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CADENCES TRISTES

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans. C. Baudelaire.

}mme Vigny chantait la Maison du Berger,

nous faut désirer la maison du Silence ;

n arbre tombera sur son couvert léger,

le s'élèvera dans quelque vieux verger

i les Saisons prendront un air de somnolence.

)ur avoir parcouru, chargés de souvenirs, en des pays, amers à notre lassitude, )mme un fleuve amoindri que l'été va tarir, . langueur nous viendrait, ardente, de mourir isevelis vivants dans cette solitude.

Nous aurions parcouru bien des pays amers ;

Finis, l'ancien orgueil et la belle vaillance

Et l'avenir là-bas qui s'éployait immense !

Dans la paix des coteaux et des vieux vergers verts

Plus rien qu'un amour triste et qu'un vaste silence.

Sous l'égide d'un mont, vers le soleil levant, Une vieille maison se dresse en l'herbe haute ; Le parc à l'abandon n'est qu'un buisson vivant ; L'azur semble vibrer sous le soufïle du vent Et l'air est pénétré par cette unique note ;

(Car il faut préférer aux beaux sons les couleurs Et l'azur nu murmure avec un plus doux charme Que les brises passant et tournant sur des fleurs ; Vous ne nous serez rien, chers rythmes suborneurs Contre qui si longtemps notre âme fut sans arme).

Seuls des oiseaux parfois, quelque gibier blessé, Traversant le parc morne avec des cris farouches, Rompront notre repos d'un appel angoissé : Tout n'y sera que mousse, oubli, mort du passé ; Nul chant ne brisera le pli dur de nos bouches.

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