‹ Les sèves originairesChapitre 40 sur 44 · PROFIL · texte numérisé non relu

PROFIL

'on visage nerveux, plein d'ombre et de clarté, le regard tour à tour riant, rude, attristé, el geste où la minceur de ta grâce s'aiguise, es cheveux chauds, rouilles, ta poitrine indécise, .es sursauts de ton corps de sphinx ou de vautour lévoltent d'insolence et provoquent l'amour ! 'u t'imprimes en moi comme une pointe sèche >ù la ligne, hardie, a l'essor d'une flèche )ui vole de ton cou flexible jusqu'au rein It fuit jusqu'au talon d'un trait sec de burin.

la

Mais lorsque soulevant tes bras, purs comme une anse, Tu fixes tes cheveux en vagues d'indolence, — Tes cheveux, le doux fleuve étrange de ton dos ! — Un frisson de beauté rayonne dans mes os... Tu ramènes, d'un geste adorable et languide, Leur automnale masse et qu'on dirait humide Ainsi qu'un bois d'octobre aux feuilles roussissant, Quand sa verdeur suprême a des taches de sang ; Tes doigts baignent longtemps dans leur mélancolie, S'y plongent, et souvent, sous cette onde amollie, L'agate de ton ongle ou quelque bague dort, Vague rayon perdu sur l'eau d'un étang mort, Ajoutant par l'effet d'une grâce néfaste Quelque triste splendeur maladive à ton faste.

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