Nul mouvement militaire n'a lieu autour de Paris. Le
comte de Bismark passe la main à l'émeute. Sur les excitations des journaux radicaux, une foule hostile se groupe dès dix heures du matin devant l’Ilôtel de Ville, aux cris : Vive la Commune! A bas Trochu ! À Versailles! Des armes! Des armes! Elle est dispersée par une pluie violente. Dans l’après-midi, elle revient accompagnée de plusieurs bataillons sans armes delà garde nationale. Le tumulte prend des proportions menaçantes On force les portes de l'Ilôtel de Ville, l e général Trochu et M. Jules Simon haranguent en vain la multitude, tandis que les maires et les adjoints des vingt arrondissements délibèrent dans la salle du conseil et décrètent le rejet de tout armistice, les élections de la Commune et rétablissement d’un gouvernement provisoire pour lequel on propose les citoyens Dorian , Louis Blanc, Félix Pyat, Victor Hugo, Blanqui, Flourens et Dclescluze. La salle est envahie par la fouie. On monte sur les tables. On brise des chaises et des fauteuils. On emporte quelques personnes suffoquées et évanouies. Félix Pyat cherche en vain à prendre la parole. Le tumulte n’est pas moindre dans la salle du Trône, où se forme une autre liste de membres de la Commune et où la candidature de Rochefort, objet d’un vif débat, est accueillie par la majorité aux cris : A bas Rochefort! C’est un comte, un aristocrate ! On envahit le salon du gouverneur, dont les délibérations sont interrompues et dont on demande la déchéance. M. Jules Favre apostrophe les séditieux ; il s’écrie : Vous êtes le parti de la violence! Le tumulte est à son comble. Gustave Flourens entre dans la salle et proclame une troisième liste de candidats. On somme MM. Jules Ferry et Jules Favre de donner leur démission; on les menace de les mettre en arrestation. Deux bataillons, partisans de la Commune, pénètrent dans la cour de l’Ilôtel de Ville. Le 106e les repousse et monte jusque dans la salle où siège le gouvernement et protège la sortie du général Trochu. Cependant, M. Ernest Picard, qui était parvenu dès le premier moment à quitter l’Ilôtel de Ville, fait battre le rappel, organise la résistance du parti de l’ordre. Ce n’est qu’à deux heures du matin que les communeux cèdent le terrain et que le calme commence à se rétablir.