Derniers Porlrailt, ]>. 20 et suiv
« Qu'on ne s'y trompe point, les auteurs de profession ont le privilège de vanter tout ce qui est beau sans que leur cœur en soit ému et sans que leur bras soit au service de la cause qu'ils exaltent. »
Pourtant Joseph Delorme a des disciples nombreux et fervents qui, selon l'usage, ont exagéré sa manière, et pour qui le monde et ses lois, la société et ses mœurs, l'Église, son culte et ses doctrines ne constituent qu'une matière toute préparée pour les besoins de l'art. Ils écrivent pour écrire, c'est-à-dire, comme parle Bossuet, « pour étaler le beau tour de leur esprit, le beau son de leurs vers et la vivacité de leurs expressions '. » Aussi ne cherchent-ils qu'à contenter les yeux et les oreilles. Toute pensée est à leur convenance si elle remplit les vides d'une période, toute critique leur est bonne si elle leur permet d'aiguiser une épigramme, tout jugement leur sourit s'il conduit au trait final et au mot. Preuves vivantes de Terreur des rhétoriques modernes qui ont méconnu les harmonies de la langue et de la pensée en séparant le fond de la^ forme et en enseignant les préceptes de l'esthétique sans remonter aux sources de la morale !
Ce culte exagéré de la forme matérielle et de l'art devait conduire par une pente rapide au culte de la