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LE QUINZE AOUT

de l'Église et la consécration du royaume de France à Marie.

Et il se promit de consacrer toutes les heures de ce jour à prier et à se souvenir, à visiter les sanctuaires élevés dans la grande ville à la douce patronne, à l'invoquer pour la France et pour le fils des rois Très-Chrétiens exilé loin de sa patrie par la malice des hommes.

Mais le canon des Invalides, en mêlant sa voix discordante au religieux concert des cloches, vint interrompre le cours de ses réflexions.

Tout entier aux souvenirs chrétiens de l'Assomption, il avait oublié qu'une fête profane et politique était venue se poser en face de la fête religieuse, et que le culte de César remplaçait chaque année davantage dans les hommages de la foule le culte de la Mère de Dieu.

Alors il songea qu'à la place des processions déroulant dans les rues tapissées de fleurs leurs chastes guirlandes de jeunes filles, leurs longues rangées de célébrants et de choristes , il verrait des spectacles gratuits , des régates , des feux d'artifice, des becs de gaz , des lanternes vénitiennes et des lampions ;

Qu'au lieu des cantiques redisant les louanges de la vierge Marie, il n'entendrait que des cantates de commande ou des refrains avinés;

Et il résolut de se dérober au bruit du canon, au tapage des rues, à la poussière des boulevards, aux cohues de la place publique.

Il dit adieu aux splendeurs promises par le programme officiel ;

Il délaissa les charmes de la pantomime en plein vent, des chiens savants et de la femme à longue barbe ;

Il renonça à la part qui pouvait lui revenir dans les mâts de Cocagne, aux attraits du pain d'épice, des croquiguoles et des mirlitons, aux séductions des marchands de coco;

Et il s'enfuit à la recherche du silence, de la solitude et de l'ombre.

A l'heure du saint sacrifice, il trouva asile dans une pauvre église de village cachée sous un bouquet de verdure.

La pauvre église avait déployé toutes ses pompes rustiques pour célébrer de son mieux une des fêtes respectées par le concordat : quatre cierges brûlaient sur l'autel dans des chandeliers de bois doré, quelques bouquets de roses, réunis dans des vases de faïence ébréchés, répandaient leur parfum dans le sanctuaire; un prêtre célébrait l'office, assisté de deux choristes, et un chantre à la voix éraillée ré-

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