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MÉRITE LITTÉRAIRE DE L'OUVRAGE

({u'on ne trouve guère chez les écrivains de métier, et qui se reflète jusque dans leurs moindres écrits. Ajoutons que cette vie de Madame Louise est anonyme, comme la plupart des œuvres dont l'inspiration est descendue des sommets du Carmel, et cela, à mon sens, en accroît singulièrement le mérite. On sait qu'elle est due à une religieuse, à une carmélite; mais l'œuvre n'est point amoindrie par la connaissance trop exacte de l'auteur. Il y a, ce me semble, dans ces pages qui ne révèlent aucun nom d'écrivain, quelque chose de comparable, pour le charme et l'attrait mondains, à ces voix des communautés religieuses que l'auditeur profane entend s'élever derrière la grille, voix pures et vibrantes qui se déploient en liberté sous les arceaux du sanctuaire, et qu'on goûte avec d'autant plus de sympathie et de chaste volupté qu'elles restent anonymes, impersonnelles et comme voilées de mystère.

Mais c'est sans doute trop insister sur le côté littéraire d'un ouvrage dont le but est plutôt d'édifier les âmes que de charmer les esprits, et qui s'adresse bien moins aux hommes préoccupés des questions de goût qu'à ceux qui recherchent dans les livres les éternelles leçons de la philosophie religieuse et de l'histoire. A ce dernier point de vue, chaque page de cette nouvelle vie de Madame Louise porte avec elle de graves et précieux enseignements.

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A-t-on jamais bien réfléchi à l'étrange contraste et à l'admirable spectacle que présentent au milieu (les décadences et des corruptions de la cour, l'éducation toute chrétienne, la vie pieuse et retirée des enfants de Louis XY? On n'a pas assez dit peut-être qu'auprès des maîtresses attitrées, non loin des petits appartements et des petits soupers, il y avait à Versailles une retraite austère, une sorte de gynécée chrétien où les filles du roi étaient élevées comme au couvent, dans la crainte de Dieu, dans l'observance des plus rigides préceptes du catholicisme. Ce fut là, sous les yeux de Marie Leczinska, que Madame Louise se sentit attirée vers la vie religieuse, qu'elle comprit la nécessité d'expier tant de splendeur et tant de vices par une immolation volontaire. Libre de faire sa destinée, elle choisit le cloître, dans le cloître le Carmel, dans le Carmel le monastère le plus pauvre, le plus délaissé, le plus sévère, le monastère de Saint-Denis, qu'on appelait * la Trappe des C.uiniL'lilos. » La cour nu comprit i)as d'abord riiilculiun du sucrilice uccuinj)!! par la petile-Jillc

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