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12. Ol'Àtircs atmplèifs de II. Riijuult , iirt/cédées d'une noiice liio^'rapliiijuiî cl lillérairo par M. Saint-Marc Giranlin. 4 vol. iii-8, J869.
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au fond de sa conscience et de son cœur, et qu'il l'a reçue comme on reçoit une amie de sa mère et de son enfance , quand elle s'est présentée pour veiller à son chevet de douleur, pour éclairer et consoler ses derniers instants. Aussi n'aurai-je garde de m'arrêter aux controverses politiques et théologiques que renferment ses écrits, à ses articles sur certains prédicateurs ou contre divers ouvrages de piété : j'aime bien mieux rappeler les côtés délicats et sympathiques de son talent, car il en a de fort nombreux. Pour lui , la critique n'est pas « une férule , » comme pour M. CuvUlier-Fleury, mais un instrument de douce et fine ironie, qui rappelle merveilleusement bien le castigat ridendo du poète. Qui ne se souvient de ses petits chefs-d'œuvre sur Y Oiseau de M. Michelet, sur la renaissance de la pastorale , sur la moralité des œuvres littéraires, sur les jouets d'enfants et sur divers autres sujets domestiques et familiers ? Car sa plume aimait à redire les joies du foyer, et il trouvait pour les exprimer des accents comparables, bien que dans un ton très-différent, à ceux des Feuilles d'automne ou des Voix intérieures. Je n'en veux citer qu'un exemple , et je l'emprunte à un article sur une étrange comédie de M. Emile de Girardin , la Fille du millionnaire. Un des personnages de cette pièce, la marquise, soutient que dix mille francs de revenu constituent un véritable état de misère et de
malheur. « Mais, répond la baronne , avec huit ou dix mille francs de revenu on ne meurt pas de faim. » La marquise : « Non ; mais on meurt d'envie. »
« Sincèrement, ajoute M. Rigault après avoir rapporté cet édifiant dialogue, je plains les millionnaires. Pauvres gens! ils ne sauront jamais ce qu'on peut avoir de bonheur sur cette terre pour dix mille francs par an. Ils seraient bien étonnés d'apprendre qu'à si bas prix, malgré renchérissement des loyers et des vivres, on peut encore se marier, avoir des enfants, que leur mère, s'il lui plaît, « lave » de ses propres mains sans que son mari l'en aime moins; qu'on peut se loger, un peu haut, mais en bon air et dans des maisons de bonne mine; qu'on peut se meubler sans luxe, mais décemment, recevoir quelquefois ses amis à dîner et leur donner le thé le soir, sans cérémonie ; qu'on peut avoir des livres et même une jardinière en bois peint, avec des primevères dedans ; qu'on peut aller de temps en temps dans le monde, et y porter, outre un esprit tranquille et un cœur content, une robe assez fraîche, un habit nullement râpé et des gants irréprochables. Voilà ce qu'on peut faire avec dix mille francs, même en l'an de grâce et de cherté 1 858 ' ! »
Ce petit tableau d'intérieur, ce hoc erat in votis,
\. Œuvres complètes, t. IV, p. 367.
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donnait, paraît-il , à ceux qui ont connu M. Rigault une juste idée de sa vie simple, laborieuse et modeste. Pour mon compte, j'y trouve une exacte représentation de son talent et de sa manière d'écrire. Littérairement il est aussi éloigné des formes exubérantes et de l'enflure que ce petit ménage honnête et sensé pouvait l'être des extravagances du luxe et de l'envie. Il savait contenir sa pensée et châtier son style, comme ce brave père de famille savait régler sa dépense et modérer ses goûts. Il laissait à d'autres les grands mouvements oratoires et la manie de paraître, le style à effet et les équipages à grand fracas. Dans ses habitudes domestiques comme dans sa vie intellectuelle, il ne sortait jamais de cette région moyenne et tempérée recommandée par les sages, et qui est l'éternel printemps du cœur et de l'esprit; en toutes choses, il s'en tenait à la médioa-ité dorée, si bien chantée par le poète de Tibur, et où il avait trou^ é à la fois le secret de plaire et celui d'être heureux.
3J. Cousin. — Aulagonisrae de ses théories philosophiques et de ses doctrines littéraires. — Ce qui vivra dans ses écrits. — La société française au dix-septième siècle. — La clef du Grand Cyrus. — Coup d'oeil sur l'histoire du roman. — VAstrée. — Une lettre de Mascaron à mademoiselle de Scudéry. — Les Précieuses. — L"n mot de Bossuet sur la lecture des romans. — Caractère du roman contemporain. — Un succès scandaleux. — L't pictura poesis. — Le Jeune Iwmme pauvre de M. Octave Feuillet, — L'honnête Femme de M. Louis Veuillot. — Les Lettres de la mère Agnès Aruauld. — M. Faugère et M. Cousin. — Souvenir d'une vieille querelle. — Épuisement de la littérature. — Exubérance de la forme. — Rajeunissement de l'art.
Malgré ses promesses d'être sage à l'avenir et de ne plus se laisser aller aux douceurs de l'école buissouiiière, M. Cousin poursuit le cours de ses études un peu vagabondes sur le dix-septième siècle. En vain sa conscience lui crie-t-elle que la philosophie réclame ses derniers instants, il n'en persiste pas moins à présenter au public l'histoire de quelquesunes de ces illustres femmes du grand siècle « que l'œil des hommes ne reverra plus » et dont il se complaît à décrire les charmes, à retracer les faiblesses et les repentirs. \< l'asscz-nioi encore ccUc-lù,