‹ Les signes du tempsChapitre 135 sur 148 · MORT DE LA ROYALE CARMÉLITE · texte numérisé non relu

MORT DE LA ROYALE CARMÉLITE

D'abord ils insinuèrent du poison dans des lettres anonymes qu'ils lui envoyaient. Dieu permit qu'une personne, amie du monastère, eut connaissance de ce détestable projet, et qu'elle vint en informer la prieure de Saint-Denis, la conjurant de se précautionner, en ne lisant aucune lettre sans l'avoir bien secouée auparavant. Notre vénérée mère suivit ce conseil, qu'elle reconnut plusieurs fois n'avoir pas été inutile; mais elle comprit dès lors quelle mort glorieuse Dieu lui réservait en récompense de son zèle. Ceux qui attendaient les effets de leurs mauvais desseins, ne les voyant pas se produire, employèrent d'autres moyens. Connaissant la piété de l'auguste carmélite, ils comptèrent sur son empressement à accueillir les précieux restes des saints, et lui envoyèrent un paquet bien cacheté, en lui faisant dire qu'il venait de Rome. Il portait cette inscription : Saintes reliques.

«Elle s'empressa de décacheter le paquet déjà cher à sa piété. Sa surprise fut extrême en lisant sur l'une des enveloppes : Reliques du Père éternel. «Qu'est-ce donc?» dit-elle à la portière, qui était présente. En même temps elle rompit le sceau, et vit un gros paquet de cheveux tout recouverts d'une poudre qui n'était que du poison. Ne s'en étant nullement méfiée, elle l'avait aspirée, et en avait senti les effets immédiatement. Elle n'en dit pas un mot,

et la portière la vit jeter vivement le tout au feu.

« Elle garda la même réserve envers les autres religieuses par des motifs de prudence et de charité. Plus tard elle en parla aux plus anciennes, en leur recommandant le secret, qu'elles gardèrent jusqu'à leur sortie du couvent, en 1793. Au moment de leur séparation, celles des religieuses qui connaissaient ce secret le confièrent aux autres, ne croyant plus manquer, dans de pareilles circonstances, à l'obligation qui leur avait d'abord été imposée'. »

On a le droit de l'affirmer après un semblable témoignage, Madame Louise a été victime de son zèle pour les intérêts de l'Eglise et de la France, et l'on doit remonter jusqu'à sa mort pour retrouver le point de départ de l'épouvantable série de crimes accomplis contre les descendants de saint Louis et de Henri IV par la perversité révolutionnaire. Le nom de la prieure de Saint-Denis doit désormais être inscrit sur le martyrologe de la maison de Bourbon, à côté des noms de Louis XYI, de Marie-Antoinette, de Madame Elisabeth, de la princesse de Lamballe et de Louis XVIL

Elle mourut le 20 décembre 1787, au déclin de la vieille société, à la veille de l'explosion révolutionnaire qui devait entramer, avec le désastre de sa

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