit la misère et l'asservissement Qui frappent ici-bas les races éphémères :

Ces êtres ramenés de la vie à la mort Et durement tirant du sol leur nourriture Semblèrent lui prouver partout dans la nature L'âpre inutilité des jours et de l'effort.

Et la Mère devant leurs œuvres, dessinées Sous ses jeunes regards à jamais douloureux, Tint son fils embrassé dans un vertige affreux. Puis, inclina sa tête au joug des destinées.

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