M. ARMA.ND DE PUNTMAKTIN
Je ne connais pas de plaisir plus vif et plus délicat que celui d'entendre juger une œuvre d'art et de littérature par un homme du vrai monde, dans une causerie simple , vive , spirituelle, naturellement éloquente, pas trop érudite, et toujours tenue à une égaie aisiance du Lousoullé et du commun. Ce plaisir est rare à rencontrer, même à Paris, où les frivolités ù la mode, le jargon des théâtres , du turf et de la Bourse, ont trop souvent remplacé , chez la meilleure compagnie, l'appréciation élevée et intelligente des choses de l'esprit ; mais si vous voulez le goûter dans toute sa délicatesse, ouvrez les volumes où l'éditeur de M. Armand de Pontmartin a recueilli les jugements littéraires exprimés, depuis plusieurs années , dans les feuilles périodiques par ce rare et charmant écrivain ' .
M. de Pontmartin est, en critique, l'inventeur de tout un genre; non qu'il ait précisément créé la Causerie littéraire, que M. Sainte-Beuve a, si je ne me trompe , été le premier à mettre ù la mode ; mais il y a entre les deux critiques une nuance essentielle à noter : l'auteur des Cameries du lundi est un écrivain et un lettré connaissant le monde, tandis que