‹ Les sèves originairesChapitre 26 sur 44 · LE SOIR ÉTO^^AM · texte numérisé non relu

LE SOIR ÉTO^^AM

Tout est paisible. Au fond du vallon net et sobre Court un bruit de rivière, on ne sait d'où venu. Au-dessus de la courbe immense d'un mont nu, Le croissant de la lune éclùt dans Tair d'octobre.

0 soir tranquille, élyséen, spirituel, 0 soir qui fais songer à l'àme d'une vierge, Soir plein de pureté, de brume sur la berge. De lumière au vallon, de profondeur au ciel,

6o NOCTURNES

Si tes gazes d'argent et ta couleur pâlie Caressent notre esprit d'un clair enchantement, Pourquoi ne leur prêter qu'un sens vague et charmant Et ne nous propager que ta mélancolie?

Soir muet, dépouillé d'arbres et de chansons, Qui te revêts de ta lumière comme un ange, Soir incompréhensible à l'harmonie étrange, Qu'attends-tu, soir changeant parcouru de frissons?

Les teintes d'un rocher rosissant sur l'eau lente. L'or qu'accroche cette eau coulant vers le soleil... Qu'il sera vite dit, ton poème vermeil ! Déjà l'ombre s'infuse à ta limpide pente ;

Déjà tu vas passer comme fane une fleur,

Et tu ne nous dis rien, tu ne peux rien nous dire

Que cette poésie immense et ce sourire

Dont on ne sait s'il est de joie ou de douleur.

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