‹ Les signes du tempsChapitre 103 sur 148 · MM. A. HOUSSAYE ET GRANIER DE CASSAGN'AC · texte numérisé non relu

MM. A. HOUSSAYE ET GRANIER DE CASSAGN'AC

en 4437 : on ne le savait pas si vieux. Ailleurs, il confond l'édit de Nantes avec sa révocation. Plus loin , il affirme que les tortures judiciaires « d'où l'innocent sortait brisé comme le coupable » ont été abolies ^ar* la révolution. Le moindre des bacheliers sait qu'elles l'ont été par Louis XVI, bien avant 89. Le même journal attribue à Bossuet le mot de Massillon : Dieu seul est grandi Mais ce sont là des peccadilles et le Siècle a de bien plus gros péchés sur la conscience.

Le dossier de M. Arsène Houssaye est rempli de méfaits de la même nature. Il affirme que « la Satyre Ménippée fit Justice des fanfaronnades de la Fronde. » Il attribue à Michel-Ange le Milon de Cro- ! tone, de Puget. £t M. Houssaye est un pontife des beaux-arts !

M. Granier de Cassagnac, dans son Histoire des Classes nobles, confond la reine Marguerite de Navarre, auteur des contes, et sœur de François I", avec la première femme de Henri IV. Il y a, du reste, fort peu d'écrivains assez érudits pour ne pas confondre l'une avec l'autre les trois Marguerite du seizième siècle.

C'est par centaines que M. de Flotte cite ces bonnes plaisanteries auxquelles le Constitutionnel , le Courrier de Paris, r Indépendance belge fournissent leur contingent aussi bien que le Siècle, r Illustra-

tion, la Patrie, l'Opinion nationale, aussi bien que le grave Moniteur lui-même ou la docte Revue des Deux Mondes. Ses amusantes recherches s'arrêtent au 15 avril 1860. Quelle ample moisson il pourrait recueillir dans la foule des publications qui ont paru depuis cette époque, surtout dans les brochures où des écrivains , ignorant les premières notions du catéchisme , se mêlent de réformer l'Église et de faire la leçon au Père commun des fidèles ! N'avonsnous pas vu tout récemment un de ces docteurs d'une nouvelle espèce demander qu'on réunît périodiquement les évêques de France « en concile ŒCUMÉNIQUE ? » Et hier encore la Patrie ne se livraitelle pas, à propos des évêchés vacants, à des assertions attestant l'ignorance la plus complète des doctrines théologiques et des faits les plus constants de l'histoire ?

Que conclure de tout cela ?

Faut-il reconnaître qu'un spirituel journal a eu raison d'affirmer que « sur cinq cents auteurs, c'est à peine s'il en faut compter cinquante qui ne soient d'une ignorance phénoménale; ignorance des lettres, de l'histoire, des mœurs, des passions, de la langue, de l'orthographe*?... »

En tout cas on aurait tort, selon nous, de faire pe-

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