LA FEMME ROUSSE
0 beau fruit lumineux, ô grasse gourmandise, Tu satisfais l'esprit plus encor que les sens : Tes bras pendant l'amour sont tendres et puissants, Mais ton rythme au repos plus que l'autre nous grise.
Les lignes de ton corps fléchissent en baisant
Toute cette harmonie abondante et nacrée.
Telle qu'on la rêvait jadis pour Cythérée ;
Mais je te sais Bacchante aux fruits d'ambre et de sang.
Laisse-moi t'emporter, triomphatrice et nue, Au delà de la foule et parmi la forêt. Ici, tout s'étiole ; et qui te comprendrait, 0 source de beauté primitive et perdue ?